Michael Woods est en stage d’entraînement en Andorre avec Rigoberto Uran, Daniel Martinez et Sergio Higuita. Mais contrairement à ses coéquipiers colombiens, le cycliste canadien n’a pas été retenu par EF Pro Cycling pour disputer le Tour de France à partir de samedi à Nice.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Woods a encaissé le coup quand les dirigeants de la formation américaine lui ont annoncé la décision il y a un mois.

« Oui, je suis surpris »

« Oui, je suis surpris, mais c’est une décision difficile pour l’équipe », a réagi le grimpeur d’Ottawa en dévoilant l’information à La Presse lundi.

L’équipe est vraiment forte, avec plusieurs très bons coureurs. Avec Rigoberto Uran, Dani Martinez et Sergio Higuita, ce n’est pas facile d’être choisi. Ce sont donc des nouvelles difficiles, c’est une surprise, mais ce n’est pas la fin du monde.

Michael Woods

Le médaillé de bronze des Mondiaux 2018 anticipait une deuxième participation au Tour, lui qui a fini 32e lors de son baptême l’an dernier.

Victime d’une fracture du fémur droit sur une chute lors de la cinquième étape de Paris-Nice, le 12 mars, il avait profité de la pause et de l’arrêt des courses pour se rétablir à 100 %.

Depuis son retour à la compétition au début du mois, il a disputé trois grandes classiques en Italie. Victime de crevaison sur les Strade Bianche (36e) et Milan-San Remo (65e), il a « simplement complètement explosé dans le mur de Sormano » au Tour de Lombardie, où il a fini 29e après avoir pris le 5e rang en 2019.

Woods n’a pas pris part au Critérium du Dauphiné, dernière épreuve préparatoire avant la Grande Boucle remportée par son coéquipier Martinez. Le Canadien savait déjà que le Tour n’était pas dans les cartons.

« Non, ce n’est pas nécessairement une déception, a assuré l’athlète de 33 ans. Je voulais faire le Tour, mais ce n’était pas l’année pour moi. Aussi, la fracture du fémur a peut-être joué un rôle. Ça rendait la décision plus difficile pour les directeurs sportifs. Même si j’ai dit que ma jambe était prête, il y avait une hésitation à me mettre dans la course après quelque chose comme ça. »

Rien à voir avec son départ de l’équipe en 2021

Woods réfute la possibilité qu’il soit victime de son choix de rejoindre les rangs d’Israël Start-Up Nation (ISUN) pour trois saisons à partir de l’année prochaine, comme annoncé le 12 août.

À mon avis, ça n’a pas eu d’influence. La décision de ne pas me mettre dans l’équipe du Tour a eu lieu avant [le changement futur de formation].

Michael Woods

De la même façon, son départ d’EF Pro n’est pas attribuable à son exclusion, a assuré l’ex-coureur à pied de haut niveau. Sa volonté de se joindre à ISUN était toute naturelle en vertu de la présence de son entraîneur personnel et mentor Paulo Saldanha, directeur de la performance de l’équipe, et du propriétaire d’origine montréalaise Sylvan Adams.

« C’est grâce à eux si je suis coureur professionnel en ce moment. Ils m’ont donné tout ce qu’ils pouvaient pour m’aider. Quand l’occasion s’est présentée, c’était une décision facile. »

En soutien de Chris Froome l’an prochain

À partir de l’an prochain, Woods doit servir de bras droit au Britannique Chris Froome, nouveau venu chez ISUN. Le quadruple vainqueur du Tour de France a lui aussi été laissé de côté cette année par Ineos.

À défaut du Tour, programmé exceptionnellement du 29 août au 20 septembre en raison de la pandémie, Woods se tourne vers Tirreno-Adriatico, course par étapes du World Tour qu’il découvrira du 7 au 13 septembre. Il s’alignera ensuite dans les classiques ardennaises, dont Liège-Bastogne-Liège, dit La Doyenne, où il avait fini cinquième l’an dernier et deuxième en 2018. Il ne sera donc pas du Giro, qui se déroule en même temps.

« J’ai la santé, je suis en forme en ce moment et je pense que je peux obtenir de beaux résultats à Tirreno et dans les classiques ardennaises. Je suis vraiment enthousiasmé par ces courses. »