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Un groupe montréalais veut s'attaquer aux djihadistes sur l'internet

Un groupe de réflexion sur les droits de la personne montréalais souhaite... (Photo Eric Risberg, archives AP)

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Photo Eric Risberg, archives AP

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne

Un groupe de réflexion sur les droits de la personne montréalais souhaite combattre la propagande des groupes djihadistes sur les réseaux sociaux - des plateformes de plus en plus utilisées pour influencer des jeunes de partout au monde.

Kyle Matthews, directeur du Laboratoire sur la prévention des atrocités de masse numérique de l'université Concordia estime que les autorités lèvent le nez sur l'utilisation de ces nouveaux médias par des organisations telles que le groupe armé État islamique.

Pourtant, la présence de ces groupes «génocidaires» sur l'internet fait partie de leur stratégie pour arriver commettre des «atrocités», a affirmé M. Matthews lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

«Nous avons des cas au Canada dans lesquels des individus ont été radicalisés en ligne et ciblés sur les réseaux sociaux, un peu comme pour les prédateurs sexuels, a-t-il illustré.

Récemment, dix jeunes montréalais ont été arrêtés parce que les autorités soupçonnaient qu'ils allaient quitter le pays pour se battre aux côtés de groupes extrémistes. Aucune accusation n'a été déposée contre eux, mais on leur a confisqué leur passeport. Plusieurs autres Québécois perdus de vue par les policiers pourraient déjà avoir rejoint des groupes extrémistes au Moyen-Orient.

Bien que certaines personnes estiment qu'il est nécessaire de fermer complètement les comptes des extrémistes sur les réseaux sociaux, M. Matthews croit qu'il est aussi important de répondre à la propagande et à l'idéologie de ces internautes, puisque le gouvernement n'arrivera jamais à réprimer toutes les sources, selon lui.

«La réaction est si lente (...) Le gouvernement ne peut pas s'en occuper; les bureaucrates ne sont pas créatifs. Ils ne comprennent pas comment les réseaux sociaux fonctionnent», a-t-il expliqué.

Selon lui, des groupes divers devraient s'impliquer, dont des cinéastes, des entreprises spécialisées en nouvelles technologies et des musulmans qui pourraient offrir un contrepoids.

«Ils (les groupes extrémistes) ont toute l'infrastructure des médias sociaux à leur disposition; ils arrivent à le faire dans plusieurs langues et je n'observe pas de réponse équivalente», a-t-il souligné.

Le laboratoire de l'université montréalaise a été instauré cette année. Il fait partie de l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits humains et M. Matthews en est le directeur adjoint. Les résultats de leurs études sur le sujet seront présentés au Global Media Forum du diffuseur Deutsche Welle, en Allemagne au mois de juin.

Il existe peu de ressources pour combattre la propagande extrémiste au Canada, au grand regret de Christianne Boudreau, une femme de Calgary dont le fils de 22 ans a été tué en Syrie alors qu'il avait joint les rangs d'un groupe djihadiste.

Mme Boudreau a participé à la création du projet Extreme Dialogue, qui aide les étudiants à remettre en question ce qu'ils lisent sur la toile.

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