Des affiches jugées frileuses... et illégales

Un spécialiste en publicité juge que les pancartes... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

Agrandir

Un spécialiste en publicité juge que les pancartes qui tapissent la métropole pour les 45 prochains jours ne passeront pas à l'histoire.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Au premier jour de la campagne, Élections Montréal a dû rappeler à l'ordre les partis municipaux en leur demandant de retirer leurs affiches électorales des rues du Vieux. Un spécialiste en publicité juge par ailleurs que les pancartes qui tapissent la métropole pour les 45 prochains jours ne passeront pas à l'histoire.

Sans réinventer le genre, les affiches électorales de... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 1.0

Agrandir

Sans réinventer le genre, les affiches électorales de Projet Montréal sont tout de même « intéressantes », selon Roger Tremblay, chargé de cours en création publicitaire à l'Université de Montréal.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Roger Tremblay n'est pas tendre pour les publicités... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 1.1

Agrandir

Roger Tremblay n'est pas tendre pour les publicités d'Équipe Coderre. « C'est épouvantable. J'ai été malade », réagit-il.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

AFFICHAGE ILLÉGAL 

Situation inusitée hier au premier jour de campagne. Projet Montréal a porté plainte contre Équipe Coderre qui avait installé des affiches électorales au pied de l'hôtel de ville, à la place Vauquelin, un site patrimonial. Bien qu'il soit permis d'installer des pancartes électorales pratiquement partout en ville, la Loi sur les élections municipales interdit strictement de le faire sur des sites patrimoniaux. Projet Montréal n'a pas manqué de souligner le faux-pas de son rival. « C'est une première gaffe. Si, en partant, on ne connaît pas les règles de base de l'affichage, ça donne le ton », a ironisé Valérie Plante. Mais après vérifications, Élections Montréal a déterminé que les pancartes sont interdites dans tout le secteur historique du Vieux, qui est classé site patrimonial. L'organisation a donc contacté tous les partis pour les aviser de retirer leurs affiches du Vieux-Montréal. S'ils n'obtempèrent pas, la Ville pourrait envoyer des cols bleus pour les enlever et refiler la facture au parti fautif.

« CONVENTIONNELLES, MAIS INTÉRESSANTES »

Sans réinventer le genre, les affiches électorales de Projet Montréal sont tout de même « intéressantes », selon Roger Tremblay, chargé de cours en création publicitaire à l'Université de Montréal. « Valérie Plante nous regarde avec un regard franc. Le texte "Valérie Plante, mairesse de Montréal" est direct. C'est impeccable. C'est ça ou rien », résume-t-il. Le publicitaire a toutefois certaines réserves sur le fait que la candidate à la mairie croise les bras. « Même si ça ne paraît pas beaucoup, ce n'est pas une attitude d'ouverture », dit-il. Roger Tremblay se demande si une telle publicité sera suffisante pour inspirer les électeurs. « Sur plan graphique, c'est une belle affiche, mais elle est traditionnelle, conventionnelle. Il me semble que quand tu mets ta photo en gros plan sur un poteau, il faudrait que les gens en parlent. Si on ne parle pas de ta publicité, ça ne sert à rien d'en faire », dit-il.

PUBLICITÉS « ÉPOUVANTABLES »

Roger Tremblay n'est pas tendre pour les publicités d'Équipe Coderre. « C'est épouvantable. J'ai été malade », réagit-il. Pour lui, les affiches sont trop chargées, comportant beaucoup trop d'éléments. « On aurait pu aérer tout cela », estime-t-il. Ensuite, il lui paraît trop évident que le parti a utilisé un logiciel de traitement de photo, soulignant que les candidats ont été photographiés avec des éclairages qui jurent entre eux. « C'est graphiquement impardonnable », estime M. Tremblay. Celui-ci ne comprend pas non plus pourquoi le parti a choisi de placer ses candidats devant un fond générique d'arbres. « Pourquoi n'a-t-on pas choisi une image qui représente Montréal, comme le pont Jacques-Cartier, le fleuve ou le Stade olympique ? C'est impersonnel, c'est drabe comme un mur d'hôpital », dit-il. Enfin, le publicitaire trouve également le slogan du parti trop banal. « "Continuons le travail", on a déjà entendu cela, ça n'interpelle pas. Tout le monde est pour la vertu et la tarte aux pommes. »

L'EFFET JOLY

Pour Roger Tremblay, les pancartes électorales de 2017 n'arrivent pas à la cheville de l'affiche présentée en 2013 par Mélanie Joly, alors candidate à la mairie de Montréal. Le publicitaire estime qu'elle avait réussi à marquer les esprits avec ses pancartes où elle apparaissait sur fond noir, les poings sur les hanches. « C'était déstabilisant, ça interpellait. Tout le monde en parlait parce qu'elle avait une attitude. C'est ce qui a été le déclencheur pour elle. Je suis convaincu que toute cette publicité l'a propulsée au niveau fédéral », dit-il. Or le publicitaire regrette que la classe politique se montre souvent frileuse dans ses affiches électorales.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer