Homme disparu en 1986: la communauté gaie interpellée

Le 25 novembre 1986, Pierre-Jean Durocher, un homme qui était... (PHOTO FOURNIE PAR LA POLICE DE LONGUEUIL)

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Le 25 novembre 1986, Pierre-Jean Durocher, un homme qui était âgé de 23 ans, a été porté disparu et n'a jamais été revu depuis.

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Malgré son sac à dos retrouvé sur le pont Jacques-Cartier et les 30 années de silence total, la famille de Pierre Jean Durocher, un Longueuillois disparu en 1986 à l'âge de 23 ans, ne perd pas totalement espoir de le revoir vivant.

Le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) relance vendredi l'enquête sur cette disparition en rendant public un portrait vieilli de l'homme, qui serait maintenant âgé de 53 ans.

« Il a disparu comme une poussière qu'on enlève sur un meuble. Du jour au lendemain », a expliqué sa soeur, Michèle Durocher, en entrevue. « On avait rendez-vous pour dîner et quand j'ai appelé, on m'a dit que mon frère n'était plus ici, qu'il n'était plus là où il demeure. »

Le jeune homme n'a plus été vu depuis le 23 novembre 1986 et sa disparition a été signalée le surlendemain. Il habitait à l'époque dans une maison de chambres de Longueuil. Son sac à dos a été retrouvé sur le pont Jacques-Cartier peu de temps après.

« Aucune nouvelle, aucune information. » Cette situation « a duré pendant presque 28 ans », jusqu'à ce qu'un enquêteur du SPAL décide de reprendre l'enquête, a rapporté Mme Durocher. La soeur du disparu se dit maintenant prête à encaisser l'éventuelle nouvelle de sa mort, mais souhaite être fixée.

LE DISPARU TRAVAILLAIT DANS DES SAUNAS

À présent, la police appelle notamment les membres de la communauté gaie qui auraient des informations sur les déplacements de Pierre Jean Durocher, en novembre 1986, à se manifester. Le jeune homme « travaillait dans des saunas situés près du centre-ville de Montréal » et fréquentait des bars gais, selon le SPAL. L'agent Jean-Pierre Voutsinos, porte-parole du SPAL, a dit espérer que l'évolution des mentalités puisse aider les policiers. « Il y a 30 ans, [l'homosexualité] était peut-être moins acceptée » et des témoins importants n'ont peut-être pas voulu évoquer leur vie privée, avec la police.

À l'époque, « on nous avait déjà dit qu'on n'avait pas de temps à perdre à aller chercher une tapette dans les bars. On savait déjà qu'on partait avec une prise contre nous à ce moment-là », a affirmé Mme Durocher.

Les enquêteurs voudraient aussi discuter avec les ex-collègues du disparu, qui travaillaient au restaurant Harvey's situé à l'intersection du chemin de Chambly et de la rue Gentilly, à Longueuil.

Le portrait vieilli est maintenant au centre de l'enquête, a indiqué la police. « C'est vraiment en partant de cette pièce du puzzle qu'on espère que des gens - s'il est toujours vivant - puissent le reconnaître », a affirmé M. Voutsinos.

Des analyses scientifiques ont aussi été effectuées. « Le profil génétique du disparu a été recréé grâce à la collaboration des membres de la famille », qui ont fourni des échantillons de sang, a indiqué le porte-parole. « Ça nous permet d'affirmer que l'ADN ne correspond à aucun autre corps qui a été retrouvé » au cours des 30 dernières années.

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