(New York) Avant que ne commencent les Internationaux de tennis des États-Unis, Patrick Mouratoglou avait prédit que Bianca Andreescu se qualifierait pour la finale du simple féminin. Il a vu juste.

Stephanie Myles
La Presse canadienne

L’entraîneur de Serena Wiliams est également confiant de voir l’étoile montante du tennis canadien devenir numéro 1 au monde, un jour. Il pourrait bien avoir raison, là aussi.

Mais en prévision de samedi, lorsque Williams croisera le fer avec Andreescu lors du match ultime, il est d’avis que la détentrice de 23 titres de tournois du Grand Chelem, dont il guide les destinées depuis 2012, sera la favorite.

« Je ne suis pas surpris qu’elle soit rendue là. Je m’attendais à la voir en finale et je pense qu’elle sera numéro 1 mondiale dans le futur, parce qu’elle a tout ce dont elle a besoin pour devenir numéro un. Beaucoup de respect pour elle », a déclaré Mouratoglou, quelque 24 heures avant le choc entre l’Américaine de 37 ans et la Canadienne de 19 ans.

« Elle a beaucoup d’outils dans son jeu. Elle a un arsenal complet, a également analysé Moratoglou. L’aspect physique, le côté athlétique et le caractère. Elle semble incroyablement confiante. Elle a l’impression qu’elle est à sa place. C’est ce qu’elle dégage. »

PHOTO DANIELLE PARHIZKARAN, USA TODAY SPORTS

Bianca Andreescu

Sylvain Bruneau, l’entraîneur d’Andreescu, est d’avis que sa protégée devra jouer un match presque parfait samedi.

« Elle devra tout bien faire. Bien servir. Bien recevoir. Bien jouer de la ligne de fond, garder la balle en profondeur et faire déplacer Serena », a précisé Bruneau.

« Varier le rythme. Jouer un match complet. Il faudra une grande performance, c’est clair », a-t-il ajouté.

La différence d’âge entre les deux joueuses est de 18 ans et 263 jours. C’est le plus grand écart entre deux finalistes à un tournoi du Grand Chelem depuis l’ère professionnelle, qui a commencé il y a 50 ans.

Williams a remporté son premier titre des Internationaux des États-Unis en 1999, à l’âge de 17 ans, presque neuf mois avant la naissance d’Andreescu. Sa fiche à Flushing Meadows est de 101-12.

De l’autre côté, Andreescu affiche un dossier de 6-0. Elle en est à sa première présence dans le tableau principal du dernier tournoi majeur de la saison.

Fait à noter, cependant, la Canadienne présente une fiche de 7-0 contre des rivales du top-10 en 2019. Williams se trouve à l’intérieur de ce groupe, au huitième échelon.

Si Williams triomphe, elle passera au sixième rang du classement mondial. Si Andreescu l’emporte, elle grimpera jusqu’au cinquième rang, à moins de 50 points de la quatrième position, qui appartiendra à la Japonaise Naomi Osaka, la championne de 2018.

Si la Canadienne baisse pavillon, elle se fera néanmoins une place dans le top-10, au neuvième rang.

« Nous essayons de nous concentrer sur la routine quotidienne, sur ce que nous faisons depuis le début du tournoi. Je suis content qu’elle ait eu la chance d’affronter Serena à Toronto, même si ce ne fut que pour quatre jeux », a fait remarquer Bruneau en parlant de la finale de la Coupe Rogers, lors de laquelle Williams s’est retirée alors qu’elle accusait un recul de 1-3 à cause d’une blessure au dos.

« L’expérience de se préparer pour ça — c’était à Toronto et donc pas une expérience identique aux Internationaux des États-Unis, mais bien plus significative qu’un tournoi régulier de la WTA — avait certaines similitudes », a ajouté Bruneau.

Mouratoglou considère qu’il est beaucoup trop tôt dans la carrière d’Andreescu pour la comparer à Williams. Il a néanmoins loué ses qualités de compétitrice.

« Les meilleurs joueurs au monde sont les meilleurs compétiteurs. Donc, si Andreescu est à ce niveau en ce moment, et à 19 ans, elle est dans une finale du Grand Chelem, c’est parce qu’elle est une grande compétitrice », a-t-il affirmé.

« Nous verrons ce qu’elle fera durant sa carrière. Mais vous n’avez qu’à regarder ses confrontations directes contre le top-10, et constater qu’elle n’a jamais perdu contre une joueuse du top-10. Elle n’a pas besoin — et d’autres ont ce besoin — de se rassurer qu’elle peut le faire pour ensuite pouvoir le faire. Elle le fait, tout simplement. C’est un signe d’une personne qui, en plus d’être une grande compétitrice, possède beaucoup de confiance en ses moyens aussi », a énuméré Mouratoglou.

De son côté, Bruneau essaie d’employer la même routine. Mais bien sûr, il n’y a rien de routinier lorsqu’il est question d’une finale d’un tournoi du Grand Chelem.

« Ce n’est pas un match comme les autres, mais on va essayer de prétendre que ce n’est qu’un autre match. C’est sûr que de l’autre côté, elle fera face à une légende, mais ça ne devrait pas changer les aspects sur lesquels elle a le contrôle. Je pense que ce sera le message. Mon but pour elle demain, c’est qu’elle soit libérée sur le court, qu’elle joue selon son style, qu’elle y va le tout pour le tout, et nous verrons ce qui arrivera. »