Un dernier coup d'oeil aux finitions et il enfile le bustier en forme d'armure de samouraï sur la robe kimono: 15 kilos de chocolat et beaucoup d'ingéniosité pour une robe «haute texture» qui défilera bientôt au Salon du chocolat à Paris, portée par un vrai mannequin.

Publié le 29 oct. 2012
Sandra LACUT AGENCE FRANCE-PRESSE

«Chaque pression des doigts compte car je risque de la faire fondre», explique Frédéric Cassel, maître-chocolatier venu du nord de la France qui a élu domicile à Fontainebleau près de Paris, et se prépare pour le concours de robes en chocolat qui inaugure chaque année le salon parisien, qui aura lieu du 31 octobre au 4 novembre.

C'est Audrey Lempeseur, 20 ans, élève en troisième année d'école de mode et de design MJM Graphic Design qui a conçu le vêtement, s'inspirant du Japon où M. Cassel possède trois boutiques à Tokyo et Kyodo.

«Nous voulions exprimer la tradition japonaise, les cerisiers et leurs fleurs au vent d'où l'idée des manches», ajoute-t-il.

La robe en chocolat est un kimono aux longues manches recouvertes de fleurs en chocolat sur lequel se noue une jupe en trois parties et un bustier-armure aux épaules mobiles très étudié qu'un mannequin devra enfiler sans casser le jour J, «quelques minutes seulement avant de défiler en raison de la chaleur des projecteurs qui risquerait de faire fondre l'ensemble», souligne M. Cassel.

Un mois de préparation

Un mois de préparation leur a été nécessaire pour parvenir à ce résultat, qui sera conservé au frais et retouché jusqu'au dernier moment avec «des bombes de froid» alimentaires.

Derrière les strates chocolatées, recouvertes de pastilles de chocolat blanc, au lait et noir, que Frédéric Cassel vient de «glacer» et de peindre avec de la poudre d'or multicolore, se cache une structure en grillage à poule, plastique et papier mâché dont Audrey a le secret.

Afin de «chocolater» l'ensemble, Frédéric Cassel a conçu les savants mélanges et dosages de couverture chocolat maison (cacao des Caraïbes et de Madagascar avec une «pointe d'Afrique) et sirops qui ont permis l'assemblage artistique.

«Tout se mange ou presque. Cette pâte de cacao dont j'ai recouvert l'armure et la robe offre une certaine adhérence qui permet de coller, avec du chocolat fondu dont on remplit un cornet en papier, les 300 pastilles ovales», explique l'artisan.

La touche finale, du chocolat fondu à 60 degrés incorporé à du beurre de cacao et redescendu à 35/38 degrés, est projeté à l'aide d'un pistolet afin de donner à l'ensemble un fini laqué.

En 2011, Frédéric Cassel avait réalisé «une énorme religieuse, trop lourde (30 kg) à porter pour le mannequin», reconnaît-il, et auparavant «une robe bonzaï», couverte d'ornements végétaux dont il s'est inspiré dans ses créations chocolatières.

Au total, une vingtaine de robes en chocolat, inspirées de tous les continents et créées par des chocolatiers de renom seront présentées.

La robe kimono de Frédéric et Audrey partira ensuite pour le Japon.