(Augusta) Dix-neuf mois après ce dimanche magique à Augusta — et un quart de siècle depuis qu’il a joué pour la première fois au Tournoi des maîtres, comme amateur — Tiger Woods ressemble beaucoup à un golfeur vieillissant, dont les meilleurs jours sont derrière lui.

Paul Newberry
Associated Press

Mais ce parcours sacré a toujours été où il brille le plus, peu importe les problèmes personnels, les blessures ou le temps qu’on ne peut arrêter.

À 44 ans, peut-il rassembler ses forces mythiques une fois de plus ?

« Est-ce que je m’attends à être dans la course ? Oui, a dit Woods, n’hésitant pas le moins du monde.

« Le terrain ne cesse de s’allonger et ça devient un peu plus dur, parce que je ne frappe plus la balle aussi loin. Mais c’est un terrain où la notion de comment l’aborder, où il pardonne et où envoyer ses coups, ça compte. »

Cela a certainement aidé la dernière fois qu’il était ici.

Après avoir lutté contre de sérieuses blessures qui menaçaient sa carrière, Woods a réussi un retour électrisant en ronde finale pour obtenir un cinquième titre au Masters, un 15e titre majeur.

L’ampleur de l’exploit résonne toujours.

« C’est l’une des plus grandes réussites de l’histoire du sport, a déclaré Phil Mickelson, triple champion à Augusta.

« C’était un retour incroyable vu les défis qu’il a eus ces dernières années, ainsi que le courage physique et mental qu’il faut pour s’imposer dans un championnat majeur. »

C’était en avril 2019, près d’un an avant que la pandémie frappe la planète, incluant bien sûr le monde du sport.

Habituellement un rite du printemps, le Masters a été repoussé à novembre, sans spectateurs. Il n’y a pas d’azalées en fleurs, mais plutôt des feuilles qui tombent.

« La situation est sans précédent, a dit Woods. C’est incroyable d’avoir le veston vert et de le partager mais de l’avoir si longtemps, je ne voyais pas les choses comme ça. Je voulais le mériter à nouveau en avril. »

Il a remporté un tournoi depuis son triomphe aux Masters ; c’était sa 82e victoire à la PGA, égalant le record de Sam Snead.

Son meilleur résultat en six tournois, depuis que le golf a débuté sa relance, a été une égalité pour la 37e place au Championnat de la PGA.

Il n’a pas réussi à se qualifier pour le Championnat du circuit. Il a ensuite été écarté du week-end à l’Omnium des États-Unis.

Il arrive à Augusta après une égalité en 72e place au Championnat Zozo au club Sherwood, où il avait souvent bien fait.

Ce n’est pas le niveau que Woods attend de lui-même. Mais, comme c’est souvent le cas pour un grand athlète au crépuscule de sa carrière, il est prompt à repousser toute suggestion que ça ne peut se replacer.

« Je frappais de bons coups de départ mais je peinais pour arriver au vert. Ou je faisais bon contact, mais les roulés n’étaient pas à la hauteur, a concédé Woods. Ou le contraire. Je n’ai pas réuni tous les éléments. »

Woods compose avec un corps fragile ; il se préoccupe surtout de veiller à être à son mieux pour les grands tournois. Et c’est parfaitement compréhensible, à ce stade de sa carrière.

À part briser l’égalité avec Snead, à son radar, il n’y a que deux records de Jack Nicklaus : six consécrations à Augusta, ainsi que 18 championnats majeurs.

Si cela restait hors de portée, il aura toujours le souvenir des câlins de ses enfants après avoir gagné le Tournoi des maîtres, l’an dernier. Ça faisait penser à l’étreinte partagée avec son défunt père après sa première victoire à Augusta, en 1997.

« Je ressens encore des frissons rien qu’en y pensant », a confié Woods.

Sa voix a vacillé un peu. Pour un gars qui expose rarement ses émotions hors du terrain, il était évident à quel point cette journée compte encore pour lui.