(New York) Les dirigeants du Baseball majeur et de l’Association des joueurs doivent se rencontrer jeudi, mettant fin à une pause de 42 jours dans les négociations qui se sont amorcés quand les propriétaires d’équipes ont mis les joueurs en lock-out, un premier conflit de travail depuis 1995.

Mis à jour le 11 janvier
Ronald Blum Associated Press

L’Associated Press a été informée mardi de la planification de cette réunion par une personne au fait des négociations. Cette personne s’est confiée sous le sceau de l’anonymat parce qu’aucune annonce n’avait été faite.

Selon diverses sources au courant de la situation entourant le litige, le Baseball majeur a travaillé sur l’élaboration d’une nouvelle proposition qui sera soumise aux joueurs à quelques semaines de l’ouverture prévue des camps d’entraînement.

La session de jeudi doit avoir lieu par visioconférence.

Les deux parties s’étaient rencontrées pour la dernière fois le 1er décembre dernier, au Texas, une brève session qui a été interrompue quelques heures seulement avant que la convention collective n’arrive à échéance. Depuis, les négociations se sont limitées à des questions périphériques.

Les dirigeants du Baseball majeur ont décrété un lockout le 2 décembre, après l’expiration de la convention collective.

Les salaires versés dans la MLB ont baissé de 4 % en 2021 en comparaison de la dernière saison complète, en 2019. Les 4,05 milliards US versés en salaires constituent le plus faible total depuis 2015. Les joueurs ont demandé un accès plus libéralisé à l’autonomie et à l’arbitrage salarial, une hausse du plancher de la taxe de luxe de 210 millions à 245 millions, des changements afin que plus d’équipes soient compétitives et des mesures pour venir à bout de ce que le syndicat estime être de la manipulation du temps de service.

Les propriétaires ont offert de hausser le plancher de la taxe de luxe à 214 millions, d’appliquer à la Ligue nationale la règle du frappeur désigné, ainsi que l’élimination des compensations données pour les joueurs qui profitent de l’autonomie une première fois.

Les deux parties souhaitent augmenter le salaire minimum dès cette saison : les joueurs de 570 500 $ à 775 000 $ ; les proprios à 600 000 $ pour les joueurs comptant moins d’une année de service, à 650 000 $ pour les joueurs comptant d’une à moins de deux années de service, et à 700 000 $ à partir de deux années de service.

Les négociateurs ont aussi discuté d’une loterie pour le repêchage, à la façon de la LNH ou de la NBA. La partie patronale souhaiterait que seules les trois dernières formations au classement aient accès au boulier ; le syndicat, les huit dernières. Les joueurs récompenseraient les clubs de petits marchés qui connaissent du succès, comme, par exemple, d’accéder aux éliminatoires ou de conclure la saison avec une fiche gagnante, avec des choix de repêchage supplémentaires.

Il s’agit du neuvième arrêt de travail dans l’histoire du baseball, mais du premier depuis une grève qui a duré sept mois et demi et qui a couvert les saisons 1994 et 1995.

Le litige en cours menace l’ouverture des camps d’entraînement, prévue pour le 16 février en Floride et en Arizona. Le début de la saison est pour l’instant prévu le 31 mars.