Deux nouvelles super-escouades pour contrer le retour des Hells Angels

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Salvatore Cazzetta, chef présumé des Hells Angels

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Daniel Renaud
La Presse

La Sûreté du Québec s'apprête à créer deux nouvelles super-escouades qui s'attaqueront exclusivement aux chefs des motards, de la mafia et des autres groupes importants du crime organisé québécois, a appris La Presse. Ces deux nouvelles escouades, qui auront pignon sur rue à Montréal et à Québec, verront le jour dans le cadre d'une refonte des escouades régionales mixtes (ERM) qui se veut une réponse en trois volets au retour en force des Hells Angels.

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Le 19 novembre 2015, Leonardo Rizzuto a été arrêté dans l'opération Magot-Mastiff, par laquelle l'ERM Montréal a décapité le crime organisé montréalais.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

Les deux nouvelles super-escouades de la Sûreté du... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.1

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Les deux nouvelles super-escouades de la Sûreté du Québec - en plus de sept des huit escouades régionales mixtes actuelles qui subsisteront - s'attaqueront aux branches médianes des organigrammes des groupes criminels.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le contexte

Le but de l'opération SharQc d'avril 2009 était d'éradiquer les Hells Angels. Sept ans plus tard, avec le retour des clubs-écoles, la fin en queue de poisson du procès des motards de Sherbrooke, la réduction des peines de plusieurs autres en Cour d'appel, les Hells Angels comptent actuellement environ 75 membres en liberté au Québec et constituent la plus importante organisation criminelle de la province. Une nouvelle génération de Hells Angels fait son apparition. Ils sont tricotés plus serré et ont appris de leurs erreurs. Affaiblie par des conflits depuis 10 ans, la mafia montréalaise présente elle aussi un changement de génération, laisse entrevoir un changement de garde - cette fois-ci à prédominance calabraise - et pourrait un jour mettre fin à ses disputes avec l'avènement d'un nouveau chef.

Volet 1: la chasse aux patrons

Selon nos sources, les deux nouvelles super-escouades de lutte contre le crime organisé, dont le nom exact n'est pas encore connu, compteront une cinquantaine d'enquêteurs à Montréal et environ 25 dans la Vieille Capitale. Elles s'attaqueraient exclusivement aux membres en règle des motards, aux chefs de clan de la mafia et autres groupes d'importance. Les effectifs seraient puisés parmi les quelque 150 enquêteurs des huit escouades régionales mixtes actuelles, mais dans les faits, la création de ces deux escouades semblables aux défuntes ECO (escouade de crime organisé) de la SQ se traduirait par l'ajout d'une cinquantaine d'enquêteurs affectés à la lutte contre le crime organisé, qui proviendraient principalement de la Sûreté du Québec, mais aussi des autres corps de police.

Volet 2: la traque des lieutenants

La future super-escouade à Montréal remplacera l'actuelle escouade régionale mixte (ERM) de la métropole, mais pas à Québec. En plus des deux nouvelles, sept des huit escouades régionales mixtes actuelles subsisteront donc - Québec, Outaouais, Rive-Nord, Montérégie, Mauricie, Estrie et Saguenay - et s'attaqueront aux branches médianes des organigrammes des groupes criminels, c'est-à-dire aux clubs-écoles des Hells Angels, aux responsables de réseaux de trafic de stupéfiants et autres acteurs d'importance du crime organisé.

Volet 3: la charge contre les soldats

Enfin, la refonte prévoit également la création, avec des effectifs de la Sûreté du Québec uniquement, d'escouades d'enquête de lutte contre le crime organisé qui s'attaqueraient plus particulièrement aux réseaux locaux et aux acteurs sur le terrain, par exemple les revendeurs de stupéfiants, qui relèvent des organisations criminelles. Ces escouades agiraient également comme « support » aux corps de police municipaux et aux autres boîtes d'enquête de niveaux supérieurs, nous a-t-on dit.

Une tendance constatée

Cette refonte de la lutte contre le crime organisé au Québec semble confirmer une tendance observée par La Presse depuis plus d'un an : alors que son mandat premier est la lutte contre les motards, la Sûreté du Québec, par le truchement des ERM, prend de plus en plus de place dans la guerre à la mafia, un mandat traditionnellement rempli par la Gendarmerie royale du Canada et, dans une optique plus locale, par la police de Montréal, dont les enquêteurs ont une bonne connaissance du terrain. L'opération Magot-Mastiff, par laquelle l'ERM Montréal a décapité le crime organisé montréalais le 19 novembre, est un exemple de cette nouvelle tendance alors que l'ERM a mené l'enquête et que la GRC - qui a aussi des enquêteurs à l'ERM - a financé la coûteuse écoute électronique.

- Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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