Charles Hamelin et Samuel Girard ont été parmi les nombreuses victimes d'une finale chaotique du 1500 mètres, samedi aux Jeux de PyeongChang, alors que les deux patineurs de vitesse courte piste canadiens se sont retrouvés dans une finale à neuf, du jamais vu aux Olympiques.

LA PRESSE CANADIENNE

Bien qu'ils aient tenté de prendre le contrôle de la course, ils ont éventuellement glissé en fond de peloton. Girard s'est contenté du quatrième rang, tandis que Hamelin a échoué en neuvième place à la suite d'une pénalité.

« C'est quand j'ai essayé de protéger ma troisième place derrière les deux Coréens, a expliqué Hamelin au sujet de sa pénalité. Il y a un patineur qui a essayé de me doubler par l'extérieur et un autre par l'intérieur. J'étais coincé entre les deux. J'ai perdu l'équilibre et je me suis ramassé en arrière du peloton. Avec six tours à faire et six gars à dépasser pour monter sur le podium, ce n'était pas évident. »

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Le Sud-Coréen Hyojun Lim a procuré à son pays la première médaille d'or à ces Jeux à la suite de sa victoire avec un record olympique de deux minutes 10,485 secondes (2:10,485).

Le Néerlandais Sjinkie Knegt s'est classé deuxième, devant l'athlète olympique de Russie Semen Elistratov.

Hamelin, de Sainte-Julie, n'a donc pas été en mesure de défendre son titre olympique acquis lors des Jeux de Sotchi, en 2014. Il devra patienter avant d'ajouter une cinquième médaille à sa récolte et d'égaler la marque canadienne de Marc Gagnon et François-Louis Tremblay en patinage courte piste. Il est également à deux médailles de rejoindre Cindy Klassen et Clara Hughes en tant qu'athlètes canadiens les plus décorés de l'histoire des JO.

« Quand on regarde sur les distances individuelles chez les garçons, il n'y a presque pas de gars qui ont réussi à défendre leur titre [ le Sud-Coréen Kim Ki-Hoon est le seul au 1000 m, en 1992 et 1994, NDLR]. Ça prouve que le courte piste change beaucoup en quatre ans », a rappelé Hamelin, qui est âgé de 33 ans et qui en est à ses derniers Jeux.

« Si je peux être fier d'une chose, c'est d'avoir participé à trois finales sur quatre JO au 1500 m. C'est là que je vais tirer mon positif du jour, même si j'aurais bien sûr aimé un meilleur résultat. »

Hamelin et Girard ont passé les cinq premiers des 14 tours en tête de la course avant de voir Elistratov les doubler. Lim et son compatriote sud-coréen Daeheon Hwang ont suivi deux tours plus tard avant que les contacts et les revirements de situation ne commencent à s'enchaîner.

Hwang, qui avait récolté deux médailles d'or et deux autres d'argent au 1500 m lors des quatre arrêts de la Coupe du monde l'automne dernier, a terminé la course dans le mur. Son patin a semblé se coincer dans une fissure et il a ensuite atteint le Français Thibaut Fauconnet au visage avant de glisser.

Lim, Knegt et Elistratov ont été les seuls à survivre au derby et Girard a simplement manqué de carburant pour les rattraper.

Les yeux pétillants de Girard et Dion

Si Hamelin en est à son dernier tour de piste à PyeongChang, tout est encore nouveau pour Girard. Le patineur de 21 ans de Ferland-et-Boilleau était ravi de son expérience, même s'il a terminé à moins d'une demi-seconde du podium.

« On retient souvent la médaille, mais ce que je retiens c'est l'expérience, a-t-il dit. L'expérience de vivre les Jeux. Je suis vraiment content de ce que j'ai fait. 

« La sensation de patiner sur la glace, l'ambiance, le fait d'être aux Jeux, tout est 10 fois plus gros. C'est extraordinaire et je suis content de l'avoir vécu. »

L'autre patineur canadien en lice au 1500 m était le Montréalais Pascal Dion, qui en est aussi à ses premiers jeux. Il a terminé troisième de la finale B. « Je suis arrivé ici sans objectif précis, a expliqué Dion, qui est âgé de 23 ans. D'avoir fait une demi-finale et la finale B, je ne pouvais pas demander mieux. 

« L'ambiance était folle. Il y a aux Pays-Bas que c'est presque aussi fou, mais c'était vraiment unique. J'ai été chanceux de courir contre des Coréens, car la foule était vraiment bruyante. C'était vraiment super ! »

Dion, Girard et Hamelin reprendront le collier mardi, lors de la présentation des préliminaires au relais 5000 m. Girard, Hamelin et Charle Cournoyer, de Boucherville, participeront aussi aux préliminaires du 1000 m.

Boutin et St-Gelais survolent la glace

Les patineuses de vitesse courte piste canadiennes ont brisé la glace, samedi, aux Jeux olympiques de PyeongChang, où les Sud-Coréennes ont confirmé leurs intentions lors d'une course folle au relais 3000 mètres.

Marianne St-Gelais, Kasandra Bradette - toutes deux de Saint-Félicien - Kim Boutin, de Sherbrooke, et Jamie MacDonald, de Fort St. James, en Colombie-Britannique, ont terminé la course en deuxième place, en quatre minutes 7,627 secondes (4:07,627), permettant à l'équipe de franchir les préliminaires.

St-Gelais et Boutin ont aussi atteint l'étape suivante au 500 m, tandis que MacDonald a été éliminée.

C'est toutefois la première vague des préliminaires du relais féminin qui a enflammé les passions des spectateurs, après que la Sud-Coréenne Yubin Lee eut chuté bêtement à l'arrière du peloton dans les premiers tours de la course.

Appuyées par une foule bruyante et enthousiaste, les Sud-Coréennes ont ouvert la machine et ont tout de même remporté la course, fracassant même temporairement un record olympique avec un temps de 4:06,387.

Les favorites locales n'ont eu besoin que d'une dizaine de tours pour revenir s'attacher à l'arrière du peloton et elles ont ravi la tête aux Canadiennes avec huit tours à faire.

« On savait qu'elles s'en venaient. On entendait la foule et on les voyait lorsqu'on attendait nos échanges », a raconté Bradette.

« On a fait ce qu'on avait à faire. On a évité les ennuis en arrière et on a joué avec nos tracés, ce qui nous a avantagées en début de course. À la fin, les Coréennes ont démontré leur grande force. Ce sera intéressant en finale. »

Dans l'autre vague préliminaire, la Chine s'est imposée en 4:05,315, ravissant la marque olympique établie quelques minutes plus tôt par les Sud-Coréennes. L'Italie a obtenu l'autre place en grande finale, qui aura lieu le 20 février.

Boutin et St-Gelais chassent la nervosité

Du côté du 500 m, Boutin et St-Gelais ont facilement franchi l'étape, dominant leur vague respective d'un bout à l'autre.

MacDonald n'a pas eu autant de succès, elle qui a chuté après un contact avec la Chinoise Yutong Han en plus d'être pénalisée.

Autant Boutin que St-Gelais n'étaient pas pleinement satisfaites de leur performance. Toutefois, elles étaient toutes deux contentes d'avoir chassé la nervosité, même si Boutin en est à sa première expérience olympique et St-Gelais, à sa troisième.

« J'étais assez nerveuse, je tremblais sur la ligne de départ, a raconté Boutin, qui est âgée de 23 ans. Après, j'étais prête à foncer. Ç'a n'a pas été ma meilleure course, mais j'étais solide au niveau technique. »

« Je me suis sentie précieuse dans la course, mais j'ai cassé la glace de belle façon, a pour sa part affirmé St-Gelais, qui est âgée de 27 ans et qui a trois médailles olympiques d'argent à son palmarès. Je n'avais pas ma meilleure vitesse, on dirait que j'avais peur que la glace lâche. Je me suis concentrée sur l'aspect technique et je me disais que ça irait bien comme ça. »

La Britannique Elise Christie, championne du monde en titre au 1000 et au 1500 m, a passé un message lors des préliminaires, fracassant un record olympique avec un chrono de 42,872 secondes. Elle a même affirmé quelques minutes plus tard qu'elle aurait pu faire encore mieux.

« Elle est très forte et très rapide, mais ça ne me dérange pas du tout, a dit St-Gelais, médaillée d'argent au 500, 1000 et 1500 m aux derniers Mondiaux. Je suis capable de la suivre. »

Les quarts de finale, demi-finales et finales du 500 m seront présentés mardi, au Palais des glaces de Gangneung.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Marianne St-Gelais