Hells Angels: pas dans ma cour, dit Chambly

Depuis l'arrivée des Hells Angels dans ce local... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

Agrandir

Depuis l'arrivée des Hells Angels dans ce local situé dans le parc industriel de Chambly, la Ville fait parvenir une contravention par jour de 148$ au propriétaire pour usage non autorisé du lieu.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour la première fois depuis près de 12 ans, un bras de fer s'engage entre les Hells Angels et une municipalité du Québec qui veut fermer un local récemment investi par le groupe de motards criminels. La Presse a appris que depuis trois semaines, la Ville de Chambly tente de chasser les motards du parc industriel, là où ils auraient élu domicile au printemps dernier.

«J'ai été informé en juillet par la Sûreté du Québec qu'il y aurait une occupation des Hells Angels dans le parc industriel de Chambly. La Ville n'est pas heureuse d'accueillir ce genre de clientèle, le type de clients qu'ils amènent et ce type de commerce. Nous allons prendre tous les moyens à notre disposition pour que cesse cette occupation», affirme le maire de Chambly, Denis Lavoie.

La Ville de Chambly n'a pas délivré de permis de location du local controversé et considère donc cette occupation comme illégale. Depuis trois semaines, elle envoie une contravention par jour, pour usage non autorisé et utilisation sans permis d'un local, au propriétaire de l'immeuble qui est aussi locataire du local, Gérard Thibault.

Thibault, un homme d'affaires de 77 ans qui possède de nombreux investissements dans le secteur, a plaidé non coupable chaque fois. Il assure que les locaux servent uniquement à l'importation et la modification d'autos ou de motos Harley Davidson et que la Ville a réagi trop fortement à la présence de certains de ses «partenaires» motards.

148$ d'amende par jour

«Ils sont frustrés parce qu'ils ont entendu dire que ci et ça... Même si c'était vrai, ça ne regarde personne. Je peux avoir des partenaires en business, je ne suis pas un pauvre à cinq cennes, moi! Ils viennent me porter un ticket de 148$ à tous les jours, mais ça ne me dérange pas pantoute. Je vais aller en cour et ils vont me le devoir, ils vont me rembourser!», a répliqué M. Thibault, lorsque La Presse l'a joint.

Les accusations de meurtres et trafic de stupéfiants qui ont visé toute l'organisation des Hells Angels après l'opération SharQc en 2009 ne l'ébranlent pas. «Ça me dérange quoi, les Hells? Accusés, ça veut dire quoi? Ça ne me dérange pas, ça! Vas-tu arrêter de leur vendre des bicycles parce qu'ils sont accusés de ça? Les accusations qu'ils ont, eux autres, c'est pas mes affaires!»

En attendant que le dossier se règle, les autorités municipales ont déposé un avis de motion pour geler toutes les demandes de permis dans le secteur industriel.

Caméras et vitres opaques

Le local utilisé par les Hells Angels, situé au 2200, boulevard Industriel, est muni de caméras de surveillance, qui s'y trouvaient déjà avant leur arrivée, nous a-t-on dit, ainsi que de vitres opaques. Il est toutefois loin d'avoir l'allure des anciens bunkers fortifiés de l'époque de la guerre des motards. Quelques cônes orange et un écriteau «Privé» rouge et blanc (les couleurs des Hells) indiquent que les occupants ne veulent pas être dérangés. Un véhicule était stationné devant le local lors du passage de La Presse, hier, mais personne n'a répondu à la porte.

Selon nos informations, des travaux seraient en cours dans le local où les Hells Angels auraient l'intention de s'installer confortablement, avec bar et table de billard. Les murs intérieurs seraient tapissés d'affiches à l'effigie des Hells Angels de la section South.

Cette dernière est toujours inactive en raison d'un nombre insuffisant de membres depuis l'opération SharQc, mais des sources ont confié que ceux qui restent ont rejoint leurs «frères» de la section de Montréal, réactivée au cours de l'été dernier.

Des Hells Angels ont été vus régulièrement cet été à Chambly par des citoyens qui ont avisé les autorités municipales.

«Ils ne font pas de trouble», a toutefois répondu un employé d'une entreprise voisine, quand on lui a posé des questions sur la présence de motards.

D'autres villes qui ont dit non aux Hells

  • Sherbrooke, 2002: le conseil municipal a adopté un règlement anti-bunker pour forcer les Hells à démanteler les imposantes fortifications de leur repaire du quartier Lennoxville.
  • Blainville, 2000: la Ville a obtenu une injonction de la cour pour mettre la clé sous la porte du local des Rockers, un club-école des Hells, sur le rang Sainte-Thérèse.
  • Saint-Nicolas, 1997: Après l'explosion d'une bombe devant un repaire des Hells, des citoyens ont manifesté contre la présence du bunker, qui a finalement été saisi et détruit après une longue bataille judiciaire.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer