Militaires poignardés: « Allah m'a demandé d'agir », a dit l'accusé

Ayanie Hassan Ali fait face à plusieurs chefs... (Photo Colin Perkel, PC)

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Ayanie Hassan Ali fait face à plusieurs chefs d'accusation, a affirmé mardi en conférence de presse le chef du service de police de Toronto, Mark Saunders.

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La Presse Canadienne
Toronto

L'homme originaire de Montréal qui a déclaré suivre les directives d'Allah a été formellement accusé, mardi, d'avoir poignardé et blessé deux soldats dans un centre de recrutement militaire à Toronto, lundi.

Les enquêteurs n'ont toujours pas éliminé la possibilité que l'attaque soit liée au terrorisme.

Le chef du service de police de Toronto Mark Saunders a affirmé que le suspect ne semblait entretenir aucun contact avec une organisation terroriste. Il a toutefois ajouté que l'enquête était encore loin d'être terminée.

La police a identifié le suspect comme étant Ayanle Hassan Ali, âgé de 27 ans. Les autorités ont également épelé son prénom Ayanie, mais n'ont pas expliqué pourquoi elles avaient fourni ces deux orthographes.

Ali fait face à neuf chefs d'accusation, incluant trois chefs de tentative de meurtre et deux de voies de fait graves.

L'accusé a penché la tête et regardé le plancher pendant la majeure partie de sa brève comparution, mardi après-midi, prononçant doucement son nom lorsqu'on le lui a demandé. Il a été placé en détention jusqu'à vendredi.

«Il semble très effrayé en ce moment, et bien sûr très, très malheureux d'être dans la position dans laquelle il se trouve aujourd'hui», a déclaré son avocat, David Burke, à l'extérieur de la salle d'audience. «C'est une situation très, très difficile.»

M. Burke a indiqué qu'il demanderait peut-être la libération conditionnelle pour son client, vendredi.

Le chef Saunders a mentionné que l'accusé, qui détient la citoyenneté canadienne, n'avait pas de casier judiciaire. Il a demandé à toute personne qui pourrait détenir des informations à son sujet de contacter les autorités. La police tentait mardi d'obtenir un mandat de perquisition pour fouiller le domicile de l'accusé.

«Allah m'a dit de venir ici et de tuer des gens»

Lundi, aux alentours de 15 h 30, l'homme qui habite à Toronto depuis 2011 est entré dans un centre de recrutement des Forces armées canadiennes. Il s'est dirigé dans un bureau avec un «grand couteau» et a attaqué un militaire portant un uniforme. Celui-ci s'est écroulé au sol.

Selon le récit de M. Saunders, le suspect s'est par la suite attaqué à une militaire, mais n'a pas réussi à la blesser. Des soldats sont ensuite parvenus à maîtriser le forcené. Un autre militaire a toutefois été blessé à ce moment.

Avant qu'il ne soit escorté à l'extérieur du centre de recrutement, l'agresseur a dit «Allah m'a dit de faire cela. Allah m'a dit de venir ici et de tuer des gens», a rapporté le chef de police.

Après son arrestation, l'accusé a refusé de répondre aux questions des enquêteurs. Il a été conduit dans un centre hospitalier en raison de son comportement.

Deux soldats, qui ont reçu des coups de couteaux, ont dû recevoir des traitements médicaux pour des blessures mineures.

Le premier ministre Justin Trudeau a réagi rapidement à ces nouvelles informations en écrivant sur son compte Twitter que «Ni les Canadiens, ni @ForcesCanada ne seront intimidés par la terreur et la haine. Bon rétablissement aux membres des FAC blessés hier.»

Cette attaque contre un militaire en uniforme n'est pas sans rappeler celles qui sont survenues à l'automne 2014. En l'espace de quelques jours, deux soldats ont été assassinés par autant d'individus qui s'étaient radicalisés.

Le 20 octobre 2014, à Saint-Jean-sur-Richelieu, l'adjudant Patrice Vincent perdait la vie après avoir été happé mortellement. Deux jours plus tard, le caporal Nathan Cirillo a été abattu de trois balles dans le dos alors qu'il montait la garde devant le Monument commémoratif de guerre, à Ottawa.

Cette nouvelle attaque est préoccupante pour quiconque porte un uniforme, a convenu mardi le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur.

«Ça nous inquiète grandement», a-t-il laissé tomber en marge d'une annonce à Ottawa.

Les policiers de la métropole ont été avisés par leur syndicat ou par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) «d'être plus prudents, même quand ils sont statiques dans leur véhicule», a indiqué M. Francoeur.

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