Entrave à la justice: 18 mois de prison pour l'avocat de John Boulachanis

L'ex-avocat Dimitrios Strapatsas.... (Photo PATRICK SANFACON LA PRESSE)

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L'ex-avocat Dimitrios Strapatsas.

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L'ex-avocat Dimitrios Strapatsas a été condamné à 18 mois de prison vendredi pour avoir aidé son client, le meurtrier John Boulachanis, à révéler l'identité d'un délateur d'un procès pour meurtre. Vêtu d'un veston sombre, le criminaliste connu pour avoir défendu Francis Boucher, le fils de Maurice «Mom» Boucher, s'est fait passer les menottes, la mine déconfite.

« Le fait que le crime ait été commis par un avocat criminaliste d'expérience, lequel ne peut plaider l'étourderie ou la méconnaissance, est également une circonstance aggravante, tout comme le tort causé à l'administration de la justice et à la profession», soulève le juge Marc-André Dagenais dans sa décision.

Dimitrios Strapatsas, 44 ans, a été reconnu coupable le 24 octobre dernier d'entrave à la justice dans le but de dissuader une personne de témoigner. L'affaire remonte en avril 2015, alors que John Boulachanis était en attente de son procès pour meurtre - il a été reconnu coupable du meurtre prémédité de Robert Tanguay en décembre 2016. 

Détenu, John Boulachanis réussit à convaincre un autre détenu de remettre à sa conjointe un DVD contenant une vidéo afin de la publier sur YouTube. On informe la femme de contacter Dimitrios Strapatsas pour obtenir une récompense monétaire. Elle contacte ainsi l'avocat par messages textes et les deux conviennent d'un lieu de rencontre pour le paiement.

Cette vidéo ne contient toutefois pas ce que l'accusé de meurtre prétendait. On y retrouve plutôt un interrogatoire KGB d'un témoin dans la cause de meurtre de John Boulachanis. Sur le DVD, on donne des instructions pour indiquer dans la description accompagnant la vidéo le nom d'une personne, sa date de naissance et les mentions «Délateur», «Vidange», et «Rat Sale». 

Après avoir mis en ligne la vidéo - vue à 16 reprises - la femme reçoit 200$ dans une enveloppe remise par M. Strapatsas. Ce dernier a maintenu pendant le procès avoir été berné par son client, mais le juge n'a pas retenu cette version.

«Le Tribunal retient que l'objectif poursuivi par le stratagème ourdi par le complice de l'accusé visait à mettre en danger la sécurité d'un témoin ou de l'intimider afin, au final, de nuire à la tenue d'un procès criminel pour l'accusation la plus grave du Code criminel. L'accusé ne pouvait ignorer cet objectif des plus déplorables», soutient le juge Dagenais.

Selon le juge, Dimitrios Strapatsas a été impliqué pendant «plusieurs jours» dans le crime de son client. «Le Tribunal considère que cette participation continue, qui ne relève pas de l'émotion spontanée, mais plutôt du choix réfléchi, emporte une gravité subjective des plus importantes», dit le juge. 

Dimitrios Strapatsas a fait appel du verdict en novembre dernier. Son avocat pourrait demander dans les prochains sa remise en liberté pendant les procédures d'appel. Notons que Dimitrios Strapatsas n'apparaît plus sur le tableau du Barreau du Québec.




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