(Séoul) La Corée du Nord a annoncé qu’elle ne participera pas aux Jeux olympiques de Pékin le mois prochain en raison de la pandémie de COVID-19 et des « actions des forces hostiles », une déclaration largement superflue puisque le CIO a déjà interdit le pays des Jeux.

Publié le 7 janvier
Hyung-jin Kim Associated Press

En septembre, le Comité international olympique a suspendu la Corée du Nord jusqu’en 2022 pour avoir refusé d’envoyer une équipe aux Jeux d’été de Tokyo, évoquant la pandémie. Le président du CIO, Thomas Bach, a mentionné à l’époque que les athlètes individuels de Corée du Nord qui se qualifiaient pour concourir à Pékin pouvaient toujours être acceptés. On ignore pour l’instant ce qui en est à ce sujet.

Vendredi, les médias d’État nord-coréens ont déclaré que son comité olympique et son ministère des Sports avaient envoyé une lettre à leurs homologues chinois pour informer officiellement son dernier grand allié et son principal soutien économique qu’il ne pouvait pas être des Jeux olympiques. Les Jeux commencent le 4 février.

« Nous ne pourrons pas participer aux Jeux olympiques en raison des mouvements des forces hostiles et de la pandémie mondiale, indique la lettre, selon l’agence de presse centrale coréenne officielle. Nous soutiendrons pleinement les camarades chinois dans tout leur travail pour organiser un festival olympique splendide et merveilleux. »

La dépêche de la KCNA n’a pas précisé ce que sont les forces hostiles. Mais Cheong Seong-Chang, analyste à l’Institut privé Sejong en Corée du Sud, a précisé qu’ils faisaient probablement référence au CIO, ou aux États-Unis, à la France et à la Grande-Bretagne, qui, selon la Corée du Nord, sont à l’origine de la suspension du CIO.

Plus tard vendredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a déclaré que Pékin comprenait parfaitement la position nord-coréenne.

« Tout au long de la préparation de la Chine pour les Jeux de Pékin, la RPDC nous a apporté un soutien positif. La RPDC a réaffirmé son soutien et sa solidarité à la Chine dans l’organisation de grands Jeux olympiques, le 5 janvier, et nous l’apprécions », a déclaré Wang, en utilisant les initiales du nom officiel de la Corée du Nord.

Malgré la décision du CIO, il y avait encore de l’espoir à Séoul et ailleurs que les Jeux pourraient servir de lieu de réconciliation entre les Corées rivales avec le soutien du CIO. Aux Jeux d’hiver de 2018 à PyeongChang, en Corée du Sud, les athlètes des pays rivaux ont défilé ensemble lors de la cérémonie d’ouverture et ont aligné une seule équipe de hockey féminin.

Ces espoirs ont été anéantis la semaine dernière lorsque le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis de renforcer ses forces armées et de maintenir des restrictions strictes au sujet du virus, mais n’a divulgué aucune nouvelle politique envers Washington et Séoul lors d’une conférence politique. Mercredi, la Corée du Nord a mené ce qu’elle a appelé un test de missile hypersonique lors de son premier test d’armes en deux mois.

« Il n’y a aucune raison pour que Kim Jong-un participe aux Jeux olympiques de Pékin et la pression de la Corée du Sud pour une déclaration politique mettant fin à la guerre de Corée à l’occasion des Jeux olympiques a fait long feu », a confié Cheong.

La Corée du Nord a mis en place l’une des restrictions les plus strictes au monde pour se prémunir de la COVID-19, y compris deux ans de fermeture des frontières. Le pays a ignoré les grands évènements sportifs internationaux, y compris les épreuves de qualification olympique, depuis le début de la pandémie.

La lettre nord-coréenne accusait également les États-Unis et leurs alliés d’essayer d’entraver l’organisation réussie des Jeux.

La lettre fait probablement référence à un boycottage diplomatique des Jeux, dirigé par les États-Unis, pour protester contre le bilan de la Chine en matière des droits de la personne. Dans le cadre du boycottage, les athlètes participeront aux Jeux mais aucune délégation officielle ne sera envoyée à Pékin. La Chine a qualifié l’action américaine de « provocation politique pure et simple ».