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Montréal: des «anomalies généralisées» dans les finances des cols bleus

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Dans un rapport sur les finances du Syndicat des cols bleus de Montréal, la firme de comptables Massie Turcotte et associés relève de nombreuses anomalies.

PHOTO ROBERT SKINNER, archives LA PRESSE

Paiements supérieurs aux heures autorisées. Indemnités versées en double. Avances de fonds à des employés suspendus ou congédiés. Un rapport commandé sur les finances du Syndicat des cols bleus de Montréal, que La Presse a obtenu, révèle des « anomalies généralisées » dans sa gestion.

Le 28 mai 2017, le Syndicat des cols bleus de Montréal a été placé sous tutelle par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Le tuteur mis en place pour un an, Denis Régimbald, a demandé à une firme comptable de faire une revue financière des activités de l'unité syndicale, mieux connue sous le nom de Local 301.

Dans un rapport d'étape daté du 27 septembre, la firme de comptables Massie Turcotte et associés relève de nombreuses anomalies. « Ce qui est clair, c'est qu'il faut réécrire la politique de dépenses et revoir les politiques de contrôle du syndicat », dit Lisa Djevahirdjian, porte-parole pour le SCFP.

L'analyse des comptables a notamment permis de découvrir que des banques de temps payées étaient supérieures aux heures autorisées. Le SCFP dit ainsi vouloir renforcer les mesures de contrôle pour éviter de telles situations à l'avenir.

Le rapport a aussi noté que des paiements avaient été effectués à des cols bleus alors que ceux-ci avaient pourtant été suspendus ou carrément congédiés. « Il y avait une pratique d'avance de fonds et, une fois que le travailleur réintègre son poste, le montant était remboursé par la Ville ou l'individu. Ce ne sera fort probablement plus dans les façons de faire », explique Lisa Djevahirdjian. Cette pratique est en effet contraire aux règles du SCFP.

Nombreuses autres irrégularités

Les comptables ont de plus noté que certains membres recevaient des remboursements pour le kilométrage effectué avec leur automobile alors qu'ils touchaient déjà une indemnité mensuelle pour l'usage de leur voiture. Des indemnités journalières, ou « per diem », étaient également versées pour cinq jours de travail, alors que les bénéficiaires ne travaillent pourtant que quatre jours.

Les comptables ont de plus constaté que des gens avaient reçu des indemnités même s'ils se trouvaient à l'extérieur et recevaient déjà un dédommagement de la Ville à cet effet, dans le cadre d'un congrès, par exemple.

Les membres du syndicat ayant suivi les règles en place, « on ne parle pas de fraude », précise Lisa Djevahirdjian. Ce sont les règles qui posaient problème et qui seront donc changées. La rédaction de ces nouvelles politiques a déjà été entreprise et celles-ci devraient ainsi être présentées aux membres au printemps, vraisemblablement lors d'une assemblée prévue en mars.

Ces constats se trouvant dans le rapport d'étape ont été communiqués à la fin septembre lors d'une présentation faite devant environ 400 cols bleus. Deux comptables de la firme Massie Turcotte avaient exposé leurs trouvailles. Ceux-ci doivent encore présenter un rapport final au printemps. Le mandat du tuteur du Syndicat, Denis Régimbald, arrive à échéance en juin prochain.




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