Écrasement du vol 621: une douleur toujours vive pour des Québécois

Lucie Raymond, dont le père est mort lors... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE)

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Lucie Raymond, dont le père est mort lors de l'écrasement du vol 621 d'Air Canada, se désole que la tragédie soit tombée dans l'oubli.

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C'était un dimanche, le 5 juillet 1970. Ce jour-là, 109 personnes, dont une majorité de Québécois, sont mortes lorsqu'un avion provenant de Montréal s'est écrasé à quelques kilomètres de Toronto.

Le DC-8 d'Air Canada ne devait faire qu'une escale dans la Ville Reine avant de se rendre à Los Angeles. Une mauvaise communication entre le pilote et le copilote, à environ 10 kilomètres de l'aéroport, a fait éteindre l'un des moteurs. Le pilote a tenté de reprendre de l'altitude, mais l'appareil a pris feu et a piqué du nez. On n'a trouvé que des débris du vol 621 dans un champ d'avoine sur les terres agricoles de Brampton, au nord de Toronto. Les 100 passagers et neuf membres d'équipage, dont 70 Québécois, perdent la vie.

Quarante-cinq ans plus tard, Lucie Raymond se souvient encore de chaque minute qui a suivi l'annonce de la mort de son père. Son cousin, un employé d'Air Canada, a cogné à sa porte, en larmes, pour annoncer la triste nouvelle à sa famille. « C'est imprimé pour la vie quand ça arrive, des affaires de même », raconte la dame, qui était âgée de 16 ans à l'époque. Son père, Martial, était un syndicaliste de la FTQ. « Il se battait pour la justice », dit-elle. C'est un peu en s'inspirant de son combat qu'elle souhaite maintenant faire connaître l'écrasement du vol d'Air Canada, dont « presque personne ne se souvient au Québec ».

Air Canada a créé un mémorial pour les victimes au cimetière Mount Pleasant de Toronto en 1979, mais les lieux de la tragédie ont été abandonnés pendant des décennies. Lors de sa visite il y a quelques années, Lucie Raymond a pu encore y trouver des objets.

« J'ai braillé ma vie, ç'avait l'air d'une cour à scrap. C'était indigne de trouver tant d'affaires qui ont été labourées. Ils ont trouvé des dents, des fourchettes, des petits livrets qu'ils donnaient à l'époque. » En 2013, des entrepreneurs du coin se sont mobilisés pour financer la construction d'un mémorial sur les lieux de l'accident, un grand jardin avec de jeunes arbres, des fleurs et des plaques commémoratives.

À l'époque, Air Canada avait envoyé des enquêteurs dans les quartiers des familles pour procéder à des recherches sur les victimes.

25 000 $
Somme offerte à la mère de Lucie Raymond pour la mort de son mari, parce qu'il ne lui restait que quelques années à vivre, selon les enquêteurs. Il avait 44 ans.

Invitée à commenter les commémorations, Air Canada a indiqué que ses pensées « accompagnent les familles des victimes en ce 45e anniversaire de la tragédie » et que le protocole de traitement des drames dans l'industrie du transport aérien avait considérablement changé au cours des quatre dernières décennies.

« Je ne porte pas tellement dans mon coeur Air Canada. Je pense que ça fait bien leur affaire que ce soit arrivé à Toronto. Ils n'ont jamais voulu vraiment en parler », croit Lucie Raymond. Aujourd'hui, « pour ne jamais oublier », la dame se rendra devant la tombe de son père et communiquera avec les autres familles de victimes, comme elle le fait tous les 5 juillet.

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