Longueuil: «petite collusion» et première sanction

L'Ordre des ingénieurs associe les faits reprochés à... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'Ordre des ingénieurs associe les faits reprochés à de la « petite collusion », comparativement à un système de grande collusion, « à savoir un système de collusion large et étendu » qui aurait eu cours entre 2004 et 2009.

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L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) vient de sanctionner un de ses membres, qui a participé à un système qualifié de « petite collusion » à Longueuil au début des années 2000. Il s'agit d'un premier geste dans un dossier plus large impliquant une dizaine d'ingénieurs et cinq firmes de génie qui pourraient être condamnés au cours des prochains mois.

L'ingénieur Réal Thériault est le premier à subir la décision du Conseil de discipline de l'OIQ. M. Thériault écope de deux amendes totalisant 10 000 $ pour avoir tenté de corrompre, avec des partenaires d'autres firmes de génie, un proche collaborateur de l'ex-maire Jacques Olivier (2001-2005). Il devra également payer pour les frais associés à l'instruction de la plainte.

Par contre, M. Thériault conserve le titre d'ingénieur puisqu'il s'agit d'un « geste isolé » qui n'a d'ailleurs eu « aucun succès ». Âgé de 56 ans, l'intimé a prévu vendre d'ici la fin de l'année sa firme à deux employés qu'il supervisera jusqu'en décembre 2018 pour assurer la pérennité de l'entreprise.

La situation de l'intimé a été prise en compte, d'autant plus qu'il a collaboré avec l'OIQ, que le risque de récidive est presque inexistant et qu'il a exprimé des remords.

Les faits reprochés remontent à 2001 et 2002. M. Thériault est alors à la tête de la firme Progemes et il est incapable de décrocher quelque contrat que ce soit avec la Ville de Longueuil. Il s'associe alors avec Génipur Groupe Conseils et le Groupe Séguin, dont l'ancien dirigeant Michel Lalonde a fait d'importantes révélations sur les firmes de génie-conseil et le partage organisé entre elles des contrats publics devant la commission Charbonneau. L'alliance des trois firmes s'appellera Consortium Génipur mais n'obtiendra aucun contrat de Longueuil.

D'AUTRES DOSSIERS À VENIR

C'est alors qu'un partenaire propose d'approcher le parti politique au pouvoir en versant une contribution financière, une « façon de faire qui semblait être déjà en place », souligne-t-on dans la décision. M. Thériault amasse 10 000 $. Ses partenaires amassent des sommes supérieures pour un total de 70 000 $. Il est question de remettre cette somme à l'organisateur politique du parti du maire Jacques Olivier, soit le Parti municipal de Longueuil (PML). L'organisateur de M. Olivier était alors André Létourneau, selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau.

L'argent ne sera toutefois jamais remis tel que prévu. Il sera plutôt gardé par un des partenaires qui s'était pourtant rendu au bureau du PML, avec M. Thériault, « pour faire du démarchage auprès de la Ville en investissant l'argent dans des activités politiques, telles qu'un tournoi de golf ».

Aucune des deux stratégies n'a fonctionné, et le Consortium Génipur a été dissout en 2004.

L'Ordre des ingénieurs associe les faits reprochés à M. Thériault à de la « petite collusion », comparativement à un système de grande collusion, « à savoir un système de collusion large et étendu » qui aurait eu cours entre 2004 et 2009. Il pourrait y avoir des cas de grande collusion parmi les dossiers à venir devant le Conseil de discipline, a-t-on souligné à l'OIQ.




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