Yannik Morin se souvient lorsque Lauriane Genest s’est présentée à un camp d’identification en 2015. L’athlète qui avait alors 17 ans n’avait que très peu d’expérience en cyclisme sur piste, mais elle avait livré une impressionnante démonstration. Rapidement, l’entraîneur spécialisé en détection de talent a su qu’elle avait le potentiel de réaliser son rêve olympique.

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« J’ai fait des tests sur le vélo et je pense que Yannik m’a prise sous son aile pas mal tout de suite, se souvient-elle. Il m’a invitée à venir à La Taule (son centre d’entraînement) et a fait des tests avec moi dans le gym. C’est là que ça est parti vraiment. »

De Waterloo où il mise sur des installations uniques dans l’est du pays, l’Olympien des Jeux de Salt Lake City en bobsleigh réunit plusieurs athlètes d’excellence de cyclisme sur piste, mais aussi de bobsleigh et de skeleton. Dans son « petit Lake Placid », il leur offre les outils pour qu’ils atteignent l’objectif d’être sélectionnés dans l’équipe nationale ou même d’atteindre les Jeux olympiques dans une nouvelle discipline.

Avant de se déplacer de Lévis pour aller au camp du Centre national de cyclisme de Bromont, Genest avait fait du patinage artistique pendant des années et était membre d’un club de cyclisme sur route. Quelques années plus tard, elle a été officiellement sélectionnée dans l’équipe olympique canadienne des Jeux de Tokyo.

« Je n’ai pas eu d’impression de surprise. Pour moi, après quatre ou cinq mois d’entraînement, je savais que Lauriane irait aux Jeux. Et si ce n’était pas ça qui arrivait, c’était de notre faute », lance Yannik Morin en riant.

Une équation toute simple

Les athlètes qui participent à un camp ou qui font appel à Yannik Morin ont souvent connu une autre carrière sportive et souhaitent se réorienter dans une autre discipline. D’autres proviennent d’un sport où leurs performances stagnaient.

Le préparateur physique multisport garde l’œil ouvert. En temps normal, une initiation au cyclisme sur piste et des tests sur vélo stationnaire sont organisés chaque année, en collaboration avec le centre de Bromont. Un camp de recrutement est aussi tenu pour Bobsleigh Skeleton Québec chaque printemps à Waterloo. Une compétition amicale sur la piste de poussée en septembre peut également faire découvrir des talents.

Yannik Morin explique faire une analyse des athlètes à l’aide d’une simple équation. « Si on a quelqu’un qui est très peu exposé à l’entraînement et qui a de grandes performances, on peut estimer que sa valeur talent est très grande, puisque son facteur entraînement est très faible », explique-t-il.

Dans ces sports dont les résultats sont facilement quantifiables, l’entraîneur explique que les données permettent d’établir de façon tangible une structure pour permettre aux athlètes d’atteindre leurs objectifs. Par exemple, le profil d’obtention d’une médaille d’or permet de comparer leur trajectoire à celles d’ex-champions de leur discipline. Yannik Morin rappelle néanmoins que les chiffres ne font pas foi de tout et que l’entraînement doit tenir compte de plusieurs autres facteurs. Par exemple, il ne cache pas que pour réussir, les athlètes doivent prendre plaisir à s’entraîner.

L’entraîneur imagine découvrir et placer les morceaux un à un afin d’amener ses athlètes vers leur objectif, leur destination.

« La destination, c’est qu’ils réussissent à représenter leur pays et avoir ensuite la chance de participer aux Olympiques », conclut celui pour qui la représentation des athlètes québécois dans les équipes nationales est très importante. D’ailleurs, en plus des JO, Morin a également porté les couleurs du Canada aux Championnats du monde de cyclisme sur piste.

Des installations uniques

L’entraîneur est fier d’offrir à Waterloo une piste de poussée de bobsleigh avec angle de départ, une installation unique dans l’est du pays. De plus, le vélodrome du Centre national de cyclisme de Bromont, en rénovation, sera bientôt couvert. Il s’agit ainsi d’un lieu privilégié pour les athlètes qui visent l’excellence.

Lauriane Genest, qui habite maintenant près du centre national à Milton (où se trouve le Centre national de cyclisme Mattamy), revient chaque année dans la région pour rouler sur la piste de Bromont et garder le contact avec Yannik Morin. L’entraîneur aura assurément joué un rôle important dans sa sélection pour les Jeux olympiques de Tokyo. Elle se souvient qu’il s’agissait pour elle d’une très grande décision à l’époque de quitter la résidence familiale pour déménager dans les Cantons-de-l’Est.

« Yannik savait que c’était gros pour moi et je me souviens qu’il s’assurait que j’allais bien. Il était présent pour moi. Pas juste comme entraîneur, mais comme une personne sur laquelle je pouvais compter. Une chance qu’il était là parce que je pense que je serais peut-être retournée chez nous plus vite », dit-elle en riant.