(Paris) La « reine des classiques » cyclistes est elle aussi victime du coronavirus : l’édition 2020 de Paris-Roubaix, qui devait avoir lieu le 25 octobre, a été annulée par ses organisateurs, vendredi, en raison de la situation sanitaire.

Jean MONTOIS
Agence France-Presse

La grande course des pavés a fait les frais des nouvelles restrictions prises pour freiner l’aggravation de l’épidémie de COVID-19 dans le Nord de la France.

L’annulation est un « crève-cœur pour tout le monde, c’est une course qui est l’identité de ce département, et fait la renommée internationale de Roubaix », a-t-on affirmé à la préfecture du Nord.

« Comme un col du Tour de France, mais sur 100 km »

Mais cette décision s’imposait face à la « réalité sanitaire particulièrement grave dans la Métropole européenne de Lille et à Roubaix en particulier », a-t-on ajouté. Traditionnellement, l’afflux de spectateurs sur le parcours « c’est comme un col du Tour de France, mais sur 100 km ».

L’annonce survient au lendemain du classement de Lille, à partir de samedi, en zone d’alerte maximale par le ministre de la Santé Olivier Véran.

La décision a été prise « à la demande du préfet du Nord et de la région des Hauts-de-France », a expliqué ASO, à la suite de « l’annonce d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, plaçant la métropole européenne de Lille en zone d’alerte maximale ».

« Nous sommes déçus et tristes de devoir renoncer à la “reine des classiques” », a déclaré à l’AFP le directeur du Tour de France Christian Prudhomme, organisateur de Paris-Roubaix. « Mais nous comprenons et acceptons évidemment la décision du préfet. La priorité va à la santé des personnes ».

Natif de Cambrai, Florian Sénéchal, coureur de l’équipe Deceuninck, s’est dit « très déçu » sur Twitter.

Sachant que ça ne va pas freiner l’évolution de l’épidémie, c’est surtout le comportement de la population en général qui est fautif, ce ne sont pas les bars, restaurants, organisateurs d’évènements qui doivent subir les conséquences du manque de civisme…

Florian Sénéchal, 6e de Paris-Roubaix en 2019

Célèbre pour ses secteurs pavés, dont le plus connu est la trouée d’Arenberg, Paris-Roubaix, qui a été créée en 1896, est l’un des cinq « monuments », les plus grandes courses d’un jour hors championnat du monde, de la saison cycliste.

« C’est évidemment une grande déception, mais la situation sanitaire actuelle doit faire primer la raison avant la passion et l’envie de briller sur les pavés du Nord », a réagi dans un communiqué Cédric Vasseur.

Un premier report au printemps

« Paris Roubaix devait être le dernier “monument” de la saison et on s’attendait à une édition historique », a souligné le patron de l’équipe Cofidis.

Au printemps dernier, la 118e édition de la classique avait été reportée du 12 avril au 25 octobre, selon le calendrier mis au point par l’Union cycliste internationale (UCI) pour tenir compte de la pandémie de COVID-19.

La première édition de Paris-Roubaix féminin est également annulée, ont précisé les organisateurs qui ont donné rendez-vous au 11 avril 2021, la date inscrite au calendrier de l’année prochaine.

Des cinq « monuments », trois ont déjà pu avoir lieu (Milan-Sanremo, Tour de Lombardie, Liège-Bastogne-Liège). Le Tour des Flandres, le pendant flamand de Paris-Roubaix qui emprunte également des secteurs pavés, est prévu le 18 octobre avec, pour tête de liste, le champion du monde en titre, le Français Julian Alaphilippe, qui découvrira la course belge.

Si les plus grandes épreuves de la saison, à savoir les « monuments », le championnat du monde, le Giro et, par-dessus tout, le Tour de France, ont pu avoir lieu jusqu’à présent malgré la pandémie, de nombreuses courses ont dû être annulées cette année.  

À ce jour, Paris-Roubaix est la plus prestigieuse des épreuves rayées du programme 2020.

Le 25 octobre, la grande classique était programmée en même temps que la dernière étape du Giro à Milan et la 6e étape de la Vuelta se terminant sur le col pyrénéen du Tourmalet.

Les autorités françaises ont souligné ces derniers jours la dégradation de la situation sanitaire.

Pour Lille et plusieurs autres grandes villes (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne), « un passage en zone d’alerte maximale a été décidé par le président » Emmanuel Macron, selon l’annonce faite jeudi par Olivier Véran.

Ce classement, déjà valable pour Aix-Marseille et Paris, implique des mesures sanitaires renforcées, comme la fermeture d’évènements et établissements recevant du public.