La journée de travail d'Aleksandra Wozniak à Indian Wells n'aura même pas duré une heure.

Stéphanie Morin LA PRESSE

La Québécoise n'a pas tenu le coup contre la dixième mondiale et septième tête de série, la Polonaise Agnieszka Radwanska. Elle s'est inclinée rapidement en 59 minutes, en deux sets de 6-1 et 6-4.

Vingt-cinquième favorite du tournoi, la joueuse de Blainville s'est tirée dans le pied avec une performance pénible au service et un nombre effarants d'erreurs non provoquées. Sur ses neufs jeux au service, elle n'en a gagné que trois... Pire, elle a commis dix doubles fautes, souvent dans des moments cruciaux.

«Le service a été difficile, surtout à cause de mon épaule, explique Wozniak au bout du fil. C'est une vieille blessure que j'ai traîné en 2007 et 2008 et qui est réapparue après les matchs de la Coupe Fédération. J'ai travaillé fort pour la renforcer, mais il faut que je continue.»

Le premier set s'est bouclé en 24 petites minutes. Wozniak n'avait pas encore sué une goutte sous les palmiers californiens qu'elle tirait de l'arrière 0-4 et avait 13 erreurs non provoquées au compteur. Le match s'annonçait comme un véritable massacre.

La Québécoise est sortie quelque peu de sa torpeur en fin de set et est passé à deux points de briser Radwanska. Sauf que Wozniak a laissé filer sa chance et le set s'est terminé sur des statistiques désastreuses : 38% de premières balles de service réussies, 19 erreurs non provoquées, cinq doubles fautes. Comment espérer l'emporter avec un jeu pareil?

«Je n'étais pas assez agressive, estime-t-elle. J'attendais trop les balles, je n'avançais pas dans mes frappes. J'aurais pu être plus agressive. Elle n'envoyait pas des balles lourdes; elle frappait avec un peu de variation, c'est tout.»

Sur le court 2, la Québécoise est restée stoïque, malgré les erreurs qui s'accumulaient. Les coups de gueule et les raquettes cassées, ce n'est pas son genre. N'empêche, il a dû y avoir un déclic dans son cerveau: elle a commencé le second set de façon beaucoup plus agressive. Dès le premier jeu, elle a brisé le service de son adversaire.

Seulement, les choses se sont gâtées dès qu'elle s'est retrouvée au service. À 40-30, elle avait une chance en or de se donner une avance de 2-0, mais un amorti du revers (l'arme de prédilection de Radwanska lundi), suivi d'une double faute ont freiné son élan. Dans le temps de le dire, elle perdait 4-1.

Wozniak s'est accrochée en fin de set, réussissant enfin à bousculer la Polonaise. La Québécoise s'est tout à coup mise à jouer le tennis qu'on attend d'une joueuse du Top 30 : des coups agressifs, profonds, variés... «J'ai fini par trouver mon rythme, mais il était trop tard. Le match était presque terminé.»

À 4-5, elle s'est amenée au service avec le vent dans les voiles. On la sentait capable de renverser la vapeur. Elle a sorti un as (le seul du match)... qu'elle a bousillé le coup suivant avec une double faute, sa (fatale) dixième. La feuille de statistiques a de quoi faire peur: 45% de premières balles réussies, 41 erreurs non provoquées.

Lundi, le filet semblait trop haut et le terrain trop étroit pour les balles erratiques de la Québécoise.

Wozniak, elle, ne s'inquiète pas trop. «Je n'avais pas fait de compétition depuis cinq semaines et à mon premier match, j'étais très agressive. Mais aujourd'hui, (Radwanska) a été meilleure. Je vais continuer de m'entraîner ici avant de voler vers Miami. Je devrais aussi être parmi les favorites là-bas, ce qui me donnera une semaine pour récupérer.»