À 29 ans, la kayakiste Andréanne Langlois se qualifie de « grand-mère de l’équipe nationale ». Un rôle qu’elle a accueilli à bras ouverts et dont elle parle avec le sourire pour entamer un cycle olympique au sein d’une formation canadienne renouvelée.

Publié le 20 mai
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La Québécoise est l’une des rares Olympiennes de l’équipe présente à la première Coupe du monde de la saison, à Racice, en Tchéquie.

« Je m’habitue ! Elles (ses coéquipières) sont plus jeunes et font des TikTok. J’essaye de suivre la vague ! » a blagué Langlois en entrevue avec Sportcom, à la veille des qualifications.

« C’est maintenant moi qui prends en charge la clé (de la chambre). Avant, ce n’était pas moi, parce que je risquais de la perdre ! C’est beaucoup de responsabilités pour moi ! En même temps, si à 29 ans, je ne suis pas capable de garder une clé, ça ne va pas bien », poursuit-elle.

À son arrivée avec l’équipe nationale, en 2009, la Trifluvienne d’adoption a eu droit au soutien d’Émilie Fournel et a pu suivre ses traces. C’est le même genre d’impact qu’elle souhaite avoir auprès de ses nouvelles coéquipières.

« Sans elle, je ne serais pas la même athlète ni la personne que je suis aujourd’hui, admet Andréanne Langlois. J’essaye de redonner aux plus jeunes, de leur donner des trucs et des conseils. Je ne suis pas parfaite, mais je veux donner ce que j’ai de positif à la future génération. »

Olympienne des Jeux de Rio et de Tokyo, Andréanne Langlois estime que son expérience peut servir son entourage. Elle parle de ses jeunes acolytes avec fierté et fait tout ce qu’elle peut pour qu’elles connaissent du succès.

Priorité aux études

Les semaines qui suivent les Jeux olympiques sont souvent synonymes de réflexion pour les athlètes. Un objectif de vie a été coché et vient le moment de se remettre au travail pour un nouveau cycle olympique, ou plutôt de tourner la page.

Par le passé, Andréanne Langlois canalisait ses énergies principalement sur le kayak et l’entraînement. Elle affirme avoir réalisé que la vie avait plus à lui offrir et qu’il est important d’avoir différents points d’ancrage. C’est pour cette raison qu’elle s’est concentrée sur ses études en soins infirmiers, au cégep de Trois-Rivières. Une décision qui l’a forcée à passer moins de temps avec le reste de l’équipe nationale.

« Je ne cacherai pas qu’il y a eu des larmes de questionnement à toutes les deux semaines. Je ne savais pas si j’allais être assez vite (aux essais canadiens). Finalement, je suis contente de mes performances. »

Pierre-Luc Poulin a lui aussi axé son emploi du temps sur ses cours à HEC Montréal.

PASCALE TOUPIN, ARCHIVES LA PRESSE

Le kayakiste Pierre-Luc Poulin

« J’ai passé plus de temps avec un crayon dans la main qu’une rame » illustre le kayakiste, qui a voulu s’accorder une pause à son retour du Japon. Il n’y avait toutefois aucun doute à son esprit qu’il serait de retour en vue d’une deuxième participation olympique à Paris.

« Dans la vie, j’ai toujours voulu aller aux Jeux et une fois que c’était derrière moi, je me ramassais à m’entraîner pour des raisons qui m’étaient encore inconnues. J’adore être sur l’eau et j’aime ce que je fais. On bâtit pour la suite et on continue de progresser. »

Dans cette optique, Poulin a apporté quelques changements à sa technique et a raccourci sa rame pour être plus performant en fin de course, ce qu’il considérait comme l’une de ses lacunes. Après plusieurs semaines d’entraînement, la Coupe du monde de Racice aura pour but de mieux situer le quatuor dont il fait partie sur la scène internationale.

« Ça va dicter où on s’en va pour les Championnats du monde. Il faut qu’on soit fiers de se retrouver aux côtés de chaque coéquipier et que ça paraisse. Ç’a toujours été ma philosophie. »

Vendredi, Pierre-Luc Poulin, Laurent Lavigne, Nichoals Matveev et Simon McTavish se sont qualifiés pour la finale A du K4 500 m.

Andréanne Langlois, Natalie Davison, Riley Melanson et Toshka Besharah ont fait de même au volet féminin de la même épreuve.

Poulin, Lavigne et Langlois courseront aussi en K2 500 m.

« La vraie affaire »

Si Langlois et Poulin prévoient se fier sur leur expérience pour guider leur campagne 2022, Alix Plomteux compte en faire le plein tout au long de l’été.

Le canoéiste de Lac-Beauport participe à sa première Coupe du monde cette fin de semaine. Il est aussi toujours éligible aux Championnats du monde des moins de 23 ans et vise une seconde participation aux mondiaux seniors.

« On ne s’en rend pas toujours compte, mais ceux qui progressent vite compétitionnent depuis longtemps, connaissent les bassins et ont coursé dans des situations différentes. C’est important d’avoir de l’expérience et je suis content de lancer la saison en Coupe du monde. »

La préparation n’a pas été de tout repos pour l’athlète de 21 ans. L’entraînement avec l’équipe nationale a été exigeant et il a eu du mal à retrouver son rythme, mais les gains ont cependant été notoires, selon lui.

« La marge d’erreur n’est jamais très grande en canoë. Il y a toujours des choses qu’on peut changer ou améliorer. Le C-2 demande de l’adaptation et de la coordination. »

Alix Plomteux sera sur la ligne de départ de la finale B du C2 500 m samedi, en compagnie de Tyler Laidlaw, avec qui il a remporté les essais nationaux ce printemps. Il prendra également part au C2 500 m mixte avec Sophia Jensen samedi, épreuve à laquelle ils ont été couronnés champions du monde des moins de 23 ans, l’été passé.

Jensen sera aussi à surveiller au C2 500 m et au C1 200 m.