Stéphane «Godasse» Gagné reçoit plusieurs appuis de taille

Stéphane «Godasse» Gagné en 1997.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Stéphane «Godasse» Gagné en 1997.

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Le délateur Stéphane «Godasse» Gagné a reçu plusieurs appuis de taille en soutien à sa demande de sortir de prison avant la fin de sa peine. Cas rare, voire unique au Québec : des juges, des procureurs de la Couronne et des policiers ont écrit des lettres en appui à sa requête.

Au total, onze lettres signées notamment par des avocats qui occupent aujourd'hui de hautes fonctions dans le système judiciaire ont ainsi été déposées en preuve ce matin par Me Sandra Brouillette, l'avocate du motard qui a retourné sa veste. 

L'une de ces lettres est signée par le juge de la Cour supérieure André Vincent.  L'actuelle directrice du nouveau Bureau des enquêtes indépendantes, Me Madeleine Giauque, en a écrite une autre.  Tous deux ont fait témoigner le délateur lorsqu'ils étaient procureurs de la Couronne dans d'importants procès contre des membres des Hells Angels - causes qu'ils ont remportées à l'époque.

Les jurés ont appris ce matin que le Directeur des poursuites criminelles et pénales ne s'opposait pas à la requête du délateur. «Ce n'est pas une pratique habituelle, mais il s'agit d'un dossier exceptionnel. Le DPCP appuie la demande de M. Gagné», a dit Me François Lanthier du DPCP.

«Vous vous demandez sûrement : si les deux avocats sont d'accord, pourquoi y a-t-il un procès ?», a enchaîné le juge de la cause, Jerry Zigman. «Ce n'est ni les avocats ni le juge qui prendra la décision. C'est vous (les jurés) qui devez prendre cette décision selon la preuve que vous entendez dans les deux prochaines semaines», a poursuivi le magistrat. 

Gagné s'adresse au jury car il souhaite devancer sa date d'admissibilité à la libération conventionnelle. Le motard a assassiné la gardienne de prison Diane Lavigne en 1997 pour grimper les échelons de l'organisation des Hells Angels.

À l'époque, la guerre entre les Hells Angels et les Rock Machine faisait rage pour le contrôle du trafic de drogue au Québec. Ce conflit a fait 160 morts, dont plusieurs innocentes victimes.

En 1998, Gagné a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité d'être admissible à une libération conditionnelle avant 2023.

Le détenu bénéficie d'une mesure prévue dans le Code criminel qui permet à l'auteur d'un meurtre, après 15 ans de détention, de s'adresser à un jury pour faire devancer sa date d'admissibilité à une libération conditionnelle.

Un meurtrier doit notamment prouver au jury qu'il a adopté une bonne conduite en prison et qu'il est suffisamment « réhabilité » pour retrouver sa liberté. Lorsque la recommandation du jury est positive, c'est ensuite à la Commission des libérations conditionnelles du Canada d'examiner la demande et d'accorder ou non cette libération.

Fait à noter, cette « clause de la dernière chance » a été abolie par le gouvernement Harper en 2011. Or, Gagné peur encore s'en prévaloir puisque le meurtre a été commis avant 2011.

Gagné - qui témoignera plus tard cette semaine - a retourné sa veste après avoir plaidé coupable au meurtre de Diane Lavigne et à la tentative de meurtre commise à l'endroit d'un second gardien de prison, Robert Corriveau.

Le motard a accepté de témoigner pour la Couronne par la suite. En échange, la poursuite a laissé tomber les accusations qui pesaient contre lui en lien avec le meurtre d'un autre gardien de prison, Pierre Rondeau. 

En témoignant contre ses anciens frères d'armes, Gagné a ainsi permis de faire condamner Paul Fontaine -son complice de l'époque dans le meurtre de M. Rondeau et la tentative de meurtre contre M. Corriveau - ainsi que le chef des Hells, Maurice «Mom» Boucher, qui a commandé les meurtres des gardiens de prison.

L'audience se déroule d'ailleurs sous haute surveillance. Plusieurs policiers de la Sûreté du Québec sont présents à l'intérieur et à l'extérieur de la salle de cour pour assurer la sécurité du détenu. Assis dans un box sécurisé, Gagné scrute d'ailleurs attentivement les gens qui entrent et sortent de la salle. Le détenu a soutenu le regard durant de longues secondes d'avocates criminalistes qui ont défendu tout récemment des Hells Angels lorsque ces dernières sont venues s'asseoir quelques minutes dans la salle en matinée.

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