Hugo Houle a « beaucoup souffert » pour finir 20e du contre-la-montre aux Championnats du monde, dimanche

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Hugo Houle n’était pas dans un grand jour. Il a dû se « parler » quand il s’est retrouvé « dans le dur ». Malgré tout, il a fini 20e du contre-la-montre des Championnats du monde en Flandres, son meilleur résultat à vie à son sixième départ dans cette discipline chez les élites.

« C’est ma place, c’est là où je me situe », a convenu Houle peu après la fin de l’épreuve remportée de façon spectaculaire par l’Italien Filippo Ganna, dimanche.

« Je pense que ça reflète assez bien mon rang mondial. »

Le nouveau champion national avait été clair avant le début de la course : sa forme n’était pas la même qu’aux Jeux olympiques de Tokyo, où il a surpris avec une 13e place. Le profil tout plat entre Knokke-Heist et Bruges, dans le nord de la Belgique, ne l’avantageait pas non plus. Avec tout ça, il a « beaucoup souffert » sur les longues lignes droites du parcours de 43,3 km.

« Je suis bien parti jusqu’au premier temps intermédiaire (19e à 13,8 km), a-t-il analysé. J’étais vraiment dans l’allure que je m’étais fixée [avant le départ]. Après, j’ai perdu un peu le rythme. Du 20e au 30e kilomètre, je me suis dit : accélère un peu. J’ai un peu perdu ma concentration pendant un petit moment. Je n’étais pas dans ma zone de confort. Même si c’est toujours très dur, on arrive à tolérer la souffrance. J’ai eu besoin de me parler, de me battre pour garder la puissance. »

« C’est clair que j’ai progressé »

Houle, qui aura 30 ans dans une semaine, n’avait jamais fait mieux que 25e au chrono des Championnats du monde, à son premier essai à Richmond en 2015. Trois ans plus tôt, il avait terminé 13e à sa dernière année chez les moins de 23 ans.

Dimanche, il a cédé un peu plus de trois minutes à Ganna, qui a fini fort pour surpasser le favori local Wout van Aert par 5,37 secondes (moyenne de 54,355 km/h). Remco Evenepoel, jeune prodige belge de 21 ans, a complété le podium en devançant de justesse le Danois Kasper Asgreen, gagnant du Tour des Flandres.

Quatrième, le Suisse Stefan Küng a raté la médaille par deux secondes. L’Allemand Tony Martin, quadruple vainqueur de 36 ans, a suivi en sixième place, annonçant sa retraite en descendant de vélo. Le Suisse Stefan Bisseger (7e) et le Britannique Ethan Hayter (8e), âgés de 23 ans, se sont signalés en intégrant le top 10. Le Slovène Tadej Pogačar, vainqueur du Tour de France, a bouclé le top 10.

« Le résultat parle par lui-même, c’est clair que j’ai progressé, s’est félicité Houle. Je me rapproche du noyau de la moyenne des bons coureurs. Après, Ganna, le top 5, on va se dire les vraies affaires : c’est à un autre niveau. Trois minutes à 55 km/h de moyenne, ce n’est pas la même chose que mon 52. Les gars sont un cran au-dessus, surtout sur ce parcours-là, qui avantage les gros rouleurs qui sont puissants. »

Le natif de Sainte-Perpétue ajoute qu’il bénéficie « probablement d’un meilleur matériel que les autres années ». Boyaux, casque, combinaison et positionnement sont toutes des facettes qui l’ont favorisé.

« Ça fait une différence énorme. […] Tu ne peux pas espérer être compétitif si tu n’as pas du bon matériel. »

Houle rentre lundi à Monaco, dans le but de profiter de quatre jours à la maison avant de renouer avec ses coéquipiers canadiens vendredi.

Avec Guillaume Boivin, Antoine Duchesne, Benjamin Perry, Pier-André Côté et Nickolas Zukowsky, il s’alignera à la course sur route des Mondiaux deux jours plus tard. Paris-Roubaix, reprogrammé le 3 octobre, est à son agenda, ce qui représentera sa dernière course sous les couleurs azurées d’Astana-Premier Tech. L’identité de sa nouvelle équipe avec Premier Tech devrait être communiquée d’ici là.

Les Mondiaux en Flandres se poursuivent lundi avec les contre-la-montre féminin élite et junior masculin. La Québécoise Karol-Ann Canuel s’élancera pour le tout dernier chrono de sa carrière. La native d’Amos avait terminé 6e en 2018. Raphaël Parisella et Francis Juneau représenteront le Canada chez les juniors.

« Le temps de passer à autre chose »

Hugo Houle a eu des « échanges de textos » avec Antoine Duchesne depuis leur mésentente aux Championnats canadiens de Saint-Georges, le 11 septembre. Houle avait reproché à son ami d’avoir brisé un accord tacite en accélérant pour condamner son retour en tête de l’échappée avec quelque 80 km à faire. « Il m’a donné son avis, mais ça ne change pas grand-chose sur ce qui a été fait », a-t-il indiqué, questionné à ce sujet dimanche.

« Avec le recul, c’est comme ça, c’est la course, il n’y a pas de problème là. Ce que j’ai dit, je le pense toujours. Il n’y a rien à ajouter. Ce qui est arrivé est arrivé. » Houle avait dit qu’il allait se « souvenir longtemps » de ce qui s’est passé sur le 8e Rang Nord, près de Lac-Etchemin. Cette tension potentielle n’aura pas d’impact sur la tenue de l’équipe canadienne en Belgique, a-t-il cependant assuré. « C’est le temps de passer à autre chose. Je suis un professionnel, ça n’affectera pas notre job. Mais c’est clair que ça m’a déçu. »