Film porno et matricule 728: deux droits s'affrontent

Le film pornographique qui parodie le «matricule 728» ne sera ni sur les écrans... (PHOTO TIRÉE DE L'INTERNET)

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Le film pornographique qui parodie le «matricule 728» ne sera ni sur les écrans ni sous le sapin pour les Fêtes. Le juge Pierre Jasmin, de la Cour supérieure, a prolongé hier l'ordonnance de sauvegarde qui empêche la sortie du film, du moins dans sa forme originale.

L'agente Stéfanie Trudeau, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ne s'oppose plus à la sortie du film, mais elle exige des changements, qui n'ont pas été acceptés hier par le distributeur du film, AD4 Distribution Canada, dont le président est André Grenier. Les changements demandés visaient le titre du film, la bande-annonce et certains passages qui montraient des gestes qui ont mené à la suspension de la policière - notamment une prise de cou. Le juge Jasmin a bien tenté de rapprocher les parties, hier après-midi, pour éviter un procès, mais cela n'a pas fonctionné.

Le magistrat a noté que dans cette affaire - «pas compliquée», mais pas simple non plus -, deux droits s'affrontent: le droit à l'image de la policière Stéfanie Trudeau et la liberté d'expression invoquée par le distributeur. «Si c'était une parodie, on ne serait pas ici. Si c'était un Bye Bye, ce serait autre chose. On est très loin de la parodie», a soutenu Me Annie Élisabeth Girard, qui représente Mme Trudeau. L'avocate a signalé que plus de 100 000 personnes avaient déjà visionné la bande-annonce sur YouTube. Le film devait être présenté sur Illico le 18 décembre. «Si on laisse aller, il sera trop tard», a lancé l'avocate.

Me Thomas Villeneuve-Gagné, qui représente le distributeur, a déposé une requête pour faire tomber celle de Mme Trudeau. Il réclame même des dommages pour «abus de procédure». Il a soutenu de son côté qu'il s'agissait véritablement d'une parodie, faite dans le contexte des grèves étudiantes, avec les agissements d'une policière. «On n'utilise pas la photo de 728, on n'utilise pas ses traits physiques, l'actrice est différente, on ne la déguise pas. Le film relève de la caricature pure et simple», a-t-il dit.

Le juge, qui a estimé hier qu'il n'avait pas le temps de trancher le litige, a imposé une nouvelle ordonnance de sauvegarde. Les parties se reverront en janvier pour la suite du processus.

Rappelons que l'agente du SPVM Stéfanie Trudeau a fait l'objet d'une grande médiatisation en raison de ses agissements, qui ont été filmés. Au printemps, elle a aspergé de gaz poivre des manifestants qui rouspétaient; en octobre, elle a participé à une intervention musclée contre ce qu'elle appelait des «carrés rouges, des gratteux de guitare». Mme Trudeau est suspendue avec solde depuis cet événement. Le film graphique a été réalisé par la suite. AD4 Distribution Canada affirme avoir investi 50 000$ dans l'aventure, soit 35 000$ pour la réalisation et 15 000$ pour la promotion.

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