Après avoir consolidé sa place parmi les 25 meilleurs joueurs au monde en 2020, Félix Auger-Aliassime invoque la patience avant de pouvoir atteindre le palier suivant.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

« Personne ne fait de magie ici », a prévenu le tennisman de 20 ans lors d’une visioconférence pour faire le bilan de sa saison, lundi matin.

Il n’y a pas une recette ou une personne que tu vas ajouter qui va t’amener automatiquement au top-10. C’est une régularité dans le travail, dans ce que tu amènes quand tu es en compétition, dans la qualité de ce que tu produis chaque match. C’est de trouver un moyen, petit à petit, de gratter ces places-là. C’est une habitude. C’est quelque chose qui prend du temps.

Félix Auger-Aliassime 

Après son ascension météorique en 2019, où il est passé des 100 aux 20 meilleurs au monde en quelques mois, Auger-Aliassime visait plus de constance pour cette année, ce qui, espérait-il, le rapprocherait du top-10 et d’un premier titre dans l’ATP.

Au bout du compte, il s’est maintenu au même niveau, conservant la 21e place au classement qu’il détenait en début d’année, une donnée à laquelle il accorde peu d’importance compte tenu de la longue pause et des mesures pour protéger la position des joueurs. Il a encore atteint trois finales, sans pouvoir enlever les honneurs.

Victoire en double à Paris-Bercy

À sa grande surprise, il a cependant remporté un premier titre en double avec le jeune Polonais Hubert Hurkacz, au Masters 1000 de Paris-Bercy, le 8 novembre.

« Les choses se sont passées plus vite que je l’espérais ou le pensais l’année dernière, a-t-il rappelé. Il faut que je reste réaliste par rapport à la difficulté de la tâche. C’est très positif de se mettre des exigences assez élevées, mais ça prend quand même du temps. Je continue à travailler dans la bonne direction et quand je vais le mériter, quand ce sera le moment, je passerai à la prochaine étape. »

Son fait saillant ? Sa finale en Rotterdam en février, où il s’est incliné devant le Français Gaël Monfils après avoir fait tomber Grigor Dimitrov et Pablo Carreno Busta. Sa participation à la deuxième semaine sous bulle aux Internationaux des États-Unis — défaite au quatrième tour contre le futur vainqueur Dominic Thiem — l’a également réjoui.

« Ce sont des choses positives au niveau de mes résultats. Le plus important pour moi est aussi mon évolution au niveau de mon niveau de jeu, de ma personne, de ma maturité et de l’approche que j’ai par rapport à ma carrière en général. Il y a une évolution positive cette année, malgré tous les défis auxquels j’ai fait face et auxquels nous avons tous fait face ensemble. »

Sur le plan technique, Auger-Aliassime estime avoir fait les plus grands gains au service, de même que dans la « qualité générale » de ses coups. Il note également une progression dans sa touche au filet, qu’il attribue à sa participation aux tournois en double.

« J’ai vu de grandes améliorations dans mon jeu au filet et c’est cette direction que je veux prendre [dans l’avenir]. C’est de cette façon que je veux attaquer les joueurs et les joueurs avec de la puissance. »

Départ de Guillaume Marx

Auger-Aliassiame a commenté pour la première fois sa séparation avec son entraîneur de longue date, Guillaume Marx, « devenu vraiment un membre de la famille ».

Ce ne sont jamais des décisions et des moments faciles, mais je pense aussi qu’il ne faut pas mélanger le côté personnel et affectif et le côté professionnel. J’y ai longtemps réfléchi et j’ai senti à la fin de l’année que c’était le moment. Je sentais que notre collaboration avait peut-être atteint sa limite. Il était le temps pour moi d’aller chercher de nouveaux conseils, d’être mis à nouveau au défi pour justement aller à la prochaine étape.

Félix Auger-Aliassime 

Si Frédéric Fontang demeure son coach principal, le Québécois a confirmé être à la recherche d’un « mentor ou un conseiller » pour compléter son équipe. Profil du candidat recherché : une personne qui a de « l’expérience du très haut niveau, qui a soit accompagné des joueurs qui ont gagné des grands chelems ou qui a lui-même déjà gagné des grands chelems ».

S’exprimant de la résidence familiale de Montréal, où il observe une quarantaine, Auger-Aliassiame a évoqué sa fierté d’avoir réussi à s’adapter aux aléas de cette année hors de l’ordinaire, se considérant « privilégié » d’avoir pu exercer son métier.

« J’étais engagé jusqu’à la fin de l’année malgré les difficultés qu’on vivait, les différentes conditions, le fait de faire des bulles, de ne pas pouvoir être avec ma famille, les différents voyages avec tous les tests. J’ai fait au mieux malgré tout et je peux en être satisfait. »

Comme l’absence ou presque de public, « qui nous manque énormément », le seul joueur de 20 ans dans le top 30 mondial a souffert de l’isolement par rapport à sa famille et ses proches, un manque auquel il compte remédier l’an prochain.

« Je planifie être un peu plus accompagné sur les tournois. C’est difficile pour mes parents de venir ou pour mes proches de voyager. On veut s’organiser pour que même quand je serai dans une bulle ou entre les tournois, je puisse me ressourcer en famille. »

Avec l’incertitude entourant le début des Internationaux d’Australie et de ses tournois préparatoires, en janvier, Auger-Aliassime se concentre sur sa remise en forme. Sa seule (quasi-) certitude pour le moment est qu’il s’envolera pour Majorque à la mi-décembre pour un stage à l’Académie Rafa Nadal.

Félix Auger-Aliassime en 2020

Fiche : 23-19 (10-10 depuis la reprise, le 24 août)

3 finales ATP (Rotterdam, Marseille, Cologne)

4e tour aux Internationaux des États-Unis

1 titre en double avec Hubert Hurkacz au Masters 1000 de Paris

Classement ATP : 21e (sommet 18e)