Oui, la tenue du match amical contre l’Iran suscitait un malaise au sein des joueurs de la sélection canadienne.

Publié le 27 mai
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

La rencontre, qui devait se tenir le 5 juin prochain à Vancouver, a été annulée jeudi par l’Association canadienne de soccer (ACS).

L’organisation de ce match avait été critiquée notamment par le premier ministre Justin Trudeau. « Ce n’est pas une très bonne idée », avait-il lancé à ce sujet. Rappelons que l’Iran avait envoyé un missile sol-air sur le vol 752 d’Ukraine International Airlines quelques instants après son décollage, le 8 janvier 2020. Parmi les 176 victimes se trouvaient 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents.

« Les joueurs avaient des doutes », a révélé Samuel Piette, vendredi, en marge de la présentation du nouveau logo du CF Montréal. « Des craintes. On les a mentionnées à l’ACS. »

« On n’a pas dit qu’on ne voulait absolument pas jouer », ajoute-t-il. Il parle plutôt d’inquiétudes sur le plan d’une potentielle « mauvaise publicité ».

Piette et ses coéquipiers se demandaient notamment si « l’appui allait être là ». « Est-ce qu’il allait y avoir des manifestations si on jouait le match ? »

D’un côté, je comprends qu’avec ce qui s’est passé, ça peut paraître mal que le Canada joue contre l’Iran, pour ces raisons politiques. Mais d’un autre côté, c’est du sport. Est-ce qu’on doit toujours ramener la politique dans ce domaine-là ?

Samuel Piette

Il nuance lui-même son propos en relevant la sortie de Steve Kerr cette semaine, après la plus récente tuerie au Texas.

« C’était très bien de sa part, parce qu’évidemment, c’était super important. Mais nous, c’est un match amical. L’Iran est à la Coupe du monde. Si l’Iran était dans notre groupe, on ne les aurait pas affrontés ? »

L'Iran dénonce une décision « politique »

Téhéran a dénoncé vendredi une décision « politique » à l’origine de l’annulation du match amical entre l’Iran et le Canada. Le chef adjoint du pouvoir judiciaire iranien, Kazem Gharibabadi a regretté dans un tweet vendredi que « le soi-disant pays de la liberté » ne puisse pas « garder la politique » hors du terrain.

Récemment, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait déclaré que le match « n’était pas une très bonne idée ». Peu après l’annonce de l’annulation de la rencontre, Mohammad Jamaat, responsable médias de l’équipe iranienne, a déclaré à la télévision locale que Téhéran allait « déposer plainte auprès de la FIFA » contre cette décision.

La Presse Canadienne