(Sandwich) Le plateau peu enviable que craignait Lee Westwood est maintenant là.

Steve Douglas Associated Press

Westwood disputera son 88e tournoi majeur en carrière à compter de jeudi sur les allées du Royal St. George’s dans le cadre de l’Omnium britannique, et aucun autre joueur n’a participé à autant de compétitions du genre sans jamais l’emporter.

Difficile à avaler, n’est-ce pas ?

Il semble que non.

« C’est bien, ce record, a-t-il déclaré mercredi. Ça démontre que je suis un bon joueur depuis très, très longtemps. »

On a donc reformulé la question à Westwood, un ex-joueur élite, qui a remporté 27 titres sur les circuits européen et régulier de la PGA, et trois fois numéro 1 européen : comment se sent-on lorsqu’on est le meilleur joueur à n’avoir jamais gagné de tournoi du Grand Chelem en carrière ?

« C’est une autre accolade, a-t-il dit sans hésitation. Ouais, j’adore ça. »

Menteur ? Peut-être. Sarcastique ? C’est certain. Un art qu’il maîtrise depuis belle lurette.

Il peut néanmoins y avoir un fond de vérité dans son affirmation, car l’Anglais âgé de 48 ans a dû faire preuve de résilience et se bâtir une carapace au fil des ans après tant de déceptions à l’un des tournois de golf les plus prestigieux de la planète.

Après tout, il s’est retrouvé dans le top-10 dans un tournoi majeur à 19 reprises et, surtout, il a fini dans le top 3 en neuf occasions — huit d’entre elles se sont produites pendant une période de cinq ans (2008-2013), période pendant laquelle il est devenu no 1 mondial.

Mais Westwood ne baisse pas les bras. Et, ne vous méprenez pas, il fait encore partie des prétendants au titre, même s’il approche de la cinquantaine.

« Je crois que lorsqu’on atteint cet âge, a-t-il commencé par expliquer, alors on ne prend peut-être pas ça aussi sérieusement qu’au départ, et ça devient beaucoup plus facile de jouer au golf quand tu prends ça de cette façon-là : tu dois mettre une petite boule dans un petit trou. »

Cette approche bon-enfant lui semble bénéfique. Il a récemment terminé deuxième lors de deux tournois consécutifs — étant battu chaque fois par un seul coup — à Bay Hill et au Championnat des joueurs de la PGA, en mars.

Westwood, qui se qualifie lui-même « d’ouvrier de la classe moyenne », attribue sa capacité à demeurer parmi les meilleurs de sa discipline — il est présentement 29e au monde — à sa condition physique, son intérêt pour d’autres sports tels que les courses de chevaux et le ski, et sa capacité à prendre du recul. Il s’est aussi marié pour la deuxième fois le mois dernier, à Helen Storey, qui est parfois sa cadette et qui sera responsable de son sac de golf cette semaine au Royal St. George’s.

Il croit cependant que ce qui lui fait défaut, c’est son incapacité à maintenir son niveau d’intensité sur le terrain. Mais Westwood croit que c’est attribuable au fait de vieillir.

« Quand j’ai un bon niveau d’intensité, mon jeu est là, et je suis plus fort mentalement, a expliqué Westwood. Je suis probablement meilleur sur les verts qu’il y a 10 ans. Mon jeu sur les verts est de toute évidence meilleur. Du tertre de départ jusqu’au vert, probablement pas, mais il est encore là. »

Ainsi, il pourrait battre la marque de Jay Haas pour le plus grand nombre de tournois majeurs en carrière sans victoire, ce week-end. À condition, bien sûr, qu’il laisse filer la victoire.

« C’est une loterie, a-t-il évoqué. Les parcours côtiers comme celui-ci sont encore plus comme une loterie, car les conditions de jeu sont imprévisibles. Il ne faut pas suranalyser le parcours. »