Commission Ménard: la loi spéciale a amplifié la violence, selon le SPVM

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«J'ai vraiment senti le ton changer après l'adoption du projet de loi 78», a expliqué le commandant du Service de police de la Ville de Montréal, Alain Simoneau.

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

(Montréal) La loi spéciale qui encadrait le mouvement de grève étudiant et les manifestations à Montréal, adoptée le 18 mai 2012 par l'ancien gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest, a fait gonfler le nombre de citoyens qui participaient aux marches nocturnes, où les scènes de violence se sont multiplées.

C'est ce qu'a expliqué le commandant du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Alain Simoneau, devant la Commission d'examen sur le printemps étudiant. C'est lui qui a été la voix des policiers dans plus de la moitié des manifestations, alors qu'il parlait à la foule à l'aide du camion muni de haut-parleurs. 

«J'ai vraiment senti le ton changer après l'adoption du projet de loi 78. Il y avait beaucoup plus de monde dans les manifestations. Le camion-flûte a été pris à partie par les manifestants. Les soirs qui ont suivi ont terminé dans de grands débordements, alors que des feux ont été allumés dans les rues», a expliqué M. Simoneau au commissaire Serge Ménard.

«Il ne faudrait pas généraliser avec les abus de langage. S'il y en a eu, c'était assez unique et c'était dû à des facteurs humains. (...) Avoir un langage abusif ne cadre pas dans mes valeurs ni dans celles du service de police.»

- Alain Simoneau, porte-parole du SPVM

Au début du mouvement de grève, le SPVM encadrait les manifestations sans intervenir, a expliqué le commandant Simoneau. C'est lorsque les marches nocturnes ont débutées, ayant comme point de départ le parc Émilie-Gamelin, situé près de l'Université du Québec à Montréal, que l'ambiance s'est dégradée. «Nous avons commencé à appliquer le règlement municipal P-6 après la grande manifestation du 22 mars. On demandait aux gens de respecter le sens de la circulation, de ne pas commettre de vandalisme et de ne pas poser d'actes criminels», a expliqué M. Simoneau.

Même si les organisateurs des manifestations ne divulguaient pas leurs itinéraires aux forces policières, les marches étaient tolérées jusqu'à ce que des actes criminels soient commis. Lorsque l'ambiance devenait trop tendue, M. Simoneau donnait l'ordre aux gens de se disperser, à l'aide de son camion-flûte. Un message était aussi diffusé sur le compte Twitter du SPVM.

Questionné par le commissaire Serge Ménard pourquoi des personnes âgées, handicapées et des enfants ont été pris dans des souricières, M. Simoneau a répondu que ceux qui restaient après l'ordre de se disperser connaissaient les techniques d'intervention du SPVM. 

Mais au-delà de la violence, 95% des manifestations se sont déroulées paisiblement, a-t-il ajouté. 

«La très forte majorité des manifestations où j'ai été impliqué se passait bien et il n'y avait pas d'arrestations. (...) Il fallait être sur le terrain pour voir qu'il y avait quand même quelque chose de cordial qui se passait entre les manifestants et les policiers», a conclu M. Simoneau.




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