Corruption: la mafia avait recours aux fier-à-bras des Hells Angels

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La source de l'UPAC a expliqué que la mafia qui avait infiltrée la Ville de Montréal, avait fixé une «règle d'invitation» pour l'octroi des contrats municipaux. Les infrastructures telles que les routes, égouts, aqueducs ainsi que les travaux d'assainissement des eaux étaient sur le radar de la mafia.

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La mafia a eu recours aux services de fiers-à-bras des Hells Angels pour intervenir auprès des entrepreneurs qui ne respectaient pas la «règle» selon laquelle ils devaient être invités pour soumissionner un contrat public à la Ville de Montréal.

«Les Hells Angels sont utilisés comme force persuasive envers les individus rébarbatifs», peut-on lire dans un document judiciaire relatant les propos d'une source de l'escouade Marteau de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Une partie des propos de cette source vient d'être libérée d'une ordonnance de non-publication à la suite des démarches judiciaires de La Presse et d'autres médias.

Le témoignage de cette source a contribué à l'obtention, par l'UPAC, d'un mandat de perquisition visant l'ancien président du comité exécutif montréalais Frank Zampino, dans le cadre de l'enquête appelée Projet Faufil.

La source de la police a expliqué que la mafia qui avait infiltré la Ville de Montréal avait fixé une «règle d'invitation» pour l'attribution des contrats municipaux. Les infrastructures comme les routes, égouts, canalisations ainsi que les travaux d'assainissement des eaux étaient sur le radar de la mafia.

«Les "compagnies invitées" doivent ajouter 10% sur le total de la soumission avant de la déposer. Sur ce 10%, 5% est retourné aux Italiens alors que 5% restant est versé [...]», relate-t-on à partir des informations transmises par la source. Ce scénario correspond à ce qui a été décrit devant la commission Charbonneau et qui impliquait deux principaux bénéficiaires de ce stratagème, soit la mafia et le parti politique du maire de Montréal de l'époque, Gérald Tremblay.

Si un entrepreneur ignorait qu'il devait être invité pour soumissionner et se procurait le cahier des charges en toute légitimité, il avait «normalement la visite rapide de fiers-à-bras pour lui passer un message de ne pas soumissionner sur le contrat». Ces visites pouvaient être marquées par des menaces et de l'intimidation. «Plusieurs [des entrepreneurs] finissent par «craquer» et liquident les actifs de leurs compagnies en raison de la pression subie», est-il précisé.

Frank Zampino impliqué

Selon ce qu'ont recueilli les enquêteurs de Marteau, un très grand nombre d'entreprises reliées à la mafia contrôle les soumissions publiques. Il est notamment question des entreprises BP Asphalte, Catcan, Construction F. Catania et Garnier Construction. La Ville de Montréal n'est pas la seule municipalité concernée. On nomme aussi Terrebonne, Mascouche et Repentigny.

Les soumissions sous contrôle mafieux «représentent un marché d'une dizaine de milliards de dollars par année», peut-on lire dans le document. Le contrat des compteurs d'eau [dossier qui fait l'objet d'une enquête par l'UPAC] et celui du Faubourg Contrecoeur, pour lequel Frank Zampino est accusé de fraude, complot et abus de confiance, sont montrés du doigt.

La source de la police parle du projet du Faubourg Contrecoeur, qui a bénéficié entre autres à Catania, comme d'une «arnaque». C'est du moins de cette façon que qualifiait Paolo Catania lui-même la décontamination du terrain pour le projet. «Chez Construction F. Catania, on disait ouvertement et à quelques reprises que Frank Zampino était pour arranger les contrats avec la Ville de Montréal», a précisé la personne que les enquêteurs ont rencontrée à plusieurs reprises.

Il est à noter que ces éléments de preuve n'ont pas été testés devant les tribunaux.




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