Procès Bain: un collègue des victimes raconte son combat

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Au terme de son procès, en août dernier, Richard Henry Bain a été déclaré coupable du meurtre du technicien de scène Denis Blanchette, et de trois tentatives de meurtre.

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Survivre à l'attentat du Metropolis a été un long combat, a expliqué Gaël Ghiringhelli, ce matin, lors des représentations sur la peine qui doit être infligée à Richard Henry Bain.

C'est d'une voix brisée que M. Ghiringhelli a entrepris de raconter les séquelles découlant des crimes de M. Bain. Ce fameux soir du 4 septembre 2012, il était près de Denis Blanchette et Dave Courage, qui ont été atteints par la même balle. C'est lui qui a transporté M. Courage pour le mettre à l'abri. M. Blanchette, lui, est mort. 

Outre les questions auxquelles il ne trouvait pas de réponse, M. Ghiringhelli dit ne pas avoir reçu d'aide au cours des années suivantes. Il a été affecté par la dépression et a même contemplé le suicide. «Imaginez ce que c'est de survivre à un tel événement. J'ai eu la chance d'avoir été de dos... Je trouvais indigne d'avoir été épargné», a -t-il dit. Il estime avoir été épargné par miracle. 

M. Ghiringhelli a aussi parlé des «élucubrations» de M. Bain pendant les procédures, et du «traitement de faveur» qu'il semblait recevoir.

L'homme dit s'être finalement résigné à demander de l'aide, et il a abandonné son travail pour assister au procès. «J'ai eu du soutien avec le personnel, ici même dans ces murs», a-t-il dit. Mais il a dû quitter son travail pour assister au procès.

Jonathan Dubé, un autre technicien de scène survivant, a pour sa part rendu un témoignage extrêmement émotif. Il a parlé de M. Bain comme d'un «bourreau autoproclamé dans une société malade». «Vous savez très bien que votre Dieu est utopique», a-t-il lancé à un certain moment.

M. Dubé a parlé de son adolescence difficile, du fait qu'il avait fini par surmonter sa dépendance à l'héroïne. Il ne consommait plus depuis dix ans au moment de l'attentat. Son travail de technicien de scène lui avait redonné la fierté.

L'attentat a été le point de rupture, a-t-il dit. Le choc post-traumatique a été terrible, il a eu de graves ennuis de santé, a replongé dans la drogue. Il essaie de reprendre pied, mais dit que la scène pour lui, «c'est fini».

Diane Blanchette, soeur de feu Denis Blanchette, a été la dernière à s'exprimer. Elle a annoncé qu'elle était là pour représenter son frère, et elle s'est exprimée en employant le «je». 

«Les répercussions sur ma vie M. Bain ? Vous me l'avez enlevée. Vous m'avez pris le droit d'être un père avec ma fille. Vous m'avez fait quitter la vie de manière tragique, sans dire au revoir...»

Du côté de la défense, il n'y aura pas de témoin, a fait savoir Me Alan Guttman, ce matin. M. Bain ne témoignera pas, mais il s'adressera à la Cour.

M. Bain a été déclaré coupable de meurtre non prémédité et de trois tentatives de meurtre, au terme de son procès en août. Il écope de la prison à vie, mais le juge Guy Cournoyer doit décider de la période qu'il devra purger en prison avant d'être admissible à une liberté conditionnelle. Cette période peut varier entre 10 et 25 ans. Me Guttman demandera le temps minimal. Il citera en exemple le cas du caporal Denis Lortie, qui a commis trois meurtres à l'Assemblée nationale en 1984. La défense de non-responsabilité mentale avait été rejetée, tout comme M. Bain. À son deuxième procès, M. Lortie avait plaidé coupable à des accusations de meurtres non prémédités. Sa détention obligatoire avait été fixée à dix ans. 

«C'était un homme malade comme M. Bain», a fait valoir Me Guttman, à la sortie de la salle d'audience ce midi.

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