(Saint-Martin-de-Ré) Disparu depuis plus d’une décennie, l’équivalent féminin du Tour de France doit ressusciter en 2022. Une aubaine pour la seule équipe française labellisée World Tour, la FDJ-Nouvelle Aquitaine, basée à Poitiers, où arrive mercredi la Grande boucle.

Clément VARANGES
Agence France-Presse

« Le Tour de France est la plus grande course du monde. En termes de visibilité, ce serait énorme », juge la PDG de la Française des jeux, Stéphane Pallez, principal partenaire de la première équipe française.

ASO organise déjà la « Course by le Tour », disputée sur une journée, sur un parcours reprenant une partie d’une étape de la Grande boucle. Mais une course à étapes donnerait une exposition autrement plus importante au cyclisme féminin dont l’épreuve la plus notable, le Giro féminin (qui commence vendredi), peine à être connue.

« En tant qu’athlète, bien sûr, je veux un Tour de France », réclame la Britannique Lizzie Deignan, lauréate cette année de la « Course » à Nice.

« Je veux être poussée à mes limites et montrer ce qu’est le sport féminin. Et ça peut être plus qu’une étape bien sûr, soutient la coureuse de la Trek. Je pense, évidemment, qu’il y a de la place pour croître et nous développer et je pense que nous allons dans cette direction ».

Cet équivalent du Tour de France doit voir le jour d’ici deux ans : « Ce serait dans la logique des choses de l’envisager pour 2022 », avait annoncé au printemps le directeur du Tour Christian Prudhomme.

Une échéance depuis confirmée par le président de l’Union cycliste internationale (UCI) David Lappartient lors du départ de la Grande boucle à Nice : « C’était prévu pour 2021, mais le décalage des Jeux olympiques fait que ce sera en 2022. »

Augmentation des salaires

Cette course à étapes, résurrection du Tour de France féminin qui a existé dans les années 1980, devrait se disputer sur une semaine dans la foulée de la Grande boucle masculine.

« Notre engagement a toujours eu pour objet de pousser un Tour féminin et d’autres grandes courses en France », affiche avec satisfaction Stéphane Pallez. Puisque dès cette année, le 25 octobre, les coureuses auront droit à leur déclinaison de la reine des classiques, Paris-Roubaix.

L’équipe soutenue par sa société depuis 2017, FDJ-Nouvelle Aquitaine Futuroscope — pour être complet —, espère y briller.

Il s’agit de la seule formation française parmi les huit présentes à l’échelon WorldTeams. Une catégorie créée en 2020 par l’UCI pour structurer le cyclisme féminin.

La Française des jeux vient d’ailleurs de renouveler son partenariat : « Ça a permis à l’équipe d’obtenir sa licence WorldTeams de la part de l’UCI qui demandait un certain nombre de garanties ».

En effet, la fédération internationale a fixé à compter de 2020 un salaire minimum, 15 000 euros (23 380 dollars canadiens) par an, pour les coureuses évoluant dans les équipes de cette nouvelle catégorie. Ce montant augmentera chaque année jusqu’en 2023 pour atteindre celui en vigueur dans les équipes continentales professionnelles masculines (le 2e échelon chez les hommes), un peu plus de 30 000 euros (46 750 dollars canadiens).

Cette croissance des salaires devrait s’accompagner d’une augmentation des revenus. « Avec l’expertise d’ASO, leur rayonnement et la possibilité de diffusion télé qui est la leur, ce serait fabuleux qu’ils organisent un évènement de cette nature », estime David Lappartient.

Cette année, le cyclisme féminin a été percuté de plein fouet par la pandémie, comme l’illustre le sauvetage de l’équipe Bigla-Katusha par la marque de prêt-à-porter Paule Ka.

Et selon le vainqueur du Tour de France 2012, Bradley Wiggins, le retour d’une Grande boucle au féminin doit se faire au plus vite : « L’impact de la COVID-19 sur le peloton féminin sera bien plus grand que sur celui des hommes. Il faut sans doute quelque chose comme un Tour de France maintenant, parce que les commanditaires viendront. »