Dans une volte-face surprenante, le conseil municipal de St. Petersburg s’est déclaré ouvert à regarder avec les Rays de Tampa Bay une façon de faire fonctionner le projet de villes-sœurs avec Montréal.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Alors que la majeure partie de ses membres s’étaient déclarés contre l’idée de devoir partager l’équipe avec la métropole québécoise, le conseil municipal a proposé d’adopter une motion mettant en pause l’adoption des plans de réaménagement du quartier où se trouve actuellement le Tropicana Field, domicile des Rays, afin d’entendre et de comprendre plus à fond leur projet avec le Groupe baseball Montréal de Stephen Bronfman.

D’ailleurs, il ne fait pas de doute que c’est encore cette solution qui est à l’avant-plan pour la formation du Baseball majeur.

Dès le début de leur présentation, le propriétaire Stuart Sternberg et les coprésident des Rays, Matthew Silverman et Brian Auld, ont réitéré que c’est la seule option envisagée.

« Il est temps de faire avancer ce projet avec nos partenaires de Montréal, a dit Silverman. Nous sommes confiants de pouvoir faire aboutir les deux projets de stades. »

Pour l’instant, le groupe compte sur un nouvel appui en Floride avec ce changement d’attitude du conseil municipal.

« Il y a beaucoup de synergie entre les deux villes. C’est un projet innovant et différent. Nous n’avons pas peur de la différence », a déclaré la conseillère Gina Driscoll.

De toute évidence, il semble maintenant préférable pour les membres du conseil municipal de compter sur un club à temps partiel que de perdre complètement la franchise du Baseball majeur.

« J’appuierai tout projet qui nous permettra de resserrer nos liens (avec les Rays), a pour sa part indiqué la conseillère Brandi Gabbard. Si les villes-sœurs sont la seule solution, il faut au moins l’étudier. »

Robert Blackmon s’est dit encore sceptique quant à ce projet, mais « pour autant que nous obtenions le meilleur pour la ville, je suis en faveur ».

Mme Gabbard a aussi rappelé que les Rays sont le plus grand partenaire de la ville pour le développement de ce quartier et qu’à ce compte, il fallait écouter ce que les Rays avaient à proposer.

Il n’a pas été possible d’en savoir beaucoup plus sur ce que les Rays envisagent pour ce nouveau stade. Sternberg a parlé d’un stade « écologique de classe mondiale », qui serait utilisé à l’année pour la moitié de la saison des Rays, celle des Rowdies de Tampa Bay, club de soccer de la USL dont il est aussi propriétaire, ainsi que pour d’autres manifestations sportives.

« De faire jouer les Rowdies dans ce stade et de récupérer cette portion importante du territoire qu’occupe actuellement le Al Lang Stadium m’apparaît aussi intéressant à ce point-ci », a fait valoir M. Blackmon.

Sternberg n’a toutefois pas fait mention des coûts d’un tel projet ni de la capacité de cet éventuel stade.

Le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, est absolument opposé au projet de garde partagée. Le bail de location du Tropicana Field signé par les Rays est d’ailleurs très explicite à ce sujet : aucun match local ne peut être disputé dans un autre marché. Le bail viendra à échéance à la conclusion de la saison 2027.

Le conseil municipal doit adopter sa proposition de mettre sur la glace tout plan-maître de développement du quartier du stade plus tard jeudi.