Yalda Machouf-Khadir de retour en cour

Yalda Machouf-Khadir lors de son arrestation.... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Yalda Machouf-Khadir lors de son arrestation.

Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

Chantal Poirier, photographe du Journal de Montréal, a raconté, en Cour du Québec, jeudi, qu'elle s'était sentie intimidée et menacée quand Yalda Machouf-Khadir et Xavier Philippe-Beauchamp ont foncé dans sa direction, dans un couloir du palais de justice de Montréal, le 22 mai 2012.

L'incident s'est produit alors que la crise étudiante battait son plein. Dans la foulée de cet incident, Mme Machouf-Khadir et M. Philippe-Beauchamp ont été accusés de voie de fait à l'endroit de la photographe. Leur procès s'est ouvert jeudi, devant le juge Robert Marchi.

Mme Poirier a raconté que ce jour-là, elle était chargée de photographier la fille du député Amir Khadir. Cette dernière, qui était très impliquée dans le mouvement étudiant, avait comparu au troisième étage pour une affaire de méfait. Elle était ensuite montée avec une poignée d'amis pour soutenir un autre manifestant, détenu, qui comparaissait dans une salle du cinquième étage.

Mme Poirier se trouvait dans l'espace assigné aux photographes, délimité par des points verts au sol, au cinquième étage. Quand Mme Machouf-Khadir est sortie de la salle d'audience, sur l'heure du midi, elle s'est caché le visage derrière un grand châle mauve pour ne pas être photographiée. Elle était accompagnée de Xavier Philippe-Beauchamp. Mme Poirier a commencé à prendre des photos. Elle se souvient que les deux étudiants ont foncé vers elle et que Mme Khadir a dit: «On a droit à notre vie privée.» La photographe aurait rétorqué qu'il s'agissait d'un «endroit public». Mme Poirier a ensuite raconté qu'elle avait été contrainte de «reculer parce qu'ils étaient menaçants» et qu'elle s'est retrouvée acculée au mur. Elle a raconté qu'une main s'est plaquée sur son objectif, qu'il y a eu une poussée et que son appareil photo a heurté son nez. Elle ne peut pas dire qui est l'auteur de la poussée. M. Philippe-Beauchamp lui a ensuite fait des «fingers». Il y avait d'autres personnes autour, il y avait de l'agitation. Elle a continué de prendre des photos pour documenter l'incident, photos qui ont été déposées en preuve au procès.

Le journaliste Michael Nguyen, qui a assisté à la scène, a raconté sensiblement la même chose. Selon lui, le geste était incontestablement «agressif».

L'autre accusé interrogé

Me Pierre Poupart, qui représente la jeune accusée, a contre-interrogé les deux témoins de manière pointue. Tout de suite après, le procureur de la Couronne, Alexandre Gautier, a déclaré sa preuve close.

Témoignant pour sa défense, M. Philippe-Beauchamp a raconté qu'il s'était «senti envahi par la présence des flashs». Il a reconnu qu'il avait voulu bloquer l'appareil photo de Mme Poirier avec sa main, pour voiler la «vision de la lentille». Mais il ne se souvient pas d'avoir frappé l'appareil.




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