Bertrand Charest coupable: il a «agi comme un prédateur»

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Image du début du procès de l'ex-entraîneur Bertrand Charest.

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(Saint-Jérôme) Un «prédateur sexuel» qui cherchait à tout prix à assouvir son «plaisir sexuel» au détriment de ses jeunes athlètes mineures sous son «emprise». L'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a été reconnu coupable jeudi matin d'avoir agressé sexuellement neuf adolescentes, alors qu'il était leur entraîneur dans les années 1990.

En raison des témoignages «crédibles et fiables» des victimes, le juge Sylvain Lépine a reconnu coupable l'accusé de 37 des 57 chefs d'accusation de crimes sexuels et d'abus de confiance portés contre lui. Sur le banc des accusés, Bertrand Charest n'a pas bronché à l'annonce du verdict. 

Il a été acquitté pour 18 des chefs en raison d'une preuve insuffisante. Deux des chefs n'ont pas été tranchés pour absence de juridiction, puisque les crimes allégués s'étaient produits à l'étranger.

Ses 9 jeunes victimes étaient «sous l'emprise» de Bertrand Charest, et ce dernier utilisait ses athlètes pour «assouvir ses besoins en matière sexuelle», a déclaré le juge Lépine ce matin au palais de justice de Saint-Jérôme. 

«L'accusé a agi comme un véritable prédateur tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, des adolescentes, et exercer sur elle un ascendant total. Sa recherche du plaisir sexuel n'avait aucune limite, alors qu'il était en position d'autorité sur ces jeunes espoirs canadiens du ski de compétition», a dit le juge Lépine.

Bertrand Charest a ainsi été reconnu d'avoir agressé sexuellement 9 des 12 adolescentes pendant les années 1990. Le juge n'a ainsi pas reconnu la culpabilité de l'accusé pour l'agression de trois des victimes.

Certains des crimes sexuels de Bertrand Charest ont été commis alors qu'il avait la responsabilité des jeunes skieuses au sein du programme de développement de l'équipe féminine de ski de Canada Alpin de 1997 à 1999. Les autres crimes sont antérieurs à cette période.

Bertrand Charest, 51 ans, faisait face à 57 chefs d'accusation, principalement d'agressions sexuelles, mais aussi d'abus de confiance en raison de sa position d'autorité par rapport aux victimes. Les 12 victimes alléguées étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des crimes, commis entre 1991 et 1998. 

Au cours du procès, plusieurs victimes, dont l'identité est protégée, ont témoigné. Ainsi, Bertrand Charest a eu des relations sexuelles avec cinq des douze victimes. Celles-ci étaient alors âgées entre 15 et 18 ans. Bertrand Charest n'a pas témoigné pour sa défense.

La procureure de la Couronne, Me Caroline Lafleur.... (Photo Simon Giroux, La Presse) - image 2.0

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La procureure de la Couronne, Me Caroline Lafleur.

Photo Simon Giroux, La Presse

Les parties reviendront en Cour le 23 août prochain pour traiter l'évaluation psychosexuelle de Bertrand Charest. Il fait face à une peine maximale de 14 ans de prison. Il se trouve déjà derrière les barreaux depuis 2015.

Les procureures de la Couronne se sont réjouies du verdict à la sortie de la salle de cour. «Le juge s'est penché sur la crédibilité de toutes les victimes, de tous les témoins. Il a dit que les victimes avaient une très grande crédibilité, je pense que c'est important de prendre en considération que même 20 ans plus tard, ces victimes-là ont porté plainte, ont rendu témoignage et ont été cru par le tribunal», a affirmé Me Caroline Lafeur.

L'avocat de Bertrand Charest, Me Antonio Cabral.... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE) - image 3.0

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L'avocat de Bertrand Charest, Me Antonio Cabral.

PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE

Du côté de la défense, Me Antonio Cabral a dit ne pas être «réellement surpris» d'un tel verdict. « Il y a plusieurs victimes qui sont venues témoigner. Pour la plupart, le témoignage était effectivement convaincant, donc on n'est pas surpris de la décision qui a été rendue», a-t-il commenté. Son client Bertrand Charest «accepte la décision du juge», mais s'attendait à être reconnu coupable pour moins de chefs d'accusation, a ajouté Me Cabral.

L'organisation Canada Alpin a également réagi à la décision dans un communiqué. La condamnation de Bertrand Charest «envoie un message clair qu'il n'y a aucune place au sein du sport ou de la société en générale pour des individus, en position d'autorité, qui abusent de leurs pouvoirs de quelque façon que ce soit pour mener à un abus, du harcèlement ou de la discrimination envers autrui», indique-t-on.




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