Double-meurtre en 2010: un crime improvisé par un tueur imperturbable

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Daniel Renaud
La Presse

Le plan pour tuer deux hommes en janvier 2010 dans le stationnement d'un restaurant McDonald's du quartier Notre-Dame-de-Grâce a été improvisé et préparé en quelques minutes par le tueur Robert Simpson.

C'est ce que Simpson, devenu témoin repenti, a raconté lui même ce matin au procès d'un résidant de la Nouvelle-Écosse, Leslie Greenwood, accusé de complot et des meurtres de Kirk Murray et Antonio Onesi commis ce fameux soir du 24 janvier.

Témoignant pour une deuxième journée, Simpson a incriminé pour la première fois Greenwood en racontant que c'est ce dernier qui l'a conduit de la Nouvelle-Écosse à Montréal pour effectuer le double meurtre ordonné par son patron de l'époque, un ancien membre en règle des Hells Angels Nomads de l'Ontario, Jeffrey Lynds.

Simpson a raconté qu'une fois arrivé au Québec, il a acheté un téléphone cellulaire chez Petro-Canada qui devait être utilisé exclusivement par lui et son patron, et uniquement avant et après le crime.

Par la suite, Greenwood, Robert Simpson et le frère de ce dernier Timothy se sont installés dans un hôtel, sur la rue Saint-Jacques, tout près du restaurant McDonald's. L'appât pour attirer Murray dans le traquenard était un montant de 9000$ que Lynds avait dit vouloir lui remettre pour la vente de stupéfiants.

«Nous avons discuté de la façon dont nous étions pour tuer Murray. Leslie (Greenwood) a proposé de faire ça à l'hôtel, mais je trouvais que c'était une très mauvaise idée. J'ai envoyé mon frère repérer les alentours, à la recherche d'un endroit où il n'y avait pas de caméra», a dit Simpson.

L'appel du condamné

Alors que le trio tergiversait, Simpson a reçu un appel sur son téléphone fraîchement acheté. À sa grande surprise, c'était sa cible elle-même, Kirk Murray, qui l'appelait. Jeffrey Lynds lui avait donné le nouveau numéro de téléphone de Simpson, ce qui a mis celui-ci en colère. «Cela donnait à la police un lien direct entre le tueur et sa victime», a-t-il expliqué.

C'est alors que Simpson a improvisé en disant à Murray qu'il cherchait un endroit où coucher. Murray lui a offert d'aller le chercher et Simpson lui a donné rendez-vous dans un stationnement situé à côté du restaurant, où Timothy n'avait repéré aucune caméra.

«La voiture de fuite était garée dans un stationnement, entre deux bancs de neige. C'était l'endroit idéal. Murray m'a appelé pour me dire qu'il tournait dans le stationnement et qu'il avait une voiture rouge. Je l'ai vu arriver. J'ai marché vers la voiture et puisque j'avais des gants et que je ne voulais pas qu'il se doute de quoi que ce soit, je frottais mes mains en faisant semblant d'avoir froid».

«Il m'a dit de monter et s'est tassé d'un siège en se penchant vers quelque chose. Je lui ai tiré une balle dans la colonne, une autre derrière la tête puis une autre dans le dos. Je me suis tourné vers le conducteur et je l'ai tiré à cinq reprises. Murray était sorti de la voiture, couché sur le dos. Je me suis approché de lui et je lui ai tiré quatre ou cinq autres balles dans la tête», a décrit avec froideur Simpson, ajoutant avoir tiré environ 13 ou 14 fois en tout et avoir envoyé par textos des bonshommes sourire à Lynds, un signal convenu entre les deux hommes pour confirmer que le travail avait été fait.

Simpson avait demandé à Lynds 40 000$ pour les meurtres de Murray et Onesi mais le Hells Angels ne l'a pas payé comme prévu, à son retour. Selon Simpson, le motard a alors eu l'idée d'assassiner un trafiquant de drogue de la rive sud de Montréal, Mark Stewart, pour rembourser sa dette. Simpson a raconté comment il a également tué Stewart le 5 février 2010.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Simpson a dit que lors d'un autre aller-retour à Montréal durant cette période, lui et ses complices ont mangé au même restaurant McDonald où ils avaient commis le double meurtre deux semaines plus tôt.

L'équipée sanglante se poursuit

Un climat de suspicion a ensuite commencé à s'installer entre le tueur et Jeffrey Lynds.

Il a également décrit comment il a été arrêté par les policiers d'une escouade de lutte anti-motards de la Nouvelle-Écosse alors qu'il effectuait un appel, pour le compte de Lynds, dans une cabine téléphonique.

Simpson a été arrêté et accusé de bris de conditions et de possession d'arme, et n'est jamais sorti de prison par la suite. Lynds a été libéré sur promesse de comparaître, malgré son statut et le fait que les policiers avaient saisi de la marijuana, a souligné Simpson.

Le contre-témoignage du tueur commencera demain au palais de justice de Montréal.

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