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Wimbledon: Federer bat Nadal et rejoint Djokovic en finale

Cyril Touaux
Agence France-Presse
Londres

Onze ans après leur finale mémorable, Roger Federer a pris sa revanche vendredi sur Rafael Nadal: à bientôt 38 ans, le Suisse s'est qualifié vendredi pour la 12e fois en finale de Wimbledon où il retrouvera Novak Djokovic pour un autre classique.

Federer, qui a pris sa revanche sur Nadal un mois après sa défaite en demi-finale à Roland-Garros, peut rêver d'un neuvième sacre à Londres, synonyme d'un 21e titre du Grand Chelem.

La revanche de Federer

Onze ans après leur chef-d'oeuvre en finale sur le Central de Wimbledon, un match à jamais dans l'histoire, les retrouvailles sur gazon entre Roger Federer et Rafael Nadal, ces deux légendes, ont tenu toutes leurs promesses. Les deux s'étaient déjà croisés à Paris il y a un mois: mais leur demi-finale, largement remportée par Nadal sur terre battue et gâchée par le vent, n'avait pas atteint ces sommets.

Dans les deux cas, Federer avait perdu. Cette fois, il a gagné, et de quelle manière! Hormis le 2e set quasiment abandonné de façon assez étrange par le Suisse d'ailleurs, qui n'a marqué que 3 points après s'être retrouvé à 15-40 un jeu partout sur le service de Nadal, l'octuple vainqueur sur le gazon londonien a illuminé la partie. Son revers, sa vitesse de jeu et son service ont déréglé l'Espagnol qui semblait n'avoir jamais été aussi à l'aise sur le gazon depuis le début du tournoi. Mais sans doute pressé par le jeu rapide de Federer, il a commis trop de fautes inhabituelles.

«Si j'ai très bien joué tout au long du tournoi et qu'aujourd'hui je n'ai pas été capable de jouer aussi bien, il y a toujours une raison. Probablement parce qu'il faisait beaucoup de choses bien», a résumé Nadal.

Après une belle résistance en fin de match, sauvant quatre balles de match, il a fini par céder 7-6 (3), 1-6, 6-3, 6-4.

«C'est toujours spécial de jouer contre "Rafa". J'ai eu des bons moments, quand j'ai bien servi. Les points importants ont été pour moi. Prendre le premier set, c'était énorme. Prendre les devants c'était très important», a analysé Federer.

Comme à chaque fois que les deux jouent l'un contre l'autre, ce duel, le 40e, restera dans l'histoire. Comme la suite. Car Roger, désormais le plus vieux depuis l'Australien Ken Rosewall (finaliste des Internationaux des États-Unis en 1974 à 39 ans) à disputer une finale de Grand Chelem, retrouve le 3e membre du «Big 3» pour la 3e fois en finale de Wimbledon (il avait perdu en 2014 et 2015).  

Djokovic au rendez-vous

Le numéro 1 mondial aura atteint ce stade lui sans battre le moindre top 20 dans la quinzaine, une voie bien dégagée mais dont la dernière étape n'a pas été si tranquille.  

Face à Roberto Bautista Agut (22e), qui l'avait battu deux fois cette année sur le circuit à Doha et à Miami, Djokovic a dû cravacher un peu plus que d'habitude. Si l'Espagnol a mis un set avant de se chauffer, il a empoché la deuxième manche, ce qui n'a pas plu du tout à «Djoko». L'orgueil du Serbe lui a servi de moteur, et la rencontre est montée d'un cran en intensité. La preuve? Ce rallye de 45 coups entre les deux joueurs au 3e set, l'échange le plus long jamais enregistré depuis 2005 sur le gazon londonien. Mais à ce jeu là, «Djoko» est trop fort (6-2, 4-6, 6-3, 6-2).

L'Espagnol, qui était censé être à Ibiza pour son enterrement de vie de garçon, a assuré qu'il irait probablement dès samedi. «Je crois que je mérite des vacances», a-t-il dit. Il regardera peut-être la finale dimanche, le retour d'un classique dans le tennis qui s'est fait très rare ces dernières années.  

Les routes de Djokovic et Federer ne se sont croisées que deux fois depuis quatre ans, en demi-finale en 2016 aux Internationaux d'Australie de Melbourne et en finale de Cincinnati en 2018. Deux matchs, deux victoires pour Djokovic. IIs ne se sont plus affrontés en finale d'un Grand Chelem depuis les Internationaux des États-Unis en 2015. Là encore, le Serbe avait gagné.  

«Novak a été impérial encore. Il est solide comme un roc. J'espère pouvoir le pousser à bout et le battre, mais il n'est pas numéro 1 mondial pour rien. C'est enthousiasmant de le jouer», a assuré Federer.




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