(Héraklion) Sur les plages paradisiaques de Crète et dès leur arrivée à l’aéroport d’Héraklion, les touristes se réjouissent d’un « retour à la vie normale, avant la COVID-19 » : la Grèce a rouvert sa saison touristique vendredi, sous un soleil radieux, levant d’un même élan son confinement de sept mois.

Will VASSILOPOULOS Agence France-Presse

« Nous levons l’ancre », a proclamé le ministre grec du Tourisme Harry Theocharis, en lançant officiellement la saison jeudi soir depuis le temple antique de Poséidon au cap Sounion, près d’Athènes.

« Nous laissons derrière nous les nuages noirs de la peur et de l’insécurité », a-t-il promis, parlant d’« une grande impatience des touristes étrangers » à venir profiter de la chaleur et de la mer turquoise.

« Yes ! Le soleil brille, il fait chaud, la mer, c’est parfait », s’exclame Elke, une touriste allemande en sortant de l’aéroport d’Héraklion, le principal de Crète.

Ici « j’espère oublier ce satané COVID-19 », lance Jil Wirries, un étudiant allemand d’Hanovre, en allant chercher ses bagages. « Je suis tellement heureux d’être là » car « tout est tellement horrible en Allemagne. Sans parler de la météo, tout est fermé et les gens sont déprimés ».

L’aéroport Héraklion attend quinze vols vendredi et 24 autres samedi, majoritairement en provenance d’Allemagne. Au total, quelque 120 vols internationaux sont prévus dans les aéroports de Grèce vendredi et samedi.

TUI, le premier tour opérateur européen, a programmé 120 vols d’ici fin mai en Grèce, dont 4000 voyageurs ce week-end. « La Grèce est vraiment en pole position, le gouvernement grec est le plus avancé d’Europe pour soutenir le tourisme et s’assurer en même temps » de la protection sanitaire des locaux, explique Aage Duenhaupt, directeur de la communication de TUI, en attendant l’atterrissage du premier avion à Héraklion.

« On n’en croit pas nos yeux »

À une cinquantaine de km de la vieille ville de La Canée, des touristes allemands s’extasient déjà devant le lagon paradisiaque de Balos.

« On n’en croit pas nos yeux tellement c’est beau ici », se réjouit Anne-Marie Buhrer, une étudiante de Munich. « Il n’y a pas de stress ici », « on ne peut pas être plus heureux que maintenant ».

« C’est merveilleux d’avoir à nouveau la possibilité de voyager. Ici c’est le retour à la vie normale avant la COVID-19 », ajoute Caroline Falk, une compatriote de 28 ans : « les restaurants sont ouverts, on peut aller à la plage, on peut profiter du beau temps, on peut faire un peu de shopping… »

Et « la Grèce est un pays sans quarantaine », précise son compagnon Benedict Geiven.

Confinée depuis le 7 novembre, la Grèce a levé du jour au lendemain toutes les restrictions de circulation, sur terre comme sur mer, pour le retour des touristes.

Finie l’interdiction de quitter son département, finies les autorisations de sortie par texto, finis les contrôles de police et les amendes.

Partout en Grèce, après les terrasses des restaurants, les musées ont rouvert vendredi.

Seule condition désormais pour voyager : être vacciné ou présenter un test COVID-19 négatif.

Le gouvernement soutient que le dépistage massif combiné à la vaccination permettra de voyager en toute sécurité.

Toutes les îles vaccinées fin juin

En prévision du grand jour, les autorités grecques ont vacciné à tour de bras, les îles en priorité. Un quart de la population a reçu une première dose. « L’ensemble de nos îles seront entièrement protégées d’ici fin juin. Jusqu’ici, un tiers d’entre elles ont été vaccinées », a annoncé le ministre du Tourisme.

« On espère que ce sera une bonne saison et que les gens choisiront notre pays et notre île », s’exclame Alexandros Koukourakis, en déplaçant tables et chaises devant sa taverne de Kissamos près de la Canée.

Le retour des étrangers en Crète, à Mykonos ou à Santorin, entre autres îles, est crucial pour un pays qui tirait près du quart de son revenu du tourisme avant la pandémie.

C’est pour tenter de redresser la barre que la Grèce a fait le pari de rouvrir ses frontières dès mi-avril aux personnes vaccinées et de lancer sa saison touristique avant ses principaux concurrents européens, comme l’Espagne et la France.

Le début de saison souffre d’un premier revers, après la décision du Royaume-Uni de maintenir la quarantaine obligatoire au retour de Grèce.

Or plus de 2000 cas de contamination sont encore enregistrés quotidiennement en Grèce, la plupart à Athènes, et les hôpitaux demeurent sous tension.