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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Après un printemps de mobilisation tous azimuts contre le gouvernement Charest,... (Illustration: La Presse)

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Illustration: La Presse

 

Marco Fortier
La Presse

Après un printemps de mobilisation tous azimuts contre le gouvernement Charest, le mouvement étudiant prépare une guerre de tranchées contre le Parti libéral du Québec (PLQ) aux élections qui s'annoncent pour septembre.

> En graphique: des circonscriptions chaudement disputées

Les associations étudiantes mettent tout en oeuvre pour «faire sortir le vote» de protestation contre le gouvernement libéral. Les étudiants sont convaincus que le vote des jeunes peut faire une différence dans une douzaine de circonscriptions, dont celle de Sherbrooke, représentée par le premier ministre Jean Charest depuis 1998.

«Les étudiants ont été mobilisés durant tout le printemps contre la hausse des droits de scolarité. Notre priorité est maintenant de s'assurer qu'ils iront voter», dit Yanick Grégoire, vice-président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui représente 125 000 membres.

Pour la bataille des urnes, les associations étudiantes ont un arsenal comparable à celui des partis politiques. Elles ont ciblé 11 circonscriptions où les résultats ont été serrés aux élections de décembre 2008 et comptent en relever une quinzaine d'autres d'ici au déclenchement prévu de la campagne électorale, au début du mois d'août.

Les circonscriptions des ministres Pierre Moreau (Châteauguay) et Robert Dutil (Beauce-Sud), remportées par moins de 600 voix, se trouvent notamment dans la ligne de mire des étudiants.

Jean Charest a gagné dans Sherbrooke par une majorité plus confortable de 2314 voix, mais la présence de 45 000 étudiants (dont 12 000 qui étaient en grève au printemps dernier), répartis dans deux collèges et une université, risque de donner lieu à une bataille serrée, selon les associations étudiantes.

Les organisateurs étudiants ont analysé le vote du dernier scrutin «quartier par quartier, rue par rue», en se basant sur les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), explique Yanick Grégoire, de la FEUQ. Les étudiants prendront tous les moyens pour inciter les électeurs qu'ils auront ciblés à aller voter: appels téléphoniques, courriels, distribution de tracts, stands d'information dans les cégeps et universités au moment de la rentrée scolaire, messages sur les réseaux sociaux.

Les associations étudiantes n'appuient aucun parti et laissent leurs membres voter pour les candidats de leur choix. Mais en se mobilisant pour «faire sortir le vote», la cible est clairement le gouvernement Charest.

«Les étudiants ont compris durant le printemps qu'ils ont le pouvoir de faire bouger les choses. On s'est mobilisés pour les droits de scolarité, on peut aller voter», dit Éliane Roberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui regroupe 80 000 élèves.

Les associations étudiantes se donnent comme premier défi d'inciter leurs membres à s'inscrire comme électeurs à leur lieu de résidence durant l'année scolaire, et non chez leurs parents. Plusieurs étudiants omettent d'aller voter, traditionnellement, parce qu'ils sont inscrits au DGEQ dans la circonscription de leurs parents, et non à l'endroit où ils étudient.

Les électeurs de 18 à 24 ans sont ceux qui ont le moins voté aux dernières élections, indique une étude de la chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval. Selon ce rapport, commandé par le DGEQ, à peine 41,2% des 18 à 24 ans ont voté en décembre 2008. Les électeurs de 65 ans et plus ont été les plus enthousiastes (à 74%) à se rendre aux urnes. Le taux de participation aux élections de 2008 a atteint un plancher historique de 57,4%.

Malgré la mobilisation des étudiants, les libéraux de Jean Charest font le pari qu'une majorité d'électeurs sont d'accord avec la hausse des droits de scolarité. Les sondages des derniers mois ont aussi démontré que les Québécois appuient la ligne dure du gouvernement envers les manifestants qui ont pris d'assaut les rues de Montréal et d'autres villes durant plusieurs semaines.

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