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Altercation avec le chef des Rock Machine: la SQ dans l'embarras

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Daniel Renaud
La Presse

Une série télévisée diffusée par la chaîne V a mis en scène cet automne des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) en action. Mais l'un des agents-vedettes de cette téléréalité fait moins bonne figure dans une vidéo tournée le 5 octobre dernier qu'a obtenue La Presse.

On y voit le patrouilleur assener dans une cellule des coups de poing au chef des Rock Machine, Jean-François Émard. Après une interception pour une banale infraction au Code de la sécurité routière, Émard a été arrêté pour possession de méthamphétamine.

Enquête criminelle

Le policier en question, Bruno Landry, a été suspendu avec traitement après cet événement, conformément aux dispositions prévues dans le contrat de travail des policiers de la Sûreté du Québec. Une enquête criminelle a été ouverte et le rapport a été transmis à la fin de la semaine dernière à un procureur de Québec. Celui-ci devra décider si des accusations seront portées contre le policier après avoir analysé la preuve, qui repose essentiellement sur cette vidéo tournée dans l'une des cellules du poste de Salaberry-de-Valleyfield, peu après l'arrestation du chef motard sur une route du secteur.

Dans la vidéo, on peut voir Jean-François Émard allongé sur la couchette d'une cellule et qui commence à discuter avec au moins une personne qui se trouve vraisemblablement dans l'entrée de la pièce.

Il n'y a aucun son sur la vidéo. Il est impossible de savoir ce que les hommes se disent, mais la conversation semble s'animer et Émard s'assied sur la couchette. Puis, le motard se lève, fait un geste obscène en direction de la ou des personnes qui se trouvent dans le cadre de la porte et s'assied de nouveau.

Un patrouilleur ganté entre alors dans la cellule et se dirige vers lui. Le policier, Bruno Landry, se penche au-dessus du détenu et les deux hommes ont une conversation d'environ une minute avant que le patrouilleur ne quitte la cellule. Il n'en est sorti que depuis quelques secondes lorsqu'il revient sur ses pas et se rue sur le motard. Ce dernier reçoit six coups (le premier avec la main ouverte et cinq avec le poing) avant de parvenir à se lever et à décocher une droite vers le policier. Mais après un mouvement de recul, le patrouilleur reprend rapidement le dessus et assène deux autres coups à Émard, qui se retrouve de nouveau en mauvaise posture jusqu'à ce que le sergent de poste intervienne.

Dans les mains du procureur

La SQ n'a pas voulu divulguer l'identité du patrouilleur, mais s'est dite préoccupée par cette affaire. «La Sûreté du Québec prend ce genre de situation très au sérieux. Ce type de comportement est inacceptable. C'est la raison pour laquelle, dès les jours qui ont suivi l'événement, une enquête criminelle a été ouverte par la Direction des normes professionnelles et que le dossier a été envoyé au DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] pour étude», a déclaré le lieutenant Guy Lapointe.

Selon nos informations, le patrouilleur Bruno Landry est l'un des policiers qui avaient auparavant procédé à l'interception de Jean-François Émard.

L'animosité entre les deux hommes se serait manifestée dès ce moment et se serait ensuite envenimée dans le véhicule de patrouille à bord duquel Émard a été transporté au poste, puis dans le poste lui-même.

Durant la conversation qui a précédé l'échauffourée, le motard aurait insulté Bruno Landry et d'autres policiers qui, à leur tour, se seraient moqués de lui.

S'il est accusé et reconnu coupable, le patrouilleur ne sera pas automatiquement destitué. Il devra comparaître devant un comité qui prendra une décision. S'il est acquitté, il pourrait tout de même faire face à des mesures disciplinaires.

Lors de l'interception du motard pour un phare défectueux, les policiers ont découvert 500 comprimés de méthamphétamine dans le coffre arrière du véhicule et une machette sur la banquette arrière. Émard a rapidement plaidé coupable aux accusations portées contre lui et a été condamné à 15 mois de prison.

Durant les deux semaines précédant son arrestation, le chef motard avait accordé une entrevue à La Presse dans laquelle il disait que son club indépendant voulait prendre de l'expansion, mais ne cherchait pas le conflit avec les Hells Angels.

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