Dany Villanueva berné par un agent double

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L'appartement de la rue Arthur-Chevrier où le SPVM a mené sa frappe

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Daniel Renaud
La Presse

Dany Villanueva, accusé hier de trafic de stupéfiants, aurait vendu de la marijuana à un agent double du SPVM, a appris La Presse. L'événement serait survenu au cours des derniers jours, dans l'appartement 3 de l'immeuble de la rue Arthur-Chevrier où une frappe policière qui a mal tourné a fait un blessé grave, jeudi soir, dans l'arrondissement de Montréal-Nord.

Dany Villanueva en 2010... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0

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Dany Villanueva en 2010

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Selon nos informations, Villanueva aurait vendu une fois une petite quantité de marijuana à l'agent double, qui aurait toutefois effectué d'autres achats de drogue contrôlés dans le même logement durant l'enquête.

Villanueva et cinq autres individus, Ralph Mario Jr Félicin, 31 ans, Pierre André Marcelin, 27 ans, René Alain Moss, 28 ans, Derrick Menelas, 20 ans, et Mendy Bastien-Jean-Baptiste, 28 ans, ont été accusés de possession de marijuana dans un but de trafic, de complot pour trafic de marijuana et de trafic de substances hier au palais de justice de Montréal. Jean-Baptiste, qui était le locataire du logement, est aussi accusé d'avoir tenu une maison de jeu illégale. La poursuite s'est opposée à la libération de tous les suspects, sauf Jean-Baptiste, vraisemblablement en raison de leurs antécédents ou d'autres procédures en attente. L'enquête sur remise en liberté de Villanueva et de ses coaccusés a été fixée à lundi.

ENTRE LES MAINS DU MINISTRE

Dany Villanueva, 29 ans, n'a manifesté aucune émotion durant sa brève comparution, à laquelle ont assisté une armée de journalistes et quelques sympathisants, dont Jaggi Singh. « Je suis venu appuyer la famille », a simplement lancé l'activiste en passant devant la haie de caméras et d'appareils photo.

Rappelons que Dany Villanueva, dont le jeune frère Fredy a été tué lors d'une intervention policière à Montréal-Nord en 2008, a obtenu il y a un mois à peine l'autorisation du ministre de l'Immigration de rester au Canada, malgré ses antécédents criminels qui lui avaient valu une mesure d'expulsion vers son pays d'origine, le Honduras. Questionné sur les possibilités que Villanueva soit expulsé à la suite de cette nouvelle arrestation, son avocat dans son dossier d'immigration, Me Stéphane Handfield, a expliqué que le ministre pourrait décider à tout moment de revenir sur sa décision le cas échéant, sans devoir attendre la fin des procédures judiciaires. Il a également expliqué que l'Agence des services frontaliers pourrait également rouvrir le dossier de Villanueva, mais uniquement en cas de condamnation.

ENTRE LA VIE ET LA MORT

Aux dernières nouvelles, l'homme de 47 ans atteint par un bâton cinétique (balle de plastique) lors de la frappe policière de jeudi, Jean-Pierre Bony, reposait entre la vie et la mort hier. « Les 24 à 48 prochaines heures seront déterminantes », a confié une source. Selon nos informations, lorsque les policiers du Groupe tactique d'intervention ont cerné l'immeuble de la rue Arthur-Chevrier, la victime a tenté de fuir par la fenêtre de la chambre arrière. Un policier lui aurait ordonné de rester à l'intérieur avant de tirer le projectile qui a atteint le quadragénaire en pleine tête, au moment où il se penchait, nous a-t-on dit. Après avoir été touché, l'homme a fait une chute d'environ deux mètres et demi sur le sol, à l'arrière de l'immeuble. Il semblerait toutefois, selon nos sources, que la blessure laissée par le bâton cinétique soit la plus grave. Par souci de transparence, la Sûreté du Québec a ouvert une enquête.

Jean-Pierre Bony a des antécédents judiciaires et serait relié aux gangs de rue. Sur sa page Facebook, on peut notamment voir une photo de lui posant près de la pierre tombale de Jean Rommel Victor, membre influent des Rouges battu à mort au Centre de détention Rivière-des-Prairies en 2013.

« LA BASE »

Surnommé « la base » par les suspects, l'appartement où s'est déroulée l'opération était connu de la police depuis des mois comme un point de vente de stupéfiants et une maison de jeu illégale. L'appartement insalubre, pauvrement meublé de quelques vieux canapés de cuir dégageant une odeur de pot et d'une table de jeu, était considéré comme le quartier général des membres d'un gang d'allégeance rouge. Des inconnus entraient et sortaient continuellement, du matin jusqu'à la nuit. « C'était un endroit où il y avait beaucoup de problèmes », nous a-t-on dit.

Mais c'est chose du passé. Lors d'une brève visite du logement hier matin, La Presse a constaté que le propriétaire nettoyait les lieux et avait changé les serrures.

Un autre accusé, Gregory Daquin, 28 ans, était toujours recherché dans cette affaire hier soir. Daquin fait déjà face à au moins deux procédures en cours, une affaire de trafic de stupéfiants, pour laquelle il devait déjà respecter certaines conditions, et une affaire de complot pour vol à main armée d'une plantation de marijuana éventé par des agents d'infiltration de la police l'automne dernier.

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Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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