Les Canadiens ont remporté un total record de 29 médailles à PyeongChang, héritage des Jeux d'hiver tenus il y a huit ans au pays.

Donna Spencer LA PRESSE CANADIENNE

Le record précédent du Canada était de 26 aux Jeux Vancouver en 2010. Ces Jeux à la maison ont eu des retombées positives sur l'équipe canadienne en 2018.

Quelques vétérans athlètes ont passé plus d'une décennie au sein d'un système sportif réformé avant 2010 pour faire du Canada une puissance en sports d'hiver. Parmi les 110 recrues de l'équipe canadienne sur les 225 athlètes présents, plusieurs ont été inspirées par Vancouver et sont arrivées au sein d'une structure sportive qui leur a ouvert la voie au podium.

Avec 11 médailles d'or, huit d'argent et 10 de bronze, le Canada a terminé au troisième rang au total des médailles et des médailles d'or derrière les 39 de la Norvège (14-14-11) et les 31 de l'Allemagne (14-10-7).

« Nos athlètes ont marqué l'histoire de ces Jeux, a déclaré la présidente du Comité olympique canadien, Tricia Smith. D'un pays à la poursuite des puissances en sports d'hiver, nous sommes maintenant fièrement dans le groupe de tête et en lutte pour le premier rang. Et nous continuerons. »

La Presse canadienne avait prédit une récolte de 29 médailles avec une répartition de neuf d'or, 10 d'argent et 10 de bronze.

L'Allemagne a entrepris ces Jeux comme le pays à battre, mais la Norvège a impressionné dès le début, accumulant les médailles en ski de fond, en biathlon et en ski alpin.

Le Canada a été largement récompensé par des individus ou des équipes de deux. Les équipes de hockey et de curling n'ont en effet pas défendu leurs quatre médailles d'or remportées à Sotchi, en Russie.

La Sherbrookoise Kim Boutin a été désignée pour porter le drapeau, dimanche, à la cérémonie de clôture après avoir gagné une médaille d'argent et deux de bronze en patinage de vitesse courte piste.

Les danseurs sur glace Tessa Virtue et Scott Moir, doubles médaillés d'or, ont ébloui avec leur programme libre pour mettre la touche finale à une carrière exceptionnelle comme champions olympiques.

Le planchiste Sébastian Toutant, les skieurs acrobatiques Mikael Kingsbury, Cassie Sharpe, Kelsey Serwa et Brady Leman et les patineurs de vitesse Ted-Jan Bloemen et Samuel Girard ont aussi mérité l'or olympique.

John Morris et Kaitlyn Lawes ont gagné la première médaille d'or en curling double mixte pour sauver la mise puisque Kevin Koe et Rachel Homan n'ont pas réussi à monter sur le podium.

Justin Kripps et Alexander Kopacz ont goûté l'or en bobsleigh à deux à égalité parfaite avec le duo allemand de Francesco Friedrich et Thorsten Margis. La seule médaille d'or remportée véritablement en équipe est celle du Canada en patinage artistique.

L'équipe de hockey féminin a subi une défaite crève-coeur contre les États-Unis en finale pour hériter de l'argent tandis que les hommes se sont contentés du bronze dans un tournoi privé des joueurs de la LNH.

Alex Gough a gagné la première médaille de l'histoire du Canada en luge individuelle, une médaille de bronze. Elle a également obtenu l'argent en relais par équipes.

Le fondeur Alex Harvey est passé à six secondes de devenir le premier fondeur canadien à monter sur le podium aux Jeux olympiques au 50 km.

Le message du COC pour son équipe 2018 était : « Soyez vertueux, soyez victorieux, soyez olympiques ».

En se faisant la défenseure d'un sport propre, Smith a exhorté le Comité international olympique à ne pas laisser la Russie se tirer d'affaire à la suite du présumé scandale de dopage institutionnalisé de 2014.

Elle ne voulait pas que les Russes, sous un drapeau et des couleurs neutres, puissent défiler avec leur drapeau national lors de la cérémonie de clôture. Le CIO a voté pour ne pas réintégrer l'équipe russe quelques heures seulement avant le grand spectacle final.

La réputation du Canada a toutefois été ternie, samedi, lorsque l'athlète de ski cross Dave Duncan et le directeur de la haute performance Willy Raine ont été arrêtés et finalement libérés pour le vol d'un véhicule et conduite en état d'ébriété plus tôt dans la journée.

Il y a eu une déception de taille à ces Jeux pour le Canada. Le choc a été vécu lorsque les équipes de curling n'ont pu grimper sur le podium pour la première fois depuis le retour du sport aux Jeux d'hiver en 1998.

Chris Del Bosco et India Sherret ont tous deux été impliqués dans de graves accidents en ski cross. Ils ont quitté le parcours en civière avant d'être transportés à l'hôpital.

« C'est quelque chose que vous ne voulez jamais voir, a déclaré Smith. Nous avons l'une des meilleures équipes médicales au monde qui s'en occupent, avec l'objectif qu'ils retrouvent la santé le plus rapidement possible. »

Près de 60 athlètes russes - dont de nombreux médaillés à Sotchi - ont fait appel de la décision du CIO de ne pas les inviter à PyeongChang, mais ils n'ont pas eu gain de cause.

Cela a sans doute facilité la tâche du Canada dans les disciplines de la luge, du bobsleigh et du patinage artistique.

On prétend qu'il faut une décennie et demie pour faire un olympien. Si Vancouver s'est avéré un moment charnière, le Canada continuera à en bénéficier en 2022 et même en 2026.

« Cela a commencé avec Vancouver et la performance de l'équipe canadienne à Vancouver, en tant que pays hôte », a déclaré Anne Merklinger, directrice générale de « À nous le podium ».

« Le système de la haute performance a vraiment été transformé à ce moment-là. »

« À nous le podium » fournit une expertise technique aux fédérations sportives, été comme hiver, olympiques et paralympiques. ANP fait des recommandations de financement, accordant chaque année près de 70 millions de dollars de fonds gouvernementaux à des fédérations dont les athlètes présentent un potentiel futur de médailles.

Les contribuables canadiens sont le plus gros investisseur dans le sport de haut niveau. Le gouvernement fédéral y consacre environ 200 millions par année.