Natation artistique Canada a dévoilé le nom des nageuses qui feront partie de l’équipe nationale pour les Jeux olympiques de Tokyo. Du lot de neuf athlètes, on compte cinq Québécoises. L’une d’entre elles, la Drummondvilloise Rosalie Boissonneault, n’a que 17 ans.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Rosalie Boissonneault sera fraîchement majeure – et vaccinée ! – à son arrivée à Tokyo avec l’équipe canadienne de natation artistique.

Celle qui aura eu 18 ans quelques semaines auparavant sera la plus jeune de la formation composée de femmes de 20 à 27 ans. Il s’agit des Québécoises Jacqueline Simoneau, Andrée-Anne Côté, Camille Fiola-Dion et Audrey Joly, ainsi que d’Emily Armstrong, Claudia Holzner et Halle Pratt. Kenzie Priddell sera réserviste.

« C’est vraiment fou ! », lance Boissonneault en entrevue avec La Presse.

Oui, c’est quelque chose. D’autant plus que la native de Drummondville ne s’est jointe au groupe d’entraînement olympique qu’en août dernier. Natation artistique Canada avait alors annoncé que 7 athlètes se greffaient aux 12 membres de l’équipe nationale sénior.

PHOTO FOURNIE PAR ARIANNE BERGERON

L’équipe nationale de natation artistique pour les Jeux de Tokyo. De gauche à droite : Emily Armstrong, Rosalie Boissonneault, Andrée-Anne Côté, Camille Fiola-Dion, Claudia Holzner, Audrey Joly, Halle Pratt, Jacqueline Simoneau et Kenzie Priddell.

« C’était inattendu, se souvient Rosalie Boissonneault. Quand j’ai reçu l’appel, j’étais contente, un peu surprise, mais vraiment excitée. »

Du groupe d’athlètes arrivées en septembre, elle sera la seule à prendre part aux Jeux olympiques. En à peine neuf mois, donc, la jeune nageuse a commencé à s’entraîner à temps plein à l’Institut national du sport (INS), appris à connaître ses nouvelles coéquipières et réussi à obtenir son siège dans l’avion vers Tokyo.

« J’étais vraiment heureuse parce que c’est un de mes rêves depuis que je suis toute petite, d’aller aux Jeux olympiques », souffle-t-elle candidement.

Initialement, son objectif était pourtant de participer aux Jeux… de 2024.

« Plus le temps avançait, plus je voyais qu’il y avait peut-être une chance de faire l’équipe. J’ai commencé à plus nager dans le patron olympique, en alternance. J’étais plus constante dans le patron, alors à un moment donné, je me suis mise à me dire que c’était possible. »

De la région à la grande ville

Rosalie Boissonneault n’avait que 3 ans quand elle a commencé la natation artistique au club Les Nixines, à Drummondville. « Je voulais juste copier ce que ma sœur aînée faisait et j’ai vraiment aimé ça », laisse-t-elle entendre.

C’est sa mère, Karine Fréchette, qui était son entraîneuse.

« Ce n’est pas ma chose préférée, me faire coacher par ma mère, lance en riant la jeune nageuse. J’aime mieux par quelqu’un d’autre. Mais je pense que ça nous a rapprochées. Je ne regrette rien, c’était quand même le fun. »

La famille est déménagée dans la métropole quand Rosalie avait 11 ans. Cette dernière s’est alors jointe au club Montréal Synchro. Dans les dernières années, elle a fait partie de l’équipe nationale des 13-15 ans. Elle était aussi membre de l’équipe du Québec médaillée d’argent aux Jeux du Canada, en 2019.

Aux dires de l’athlète, c’est son acharnement et sa détermination qui lui ont probablement permis de gagner sa place au sein de l’équipe olympique.

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Les Québécoises de l’équipe nationale de natation artistique pour les Jeux de Tokyo (de gauche à droite) : Rosalie Boissonneault, Camille Fiola-Dion, Audrey Joly, Jacqueline Simoneau et Andrée-Anne Côté

« Je travaille vraiment fort, dit-elle. Toutes les corrections qu’on me donne, j’essaie de les appliquer immédiatement. J’aime me corriger vraiment vite parce qu’on dirait que je m’améliore plus rapidement. »

Étant la plus jeune, Boissonneault aura beaucoup à apprendre des nageuses qui l’entoureront. Elle s’est d’ailleurs sentie bien intégrée à l’équipe dès son arrivée.

« C’était un peu stressant au début, mais les filles sont vraiment accueillantes. Tout le monde est vraiment gentil avec moi, essaie de me faire une place pour que je me sente à l’aise. Je sens que mon opinion vaut quelque chose, c’est le fun. »

Je ne suis pas juste le petit bébé, j’ai ma place pour vrai.

Rosalie Boissonneault

C’est quand on lui parle de Jacqueline Simoneau, son idole, que la jeune femme semble s’illuminer au bout du fil.

« Jackie est vraiment bonne, s’exclame-t-elle. C’est impressionnant de la voir nager parce qu’elle a vraiment de belles forces. Elle a vraiment l’air d’une personne toujours positive et déterminée. »

« Au début, c’était un peu spécial. J’étais comme : “Wow, je nage avec Jacqueline Simoneau !” Mais là je suis un peu comme sa petite sœur. Elle me donne tout le temps des conseils, des trucs pour m’améliorer. C’est vraiment le fun de pouvoir apprendre de son expérience. »

Une équipe concentrée sur l’objectif

Rosalie Boissonneault a pris part à sa première épreuve solo sénior le 30 mai, lors de la quatrième étape des Séries mondiales, organisée par le Canada. Elle a obtenu la huitième place.

En équipe, le pays a remporté l’or dans l’épreuve de routine acrobatique. Il s’agissait de la première compétition majeure en équipe de la formation canadienne depuis sa médaille d’or aux Jeux panaméricains de 2019, au Pérou, alors qu’elle s’était qualifiée pour les Jeux olympiques.

À Tokyo, l’objectif sera d’« approcher le plus possible de la médaille de bronze », révèle Rosalie Boissonneault.

On est une équipe qui travaille fort. On a quand même bon espoir de livrer une bonne performance aux Jeux.

Rosalie Boissonneault

Pour les épreuves en duo, ce sont Jacqueline Simoneau et Claudia Holzner qui représenteront le pays. Ces dernières ont, rappelons-le, raflé l’or en duo libre et technique lors de la troisième étape des Séries mondiales, en avril à Budapest.

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Claudia Holzner et Jacqueline Simoneau

Les nageuses canadiennes se sont envolées pour l’Espagne le 28 mai en vue de la Super Finale des Séries mondiales, qui se tiendra à Barcelone du 10 au 13 juin.

« L’équipe est focus. C’est sûr qu’il y a toujours du travail à faire, mais on est sur la bonne voie », soutient Boissonneault.