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Paris passe à l'heure d'été avec les défilés de prêt-à-porter

La première journée parisienne est dédiée aux jeunes... (Photo PATRICK KOVARIK, AFP)

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La première journée parisienne est dédiée aux jeunes talents, parmi lesquels Christine Phung, dont c'est la troisième collection.

Photo PATRICK KOVARIK, AFP

Anne Laure MONDESERT
Agence France-Presse
PARIS

Vestiaire aux tons volcaniques pour Christine Phung, contraste de transparence et de rigidité chez Léa Peckre: les deux jeunes créatrices françaises ont livré leur vision d'une femme intrépide et déterminée, mardi au premier jour de la Semaine de la mode parisienne.

Vestiaire aux tons volcaniques pour Christine Phung, contraste... (Photo PATRICK KOVARIK, AFP) - image 1.0

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Vestiaire aux tons volcaniques pour Christine Phung, contraste... (Photo PATRICK KOVARIK, AFP) - image 1.1

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Photo PATRICK KOVARIK, AFP

Après New York, Londres, Milan, Paris accueille pour les collections printemps-été 2015 quelque 94 défilés sur neuf jours.

La première journée, consacrée aux jeunes créateurs, voit défiler deux nouvelles marques, venues du Japon et des États-Unis.

Parmi les premiers à présenter leur collection, Christine Phung a proposé une silhouette à la fois facile à porter et élégante, pour une femme qu'elle a imaginée sportive et sans peur... au-dessus d'un volcan.

La lave en fusion, d'un orange éclatant, colore les jupes fluides, les sourcils et les branches des lunettes.

Sur un chemisier ou une robe longue, un imprimé à pois, qui décline les tons de la roche, fait irruption au milieu d'ensembles unis.

La jeune femme, qui a travaillé pour des marques telles que See By Chloé et Vanessa Bruno, avant de créer sa marque éponyme en 2011, a été récompensée en 2013 par le prix de l'Andam (Association nationale pour le développement des arts de la mode) pour les Premières collections.

Vestiaire aux tons volcaniques pour Christine... (PHOTO MIGUEL MEDINA, AFP) - image 2.0

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PHOTO MIGUEL MEDINA, AFP

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PHOTO MIGUEL MEDINA, AFP

«Une femme qui sait ce qu'elle veut»

Autre jeune créatrice, Léa Peckre joue sur les contrastes des matières, lourdes, souples et transparentes, dans une collection qui fait une large place au denim. Les mannequins ont les cheveux plaqués, la raie au milieu, et des socquettes.

La jeune femme a fait ses armes chez Jean Paul Gaultier et Isabel Marant avant de lancer sa marque en 2012.

Cette fois, explique-t-elle en coulisses, «je me suis amusée à cacher le corps, mais à le faire apparaître de temps en temps avec des volets et des volants qui laissent apparaître une jambe tout en subtilité».

«J'ai décomposé un T-shirt d'homme, comme s'il était divisé en plusieurs panneaux, qui grâce au mouvement ouvrent certaines parties», décrit la créatrice, qui a voulu une femme «forte, qui sait ce qu'elle veut».

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Les prouesses techniques du Japonais Anrealage

Des vêtements photosensibles, qui changent de couleur pendant le défilé: le créateur japonais Kunihiko Moriniga a fait une démonstration technologique impressionnante mardi, lors du premier défilé parisien de sa marque Anrealage.

Sur le thème de l'ombre, le Tokyoïte trentenaire a conçu une collection en noir et blanc, dont les modèles mêlent jeux de découpages, perles, clous, broderies, ou se réduisent à la simplicité d'une robe en coton immaculée.

Les mannequins, aux cils invisibles, ont en guise de coiffure un moule en latex blanc qui évoque une chevelure de Playmobil. Ces femmes quelque peu irréelles marchent sur des chaussures à talons dont l'ombre s'est matérialisée en une deuxième semelle noire.

Tout à coup, deux d'entre elles, entièrement de blanc vêtues, se dirigent vers le centre du podium, entourées par des projecteurs d'ultra-violets. Les secondes s'écoulent, l'impression agit: les mains des mannequins, qu'elles avaient plaquées sur la robe, ont laissé une empreinte blanche sur un vêtement rendu gris par cette exposition.

Cette teinture par procédé photochromique n'est toutefois qu'éphémère puisque le vêtement retrouve sa couleur initiale en deux minutes.

Le créateur, qui jusqu'alors défilait à Tokyo, avait déjà utilisé cette technique lors de collections antérieures. «Je changeais mes vêtements en rouge, en rose, en bleu. Là, je voulais créer une couleur de l'ombre», explique à l'AFP le jeune homme par l'intermédiaire d'une traductrice.

Kunihiko Morinaga, qui a lancé en 2003 sa marque Anrealage -contraction des mots anglais «a real, unreal, age»-, était ému aux larmes à l'issue du défilé. Le défilé s'est déroulé à l'école des Beaux-Arts, sous les yeux de nombreux Japonais, dont une jeune femme portant kimono traditionnel et cils télescopiques.

C'est dans le décor de la Tour Montparnasse que la marque de streetwear américaine Hood By Air, lancée en 2007, fera quant à elle ses premiers pas.

À sa tête, le créateur Shayne Oliver, 26 ans, qui a grandi dans les Caraïbes, puis à New York, et  combine culture jeune et luxe.

Au total, quelque 5000 visiteurs (acheteurs, journalistes, photographes, blogueurs) assisteront pendant ces neuf jours à ce tourbillon de défilés du calendrier officiel, auxquels s'ajoutent divers événements, présentations, showrooms, et soirées.

La Fashion Week parisienne sera par ailleurs marquée samedi par la dernière collection prêt-à-porter, après 38 ans de défilés, de Jean Paul Gaultier, qui a créé la surprise en annonçant le 15 septembre qu'il se concentrait désormais sur la haute couture et les parfums.

Si le défilé s'annonce festif, à l'image du créateur iconoclaste et anticonformiste, la perspective de ce départ attriste la créatrice Corrie Nielsen, qui a présenté mardi une collection inspirée des années 1960.

«Sa carrière est incroyable. Il a été une énorme inspiration pour moi», a-t-elle confié en coulisses à l'AFP.




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