Magnotta était très connecté à la réalité, plaide la Couronne

Me Louis Bouthillier, procureur de la Couronne.... (PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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Me Louis Bouthillier, procureur de la Couronne.

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Procès Magnotta

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

Luka Rocco Magnotta n'est pas le malade qu'il prétend être. Il avait planifié le meurtre d'un être humain depuis au moins six mois, et quand il l'a eu accompli, il a fait preuve d'un grand sens de l'organisation pour effacer ses traces.

« Il était très connecté à la réalité », a fait valoir le procureur de la Couronne Louis Bouthillier, hier, en passant en revue la preuve étalée devant le jury, au procès de M. Magnotta. Me Bouthillier a notamment rappelé au jury le courriel envoyé à un quotidien britannique en décembre 2011, quelque six mois avant le meurtre, qui annonçait déjà le crime, selon lui.

Selon le procureur, Lin Jun était la victime parfaite pour Magnotta, car il n'avait pas de famille à Montréal. Il était la victime que Magnotta attendait depuis le 18 mai, alors qu'il avait commencé son film avec un autre individu qu'il avait attiré chez lui.

C'est le fameux Colombien qui apparaît inconscient et ligoté, au début du film One Lunatic One Ice-Pik, que Magnotta avait mis en ligne. Magnotta le chevauchait et approchait la scie rotative de son cou. Cet incident est survenu six jours avant le meurtre de Lin Jun, en mai 2012.

Lors de sa plaidoirie, Me Bouthillier a rappelé que, du moment où Lin Jun a pénétré dans l'immeuble de M. Magnotta avec ce dernier, le soir du 24 mai 2012, au moment où Magnotta en est ressorti seul, à 2 h 06, avec la casquette de Lin Jun sur la tête, il s'est écoulé trois heures. C'est dans cet intervalle que Lin Jun a été tué.

Après le meurtre

Après, Magnotta a fait 16 voyages au sous-sol, pour y jeter des sacs et des choses qu'il s'efforçait parfois de camoufler dans les grosses poubelles communes de son immeuble. Il a vidé son appartement, fait du ménage, s'est procuré une valise dans laquelle il a mis le tronc, avant de la jeter aux ordures. Auparavant, il avait pris soin de percer la valise et de la barbouiller avec de la peinture en aérosol qu'il s'était procurée le matin du 25 mai.

Magnotta a aussi jeté son ordinateur portable et sa caméra, où les policiers ont trouvé le film non édité du démembrement de Lin Jun, ainsi que des images montrant le Colombien. Me Bouthillier a aussi exploré la fuite de Magnotta en Europe et les efforts qu'il avait faits pour brouiller sa piste.

Pour Me Bouthillier, toutes ces précautions ne peuvent être le fait d'un homme qui ne sait pas distinguer le bien du mal. Ce n'est que dans les jours suivant son arrestation, le 4 juin 2012, à Berlin, que M. Magnotta a commencé à feindre la maladie mentale, a fait valoir le procureur. « Pour se tirer d'affaire », a-t-il dit.

Le procureur a demandé aux jurés de condamner Magnotta pour meurtre prémédité et pour quatre autres chefs d'accusation relativement à l'assassinat et au démembrement de Lin Jun.

Rappelons que M. Magnotta est accusé du meurtre prémédité de Lin Jun, d'outrage à son cadavre, de fabrication de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer ce matériel et de harcèlement du premier ministre Stephen Harper et de parlementaires.

L'accusé, originaire de Scarborough, en Ontario, reconnaît être l'auteur de ces crimes, mais son avocat tente d'obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de maladie mentale. M. Magnotta s'est prévalu de son droit au silence et n'a pas témoigné au procès. Il a aussi refusé de rencontrer l'expert de la poursuite.

Le procès a été ajourné au lundi matin, le juge Guy Cournoyer ayant indiqué avoir besoin de plus de temps pour préparer sa dernière déclaration aux jurés.

Douze des 14 jurés qui ont assisté aux procédures seront ensuite isolés jusqu'à ce qu'ils s'entendent sur un verdict unanime pour chacun des cinq chefs d'accusation.

- Avec La Presse Canadienne

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