Montréal financera un programme pour mettre fin aux disparitions de femmes autochtones

Une femme brandit une pancarte à l'occasion de... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Une femme brandit une pancarte à l'occasion de la 12e Vigie pour les femmes autochtones disparues au parc Émilie-Gamelin, le 4 octobre 2017.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

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Depuis six mois, Jessica Quijano a recensé 13 cas de disparition de femmes autochtones à Montréal. Onze ont été retrouvées saines et sauves, mais deux sont mortes.

Pour mettre fin au fléau des femmes autochtones disparues ou assassinées, Jessica Quijano a lancé en mai un projet pour accompagner les familles, projet que la Ville de Montréal a accepté de financer. La nouvelle administration montréalaise doit en effet donner le feu vert ce matin à une subvention au projet Iskweu - « femme », en cri - du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Le but est ambitieux : mettre fin au fléau des femmes autochtones disparues ou assassinées au Québec.

Si le phénomène est peu connu à Montréal, il est bien présent, assure Jessica Quijano. « Un des défis au Québec, c'est qu'on n'a pas de chiffres sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Ce n'est pas documenté comme dans d'autres provinces. La police ne note pas l'origine des victimes », déplore-t-elle.

Depuis mai, Jessica Quijano dit avoir travaillé sur 11 disparitions de femmes autochtones à Montréal, dont certaines ont été victimes de violences et de trafic de personnes.

Elle a aussi été appelée à intervenir l'été dernier sur la mort de deux jeunes inuits, à quelques jours d'intervalle. La mort de Sharon Barron a été classée comme un suicide, mais celle de son amie Siasi Tullaugak fait toujours l'objet d'une enquête policière, selon la coordonnatrice du projet Iskweu.

Si on a peu de chiffres sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, on sait toutefois que la population autochtone est en forte croissance à Montréal. Alors qu'on recensait 1295 personnes avec le statut d'Indien inscrit dans la métropole en 2001, le recensement de 2016 en a dénombré 3380, une hausse de près de 175 %.

La métropole est un important lieu de passage pour les autochtones, une population très mobile pour des questions d'emploi ou de santé. Or, « les femmes autochtones sont particulièrement vulnérables pendant cette période de transition. Elles ont donc un besoin accru d'être accueillies, rassurées, référées et sécurisées », estime la Ville.

Montréal va accorder 31 000 $ au projet Iskweu, soit environ le quart du coût total. Le reste est couvert par Justice Canada.

La Ville de Montréal estime que ce projet permettra de briser certaines barrières. « Dans un contexte où les relations entre les services de police et les femmes autochtones sont tendues et que nombre d'entre elles craignent de demander de l'aide lorsqu'elles sentent leur sécurité menacée, ce projet contribue à établir un climat de confiance », évalue la métropole.

Jessica Quijano a ainsi pour tâche d'aider les proches de disparues dans leurs démarches avec la police. « Les femmes autochtones se retrouvent souvent dans des situations de pauvreté extrême, dans le milieu du sexe, de la drogue. Alors elles ne veulent souvent pas aller voir la police pour dire qu'une amie est en danger », poursuit Mme Quijano.

La coordonnatrice du projet est à élaborer avec le Service de police de la Ville de Montréal une procédure pour faciliter les interventions en cas de disparition. On souhaite également créer une trousse de bienvenue à l'intention des femmes autochtones qui arrivent à Montréal.

Le projet Iskweu ne se limite pas à Montréal, d'autres corps policiers étant appelés à s'impliquer, notamment la Sûreté du Québec.




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