Chantiers: les heures supplémentaires explosent au SPVM

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Avec la multiplication des travaux à Montréal, la surveillance des chantiers par des agents du SPVM coûte de plus en plus cher aux contribuables.

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La gestion de la circulation aux alentours des chantiers de construction a fait exploser le nombre d'heures supplémentaires au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Alors qu'il prévoyait accorder 2,4 millions pour rémunérer les policiers affectés à cette tâche en 2016, le SPVM projette désormais d'allonger 13,8 millions d'ici la fin de l'année.

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a révélé ces chiffres mercredi lors de la présentation de son budget aux élus de la Ville de Montréal. Il s'agissait de sa première sortie publique depuis la crise des journalistes espionnés, il y a plus d'un mois.

Les policiers affectés à la surveillance des chantiers sont toujours payés en heures supplémentaires, soit plus de 60 $ de l'heure. Le chef de police affirme qu'il ne peut pas affecter des policiers à cette tâche pendant leur temps de travail normal pour ne pas réduire les autres services à la population.

Avec la multiplication des travaux à Montréal, la surveillance des chantiers coûte de plus en plus cher aux contribuables. À la présentation du budget, l'an dernier, M. Pichet avait indiqué qu'il entamerait des négociations avec le syndicat des policiers dans le but de réaffecter une partie des agents qui surveillent la circulation aux abords des chantiers à des tâches qui nécessitent réellement une formation policière.

Les négociations se poursuivent, a indiqué M. Pichet, mais la Fraternité des policiers et policières conteste actuellement devant un arbitre un projet-pilote du SPVM dans lequel des cadets effectuent la surveillance de chantiers.

«Ils nous disent qu'ils vont bientôt négocier ce point-là, mais pour nous, ça aurait dû être une priorité dès le départ», a indiqué le porte-parole de Projet Montréal en matière de sécurité publique, Alex Norris. «Il est inconcevable qu'on paye deux à trois fois plus comme Montréalais que le Torontois pour les mêmes services.»

«C'est une perte colossale d'expertise, d'argent et de talent de policiers que de leur demander de gérer la circulation sur les chantiers. Ils n'ont pas été formés pour ça, leur mandat, c'est de réduire les crimes.»

L'an prochain, le SPVM a seulement prévu un budget de 6 millions pour la gestion de la circulation autour des chantiers.

«Ils n'ont pas budgété une somme suffisante pour la réalité... Il est irréaliste de penser que ces dépenses vont tomber de moitié, de 13 millions à 6 millions», a ajouté M. Norris.

«Pas de crise de confiance au SPVM», croit le chef Pichet

Récemment, TVA a diffusé un enregistrement réalisé à l'insu du directeur du SPVM Philippe Pichet dans lequel il indiquait que le fait d'atteindre les quotas de constats d'infraction était une priorité de son organisation. Il aurait même déclaré que les policiers à moto qui ne voulaient pas donner des contraventions «chaque jour, chaque minute» devraient changer d'emploi. Seuls des hauts dirigeants assistaient à cette rencontre. Tout porte à croire que c'est donc un cadre de sa garde rapprochée qui l'a enregistré à son insu.

«C'est sûr que sur une organisation de 6000 employés où on a à peu près 200 cadres, ça se peut qu'il y ait des gens qui ne soient pas contents.» - Philippe Pichet, directeur du SPVM

«Oui, on m'a enregistré, c'est malheureux, en même temps j'assume ce que je dis, il y a des choses qui ont été prises hors contexte, mais présentement, il n'y a pas de crise de confiance des cadres envers le directeur. Il y a toujours un climat de travail qui n'est pas facile, ça, j'en conviens, mais en même temps, le service au citoyen continue de se donner», a réagi M. Pichet, mercredi.

Ce dernier assure qu'il n'a pas ouvert d'enquête pour découvrir qui était ce cadre ou la source du journaliste qui a réalisé le reportage.

Alex Norris est sceptique. «Je trouve ça inimaginable qu'il n'y ait pas d'enquête à la suite de ce type de coulage, franchement, pour beaucoup moins, des mesures beaucoup plus intrusives ont été prises. Quand le maire [Denis Coderre] n'a pas aimé une question qu'il s'est fait poser par un journaliste, il a pu aller voir le chef de police qui a réagi en espionnant un journaliste», a-t-il rappelé.

Et à propos de la relation de confiance entre le maire Coderre et son chef de police?

«Elle est totale», a répondu le maire, mercredi, lors d'une mêlée de presse.

- Avec Katia Gagnon, La Presse




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