Voirie: la Ville n'arrive pas à prendre le dessus

Les centaines de millions engloutis et les dizaines de chantiers qui font... (Photo archives La Presse)

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Les centaines de millions engloutis et les dizaines de chantiers qui font pester les automobilistes n'y changent rien: Montréal n'arrive pas à freiner la détérioration de sa voirie.

Cet aveu est celui d'un directeur de la Ville, Marc Blanchet, lors de l'étude du budget 2014, qui a eu lieu hier à l'hôtel de ville. Cette année, on prévoit dépenser 150 millions pour la réfection et la reconstruction de quelque 80 km de chaussée. C'est trop peu, a convenu le directeur du Service des infrastructures, du transport et de l'environnement, qui évalue que la seule réfection demanderait 250 millions chaque année pendant cinq ans.

«Non, ce n'est pas suffisant. On travaille pour l'augmentation du fonds de voirie. C'est un défi budgétaire pour toute la Ville, mais les budgets actuels ne peuvent même pas stopper la dégradation.»

«Toutes les options» sont sur la table pour régler ce problème, a-t-il précisé. L'an dernier, on a réussi à refaire 60 km de chaussée, réalisant environ 65% des projets planifiés. Les retards dus au processus de certification de l'Autorité des marchés financiers (AMT) ont été responsables à eux seuls de 14% des travaux non réalisés.

Aider les arrondissements

Un des problèmes soulevés par un membre de la Commission des finances, le vice-président Peter Trent, est particulièrement délicat. L'entretien des structures relève des arrondissements, qui n'ont pas l'expertise et le budget pour des ouvrages particulièrement complexes comme les ponts et viaducs. Or, à défaut d'entretien, la reconstruction peut s'avérer incontournable, et elle est alors payée par la ville centre.

«Si on néglige l'entretien, on devra payer plus en reconstruction, a rappelé M. Blanchet. C'est démontré qu'à long terme, ça coûte plus cher. Il faut trouver un mécanisme pour permettre aux arrondissements d'entretenir leurs structures.»

Pour la première fois à la Ville, s'est vanté Lionel Perez, conseiller responsable des infrastructures au comité exécutif, la planification des travaux en 2014 est déjà terminée. Même celle pour 2015 est «presque complétée». Outre la voirie, on s'affairera à moderniser 165 feux de circulation et on installera 50 nouveaux feux numériques pour piétons. On prévoit aménager 35 km de pistes cyclables et lancer la phase 1 de la première véloroute de l'île de Montréal. Enfin, le projet de réaménagement du boulevard Cavendish sera relancé, avec l'adoption du concept final et l'amorce des plans et devis.

Conscient de l'incapacité de la Ville à réaliser tous ses projets, le directeur a notamment annoncé qu'on allait «surprogrammer» les projets «pour arriver à un taux de réalisation le plus proche de 100%».

Les révélations à la commission Charbonneau ont profondément modifié certaines méthodes en ce qui concerne les travaux de voirie.

La surveillance des chantiers a notamment été considérablement augmentée, passant d'un surveillant pour dix chantiers à un pour deux. L'estimation des coûts a connu une véritable révolution, selon le directeur Marc Blanchet, surtout en ce qui concerne les grands projets. Essentiellement, au moment des appels d'offres, on confie à des économistes en construction le mandat d'évaluer le coût du projet. Cette estimation est gardée secrète jusqu'au moment de l'ouverture des soumissions. Cette méthode a surtout été utilisée pour de grands projets, avec des économies substantielles.

«Est-ce qu'on étend ça partout? Ce serait coûteux, a indiqué M. Blanchet. C'est une expertise qui est très rare, l'économie de la construction. On est la seule ville qui applique ça, avec Hydro-Québec parmi les grandes organisations.»




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