(Montréal) Au moment où Kevin Gilmore s’apprête à s’asseoir dans l’un des fauteuils de son spacieux bureau du stade Saputo pour le début de l’entrevue, une cloche retentit une vingtaine de pieds plus loin.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Il se redresse en s’excusant, sort de son bureau en souriant et, en tapant des mains, va rejoindre le reste des employés présents.

On pouvait imaginer que quelque chose de positif s’était produit, et c’était bien le cas : l’Impact de Montréal venait de vendre un abonnement saisonnier. Un autre.

« Ça se passe comme ça chaque fois que nous vendons un abonnement », confie le président de l’Impact.

Il n’y a aucun doute possible : l’effet Thierry Henry perdurait, environ un mois après l’annonce de son embauche au poste d’entraîneur-chef à la mi-novembre.

Un peu comme celle de Didier Drogba en 2015, l’arrivée du légendaire footballeur français a braqué tous les projecteurs de la scène sportive montréalaise vers l’Impact. Avec comme différence, cette fois-ci, que ce n’était pas juillet et que la saison du Canadien de Montréal battait son plein.

Les amateurs ont réagi comme s’il était le sauveur d’une organisation qui ne cesse de faire du sur-place depuis trois ans. Plusieurs ont même tenu à se rendre à l’aéroport Pierre-Trudeau pour lui souhaiter la bienvenue.

Au moins un membre de l’équipe a par ailleurs été pris de court par la nomination.

« Honnêtement, ça m’a fait un choc », a reconnu le gardien Evan Bush lors d’une entrevue à La Presse canadienne début décembre.

« C’est un choix qui est sensé. Il a évolué dans la ligue, il la comprend. Il va être à l’aise avec la culture qui prévaut ici. Du point de vue de la publicité que ça procure à l’équipe, c’est une nomination qui se justifie », estime Bush.

« Et il arrive ici avec des choses à prouver. Je pense que ses difficultés à Monaco ont été bien documentées. Mais vous ne pouvez pas définir une personne à partir d’une situation unique », prend-il aussi la peine d’aviser.

Partisan d’Arsenal lorsqu’il était jeune, Bush a maintes fois savouré les exploits de Henry et sait très bien tout ce qu’il représente dans les sphères du soccer.

« Je pense qu’il est l’un des premiers joueurs de sa génération à prôner une certaine assurance (swagger) sur le terrain. Il se classe certainement parmi les meilleurs joueurs. Ce n’est pas quelque chose que je dis à la légère. Je l’ai souvent vu à l’œuvre et c’était beau de le voir faire des choses avec tant d’aisance, de se déplacer sur le terrain avec autant de grâce. »

Une marque internationale

Charmé par ses premières rencontres avec Henry, « un homme chaleureux, doté d’une présence, d’une confiance en lui mais d’aucune arrogance », qualifie-t-il, Gilmore est persuadé que son arrivée viendra élargir le rayonnement de l’Impact.

« Du point de vue marketing, ça nous aide. Il n’y a aucun doute là-dessus. La cloche sonne encore, dit-il en faisant allusion à la pratique liée à chaque vente d’abonnements.

« L’arrivée de Thierry nous aide parce que là, on n’est pas juste une marque régionale, même pas une marque provinciale, on est une marque globale, internationale. Les gens vont parler de cette équipe à travers le monde cette année », affirme Gilmore.

« Il s’agit aussi d’une décision sportive, renchérit-il. Quand Olivier (Renard, le directeur sportif) est arrivé, j’avais dit que c’est important d’établir le genre de club qu’on est. Un club qui va être excitant à regarder, un club qui va compétitionner pour les séries, un club qui va compétitionner pour un championnat. Pour moi, c’est ça l’embauche de Thierry. »

Par ailleurs, avec l’entrée en scène de Renard et de Henry, Gilmore considère avoir rempli l’un de ses objectifs : la mise en place d’une structure sportive qui correspond à une vision claire.

« Pour la première fois dans l’histoire de ce club-là, nous avons un directeur sportif que nous sommes allés chercher qui a de l’expérience dans un autre marché, qui a beaucoup d’expérience dans un créneau qui est de plus en plus important pour nous, celui d’identifier de bons jeunes joueurs, de les encadrer où ils peuvent avoir du succès », souligne Gilmore.

« Et on le marie avec un jeune en Vassili Cremanzidis, qui connaît tout, tout, tout de la ligue. C’est presque un mariage parfait du point de vue sportif car ça amène l’expérience de la MLS, la connaissance des clubs, de la ligue avec quelqu’un qui a de l’expérience à l’international et qui a bâti des clubs gagnants. »