Cindy Montambault a toujours su que son parcours pour se rendre jusqu’aux Jeux olympiques serait parsemé d’embûches. Et la dernière année lui a donné raison.

Marc Delbès
La Presse Canadienne

Comme bon nombre d’athlètes, la pandémie de COVID-19 a contraint la spécialiste de vélo de montagne à mettre sa saison 2020 sur pause. En conséquence, elle n’a pas disputé de compétitions sur la scène internationale depuis presque deux ans.

Et c’est sans compter que la Valdorienne d’origine ne peut compter sur le soutien d’une équipe professionnelle pour évoluer sur le circuit de la Coupe du monde, en plus d’avoir le fardeau de ne pas pouvoir vivre de son sport.

Malgré ces défis qui en auraient découragé plus d’une, Montambault garde le cap et vise toujours une participation aux Jeux de Paris en 2024, à défaut de se qualifier pour ceux de l’été prochain à Tokyo.

« Pour les Jeux de Tokyo, le Canada dispose de deux places pour les femmes en vélo de montagne, et deux filles ont déjà obtenu des 3e et 5e places en Coupe du monde. Il faudrait que je fasse mieux que 5e lors des deux prochaines Coupes du monde pour m’assurer une place. C’est un peu irréaliste », avoue l’athlète de 37 ans, dont le meilleur résultat est une 28 place en 2019.

N’empêche qu’elle espère participer aux deux étapes de la Coupe du monde prévues en mai – en Allemagne et en République tchèque – question de montrer qu’elle entend se battre pour décrocher sa place en 2024.

« Je m’entraîne comme j’y vais et on verra en temps et lieu », a-t-elle dit.

Plusieurs défis

Pour se frotter aux meilleures de sa spécialité sur la scène internationale et espérer y faire sa place, Montambault livre un véritable parcours de combattante. C’est elle qui doit penser à tout lors de ses déplacements à l’étranger.

« J’organise ma logistique seule, de l’achat des billets d’avion, à la location de la voiture, en passant par l’hébergement et tout le reste », a-t-elle expliqué.

« Et comme je n’ai pas d’équipe, je dois à chaque course trouver quelqu’un pour me donner ma gourde lors des ravitaillements à chaque tour. Cette personne n’est pas toujours douée en mécanique, alors s’il m’arrive un pépin, il faut se débrouiller », a ajouté Montambault.

À l’occasion, son conjoint, Serge Desrosiers, qui est aussi l’entraîneur de l’équipe du Québec, l’accompagne, ce qui facilite un peu les choses.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, elle doit financer elle-même ses dépenses, contrairement aux athlètes au sein des équipes professionnelles qui touchent un salaire. Elle en est même encore réduite à payer ses vélos, n’ayant pas de commanditaire à ce niveau. Et elle ne bénéficie pas du brevet de Sport Canada, ce qui lui fournirait une aide monétaire précieuse.

Heureusement, celle qui a travaillé dans le secteur minier en Abitibi jusqu’en 2011 est soutenue pas son ancien employeur – Agnico Eagle – et deux autres entreprises de la région.

« Je suis chanceuse de les avoir avec moi. Mais ça ne suffit pas pour couvrir toutes les dépenses. Je dois couper ici et là. Ce sont des détails, mais qui font souvent la différence entre un top 10 en Coupe du monde et un top 20 », explique Montambault, qui évalue le coût d’une saison à 75 000 $.

Massothérapeute depuis 2012, elle travaille d’ailleurs dans le domaine depuis le mois d’octobre pour financer sa prochaine saison.

Alors, où puise-t-elle sa détermination pour poursuivre cette aventure « extrême ».

« Je crois en moi, en mes capacités. Je sais que j’ai beaucoup de potentiel et que je peux réussir d’ici 2024 à percer et à me qualifier pour les Jeux olympiques », a-t-elle assuré.

« J’aime ce que je fais, j’aime tous les aspects de la vie d’athlète, j’aime m’entraîner, j’aime me lever le matin et penser au parcours que j’ai à faire. C’est ce qui me motive », a rappelé la principale intéressée.

Montambault espère que des partenaires disposés à l’aider financièrement se joindront à elle en cours de route. Mais quoi qu’il advienne, Montambault jure que rien n’altérera sa motivation d’être aux Jeux de Paris en 2024.