Terrorisme, énergie et Mike Duffy au menu des chefs fédéraux

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La Presse Canadienne

Alors que s'amorce une semaine qui pourrait s'avérer difficile en raison de la reprise du procès contre le sénateur Mike Duffy, le chef conservateur Stephen Harper a choisi de revenir sur un thème qui lui est cher: la sécurité intérieure.

De passage à Ottawa en matinée, M. Harper a souligné ses intentions de faire adopter des mesures législatives visant à interdire aux Canadiens de voyager dans des régions contrôlées par des groupes jugés terroristes par le gouvernement fédéral, comme l'État islamique.

Un gouvernement conservateur établira des «zones désignées» - des régions du monde que contrôlent des groupes extrémistes comme l'État islamique et où ils recrutent et forment des combattants.

Les conservateurs veulent que les agences de sécurité nationale suivent la trace des Canadiens qui se rendent dans ces régions et les contraignent à revenir au pays, ou dans un pays avec lequel le Canada a un traité d'extradition. Ces Canadiens devront alors prouver qu'ils s'étaient déplacés dans ces secteurs pour des raisons humanitaires ou parce qu'ils couvraient un conflit pour le compte d'un média.

Le chef conservateur a reconnu qu'il pourrait «théoriquement» y avoir des raisons légitimes pour aller dans ces régions, dans «certaines, rares circonstances», notamment pour un diplomate.

«Il n'y a absolument aucun droit dans ce pays de voyager dans une région soumise à la gouvernance de terroristes. Ce n'est pas un droit humain, a-t-il déclaré. Nous n'ignorons pas ici ce que font tous ceux qui se rendent dans une telle région. C'est pour cela qu'il faut pousser cette politique particulière qui est utilisée dans d'autres pays.»

L'Australie interdit à ses citoyens de se rendre dans des régions de la Syrie et de l'Irak. Un contrevenant risque une peine de 10 ans de prison.

Premier à réagir, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a proposé qu'il faudrait avant tout «cesser les ventes d'armes aux régimes où la démocratie est bafouée comme l'Arabie Saoudite et arrêter de jouer avec les nominations au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)».

Les autres adversaires de M. Harper ne se sont pas montrés impressionnés par cette promesse. Si le néo-démocrate Thomas Mulcair ne croit pas que la mesure prônée par les conservateurs puisse combattre efficacement le terrorisme, le libéral Justin Trudeau soutient qu'il s'agit d'une mesure de diversion. «(M. Harper) ne veut pas parler d'économie ou de la faillite de son plan économique. Les Canadiens ont beaucoup de misère à joindre les deux bouts, et lui veut parler d'autre chose», a-t-il dit.

Procès Duffy

Les chefs de trois principaux partis n'ont pu s'empêcher de faire allusion au procès du sénateur Mike Duffy qui reprendra cette semaine.

M. Trudeau s'est fait le plus mordant à ce sujet. Il croit que les témoignages qui seront entendus - dont celui de l'ancien chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright - démontreront «le très mauvais jugement (du chef conservateur) et le fait qu'il continue d'interférer avec les processus démocratiques».

«Il y a bien des gens qui le savent mais la façon d'agir de M. Harper continue de brimer la capacité du gouvernement de gouverner de façon efficace», a-t-il ajouté.

De son côté, M. Mulcair a déploré ce qu'il considère la nouvelle ligne de défense du chef conservateur. «Quand je l'avais interrogé à la Chambre des communes sur le «good to go», il avait répondu que cela était à propos des paiements que devait faire Mike Duffy. On verra si cela tient la route lors du procès. Ce matin (dimanche), il semblait revoir ses propos», a-t-il affirmé.

En matinée, interrogé à ce sujet par les journalistes, M. Harper a semblé se défiler en affirmant qu'il n'avait pas prononcé les trois fameux mots.

«Je l'ai déjà dit à maintes reprises: les faits sont les faits. Je ne savais pas que M. Wright avait versé de l'argent à M. Duffy. Dès que je l'ai su, j'en ai avisé la population et M. Wright a été très franc à ce sujet.»

Développement durable

De passage à Vancouver, M. Mulcair s'est bien défendu, dimanche, de vouloir faire cesser l'exploitation des sables bitumineux comme l'avait laissé entendre une de ses candidates vedettes, Linda McQuaig, lors d'un débat à Toronto, vendredi soir.

Selon M. Mulcair, il est «clair» que son parti appuie le développement des ressources naturelles canadiennes à condition que cela soit fait sur la base du développement durable et en rétablissant un processus d'études environnementales crédible. Il a attaqué à son tour Stephen Harper, affirmant que c'est de la faute du chef conservateur si plusieurs grands projets énergétiques n'avaient pas encore vu le jour au pays. «Il a empiré les choses et le public ne fait plus confiance (aux projets)», a accusé le chef néo-démocrate.

«Nous sommes en faveur de trouver de nouveaux marchés pour nos ressources énergétiques. Nous sommes en faveur d'exploiter (les ressources) mais on doit le faire en vue d'un développement durable. Le développement durable, ce n'est pas un slogan; c'est quelque chose qui doit vraiment devenir la réalité», a-t-il affirmé.

Il a aussi profité de l'occasion pour s'engager de se rendre à Paris cet automne pour participer à la conférence sur le climat et de refaire confiance aux experts scientifiques travaillant pour le gouvernement canadien. Il croit que le Canada devra nécessairement «faire sa part» dans la lutte contre le réchauffement de la planète et atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

M. Trudeau, qui participait à un rassemblement de ses troupes à Ottawa, a pris prétexte de la controverse pour se dire «moins extrême» que ses rivaux.

«Au 21e siècle, on ne peut pas faire un choix entre ce qui est bon pour l'économie et ce qui est bon pour l'environnement; il faut faire les deux ensemble, a affirmé le chef libéral. M. Harper, en ne faisant rien pour l'environnement pendant dix ans, a fait mal à l'économie et M. Mulcair ne comprend pas à quel point le développement est important.»

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